Affaires Maritimes ivoiriennes / Le ministère réagit aux mouvements de protestation

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Alors que des mouvements de protestation secouent la Direction Générale des Affaires Maritimes et Portuaires, la tutelle ministérielle oppose un démenti formel aux accusations d’immobilisme. Retour sur une crise où s’affrontent exigences syndicales et impératifs budgétaires de l’État.

La Direction Générale des Affaires Maritimes et Portuaires est actuellement le théâtre de vives tensions. Des agents y réclament la revalorisation de leurs primes d’intéressement ainsi que le paiement d’indemnités contributives au logement.

Face aux blocages constatés et aux critiques relayées par certains confrères, le ministère de tutelle a tenu à rétablir les faits.

Loin de l’image d’un «échec de médiation » dénoncé par la partie syndicale, les autorités évoquent une volonté constante de dialogue, aujourd’hui heurtée à la radicalisation des contestataires.

Les faits démontrent que le canal de la concertation a été ouvert très tôt.

Dès le mardi 28 avril 2026, le Dr Célestin Serey Doh, Ministre Délégué chargé des Affaires Maritimes, a reçu en audience Monsieur Madjou Glé Henri Joël, Secrétaire Général du SYNABEPAM (Syndicat National des Agents de la Brigade des Entreprises Portuaires et des Affaires Maritimes).

Cette rencontre constructive avait alors débouché sur la suspension immédiate du mot d’ordre de grève pour laisser place à la discussion.

Dans la foulée, un comité de travail paritaire, présidé par le Colonel Assoumou, a été institué par le Ministre afin de traduire les engagements pris en solutions concrètes.

Selon des sources proches du ministère, ce cadre permanent s’est réuni les 4 et 7 mai 2026 pour examiner point par point la plateforme revendicative. Outre les volets financiers (primes et logement), les discussions ont également porté sur l’amélioration des équipements opérationnels et des vedettes de surveillance.

L’obstacle des procédures budgétaires et la rupture de confiance

Selon la tutelle, le point de blocage réside dans le refus du syndicat de se plier aux réalités de l’administration publique. L’application d’un décret présidentiel lié aux finances publiques exige le respect d’une procédure budgétaire stricte : un ministère ne peut signer de « chèque en blanc » en dehors des règles d’exécution de l’État.

C’est précisément sur cette question de temporalité administrative que le dialogue a achoppé. La démarche syndicale a rompu le pacte de confiance en refusant de parapher le compte-rendu des travaux du comité paritaire. Le syndicat a privilégié la manière forte ce lundi 8 juin en initiant des actions de blocage sur les infrastructures stratégiques du Port Autonome d’Abidjan.

Autorité de l’État et maintien de l’ordre public

Face à ce qu’il qualifie de débordements, le Ministère a réaffirmé sa posture de fermeté. La convocation des leaders syndicaux au Postel 2001 par le Directeur de Cabinet a été présentée comme une démarche administrative classique visant à clarifier les rapports professionnels, réfutant toute tentative d’intimidation.

«Aucune avancée sociale durable ne peut se construire sur l’illégalité ou la paralysie de l’économie nationale », rappelle-t-on du côté de la tutelle.

Tout en laissant la porte ouverte à un dialogue républicain, l’administration souligne que le rappel des obligations statutaires des fonctionnaires demeure la règle.

L’objectif affiché par les autorités est désormais clair : assurer la continuité du service public et garantir la sécurité des installations portuaires face à toute tentative de déstabilisation économique.

A. K

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