29 septembre 2022

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Adjamé Bingerville : Marche d’imprécation des femmes (Kodjo rouge) contre l’assignation en justice du chef du village.

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Le litige de chefferie qui prévaut à Adjamé-Bingerville, si l’on n’y prend garde, risque d’embraser le village un jour. Et ce jour semble ne plus être loin avec les derniers événements auxquels nous assistons en ce moment.

Ce mardi 29 mars 2022, des femmes très en colère issues du dit village sont sorties massivement pour protester contre les convocations incessantes au tribunal d’Abidjan Plateau de leur chef, Mobio Aboussou Guy Georges, qui troublent la quiétude du village.

Après avoir répondu à plusieurs convocations, depuis le mois de janvier, une autre convocation à laquelle il doit faire face ce matin, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, il est de coutume chez les Atchans que lorsqu’il y a décès, le village se réuni sur la place publique pour tenir une réunion liée aux obsèques. Ce moment funéraire est aussi l’occasion pour les villageois de faire payer des amendes à des personnes qui ont enfreint aux lois du village. Ces amendes amicales et symboliques sont parfois négociables jusqu’à leurs réductions.

C’est ainsi que certains membres de la famille épleurée qui se sont rendus coupables d’actes répréhensibles ont été amendés. Alors que des démarches sont entrain d’être menées auprès des gardiens de la tradition afin de trouver une solution au problème coutumier, les personnes  en occurrence Bouedjé Abé Albert et Bénié Gérard saisissent le tribunal pour convoquer le Chef du village, l’accusant d’avoir refusé le cimetière au corps. Visiblement irritées et agacées par cette ‘’persécution judiciaire’’ de leur chef, les femmes sont sorties nombreuses pour exprimer leur mécontentement par une marche d’imprécation (Kodjo-rouge) contre les auteurs. C’est un véritable rituel de malédiction qui a été donné de voir de la sortie, à l’entrée du village.
Selon Dame Yankou Digbeubié Laurentine, cheffe de fil de cette initiative, les femmes ont décidé de sortir pour exprimer leur ras-le-bol contre l’ancien chef du village, Agbo Honoré, soupçonné d’être à l’origine de cette cabale judiciaire contre son successeur, Mobio Aboussou Guy Georges.

« Nous les femmes, nous sommes fatiguées. Chaque jour, tribunal par ici, tribunal par là. Nous voulons vivre en paix. Agbo Honoré, quand il était le chef du village, on l’a laissé travailler tranquillement. A son tour, il refuse de laisser travailler son jeune frère. Ce n’est pas normal ! Les amendes dans le village, c’est Agbo Honoré qui les a imposé, ce n’est pas le chef Aboussou. Des gens ont été amendés jusqu’à 5 millions, certains ont même été chassés du village. Quand tu te rends coupable d’un fait grave, la notabilité te colle une amende. Pourquoi à son tour, lui qui a envoyé cette affaire d’amende, refuse-t-il de répondre de ses actes. On lui a simplement demandé de venir à la place publique pour s’expliquer. C’est tout ! Pour ça, il va au tribunal pour convoquer le chef. Trop, c’est trop. On est fatigué », s’est écriée dame Yankou Digbeubié Laurentine.


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