14 juin 2024

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Burkina Faso : 34 ans après l’assassinat de son fils, Sankara père n’en veut pas à Blaise Compaoré

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Il est tellement bon de cœur que l’on ne saurait le qualifier. Trente-quatre (34) ans après la mort brutale et prématurée de son fils, le Capitaine Thomas Sankara, Sombo Joseph Sankara (père), dit ne pas en vouloir à Blaise Compaoré, l’ami fidèle de son défunt fils. 

Alors que la date du procès de l’assassinat de Thomas Sankara a finalement été fixée au 11 octobre prochzin. L’ancien président Blaise Compaoré sera sur le banc des accusés.

Interrogé par des journalistes burkinabè, le vieux Sankara s’est vidé sans rancune. 

” Je n’ai rien contre Blaise Compaoré, vous pouvez aller lui dire. C’est son compagnon qu’il a tué et ce sont les deux qui se suivaient venir ici. Je n’ai rien contre Blaise Compaoré et jusqu’à ce jour, je ne lui en veux pas”, a-t-il déclaré aux hommes des médias. 

A l’analyse, le vieux Sombo Joseph Sankara qui affirme pouvoir encore appeler l’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, son fils, comme au temps où son ami Sankara vivait, a déjà pardonné celui qu’il ne soupçonnait pas faire partie des auteurs présumés de l’assassinat de Thomas Sankara. 

”… Je n’ai jamais pensé à Blaise Compaoré comme auteur. Mais j’ai entendu le communiqué signé Blaise Compaoré. Si Blaise vient ici, je le remercierai et je lui demanderai les nouvelles de sa famille. Je lacveillerai avec honneur et bonté, je l’appela rai mon fils. Je n’aborde rai même pas l’assassinat de mon fils, sauf s’il est le premier à en parler, s’il a le courage d’en parler. 

Président du Conseil national révolutionnaire du Burkina Faso, le Premier ministre voltaïque, Thomas Sankara, a succédé à Jean-Baptiste Ouédraogo (président du Comité de salut populaire), en tant que chef de l’Etat, du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, soit 4 ans, 2 mois et 11 jours de règne. 

Né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta, celui que l’on a surnommé le ” Che Guevara africain ”, est mort assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso. 

Il est un homme d’État anti-impérialiste, révolutionnaire, socialiste, panafricaniste et tiers-mondiste voltaïque, puis burkinabè, chef de l’État de la République de Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso, de 1983 à 1987.

Il est le président du pays durant la période de la première révolution burkinabè du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, qu’il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène à marche forcée, et y compris en recourant à la répression de certains syndicats ou organisations politiques rivales, une politique d’émancipation nationale (qui passe par exemple par le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula signifiant Pays [ou Patrie] des hommes intègres), de développement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes.

Il est abattu lors d’un coup d’État qui amène au pouvoir Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Son souvenir reste vivace dans la jeunesse burkinabé mais aussi plus généralement en Afrique, qui en a fait une icône, un « Che Guevara africain », aux côtés notamment de Patrice Lumumba.

Frimo K. D.


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