Géopolitique mondiale / Le cri d’alarme d’Innocent Gnelbin face à l’effondrement du droit international

Partagez ce article

Dans une tribune poignante intitulée «Que sommes-nous devenus !!! », l’essayiste et militant progressiste Innocent Gnelbin, président de « Force aux Peuples », livre une critique acerbe de l’ordre mondial actuel. Entre banalisation de la violence et érosion des règles internationales, il appelle à un sursaut de la conscience collective.
Le règne de la banalité du mal.

L’auteur commence par un constat amer sur la désensibilisation de nos sociétés contemporaines face à l’horreur. Qu’il s’agisse du renversement de chefs d’État sans mandat international, de déportations ou de bombardements de pays souverains, ces actes, qui devraient provoquer un ’’séisme moral’’ sont désormais perçus comme des épisodes ordinaires du cycle médiatique.

Innocent Gnelbin fustige particulièrement la transformation de tragédies humaines en simples données d’actualité. Il cite l’exemple de territoires transformés en champs de ruines où des milliers d’enfants meurent et où les populations sont privées de l’essentiel, le tout se dissolvant dans un flot continu d’informations.

L’agonie d’une promesse civilisationnelle

Au cœur de cette réflexion se trouve la question du droit international. L’auteur rappelle que la Charte des Nations unies, née des cendres de la Seconde Guerre mondiale, n’était pas un simple document juridique, mais une « promesse civilisationnelle » visant à substituer la loi du plus fort par des règles universelles : souveraineté, diplomatie et interdiction de l’agression.

Pourtant, la réalité des dernières décennies peint un tableau bien différent notamment des interventions militaires sans mandats clairs ; des changements de régimes imposés de l’extérieur et des États effondrés en Irak, Libye, Afghanistan ou Syrie, loin des promesses de démocratisation.

La sémantique au service de la guerre
Innocent Gnelbin souligne également le rôle du langage dans cette habituation à l’inacceptable. «Dans une ère de saturation d’images, la guerre est devenue un spectacle où les mots perdent leur poids. Les bombardements sont aseptisés sous le terme de ’’frappes’’, les décès humains sont relégués au rang de ’’dommages collatéraux’’ et les peuples ne sont plus que des ’’variables géopolitiques’’.

Un choix de civilisation : Droit ou Puissance ?

Face à ce qu’il qualifie de «désensibilisation morale sélective», Innocent Gnelbin avertit : lorsque le droit devient variable selon la puissance de l’acteur, l’ordre juridique s’efface devant l’ordre de la force. Il dresse un parallèle inquiétant avec les années 1930, rappelant que l’effondrement des règles communes mène invariablement l’humanité vers le précipice.

Pour les progressistes, la voie à suivre est claire et repose sur quatre piliers: le respect de la souveraineté des peuples ; la primauté du droit international sur l’arbitraire et la responsabilité accrue des puissances militaires.

La protection réelle des civils.

L’essayiste nous place face à une interrogation fondamentale : voulons-nous d’une civilisation capable de détourner le regard ou sommes-nous encore capables de reconstruire un monde fondé sur la justice et la dignité humaine? L’avenir, prévient-il, dépend de notre capacité à répondre honnêtement à cette question : « Que voulons-nous encore devenir ? ».

A. K

About The Author


Partagez ce article