30 septembre 2022

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Côte d’Ivoire : Souvenir d’un retour triomphal

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Acquitté par la Cour Pénale Internationale le 31 mars dernier, le Président Laurent Gbagbo a regagné son pays le jeudi 17 juin 2021 après dix années d’absence. Bravant la répression des forces de l’ordre, ce sont de milliers d’ivoiriens et de partisans de Laurent Gbagbo qui ont réussi à l’accueillir triomphalement.

Arrêté et transféré à la CPI suite à la crise post-électorale de 2010 qu’a connue la Côte d’Ivoire, le Président Laurent Gbagbo a été acquitté et libéré en appel le 31 mars 2021 par la CPI au moment où plusieurs pontes du régime actuel d’Abidjan et des militants du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) véhiculaient dans le corps social que Laurent Gbagbo ne reviendrait plus jamais en Côte d’Ivoire.

Contre la volonté du Directoire du RHDP et de plusieurs Ministres du Gouvernement de Côte d’Ivoire qui souhaitaient que l’accueil du Président Laurent Gbagbo se fasse en catimini, ce sont de milliers d’ivoiriens qui ont envahi les artères des communes du District d’Abidjan pour réserver un accueil triomphal à l’ex-chef d’Etat ivoirien, de retour, selon ses partisans, pour construire la paix et contribuer à la réconciliation entre les ivoiriens divisés par plusieurs années de crise politico-militaro-sociale.

En effet, l’avion transportant le Président Laurent Gbagbo est arrivé à Abidjan peu avant 16 heures 30 minutes où l’attendait une foule compacte et impressionnante qui a pu avoir accès à l’aéroport Félix Houphouët Boigny.

Tout au long de la journée, les forces de sécurité ont dispersé avec du gaz lacrymogène les milliers de partisans de Laurent Gbagbo qui tentaient de se rendre à l’aéroport pour lui réserver un accueil triomphal contrairement à la volonté du pouvoir d’Abidjan qui a pendant des semaines manœuvré pour que l’accueil se passe sobrement et en catimini. De plus, plusieurs arrestations et de nombreux blessés, du fait de la répression des forces de sécurité, ont été enregistrés dans le camp des partisans de Laurent Gbagbo, qui ont démontré farouchement leur détermination à accueillir en triomphe leur référent politique.

Le cortège du Président Laurent Gbagbo a difficilement pu arriver dans le quartier Attoban où se trouve son ancien QG de campagne de 2010 dans lequel attendaient des centaines de partisans et des membres de la direction du Parti.

Devant les membres de la Direction de son Parti, le Président Laurent Gbagbo s’est dit heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique après avoir été acquitté. En posture de combat pour une Côte d’Ivoire nouvelle et réconciliée avec elle-même, Laurent Gbagbo a indiqué pour finir, à l’endroit du Secrétaire Général Assoa Adou et des autres membres de la Direction de son Parti, qu’il est un soldat et qu’il est toujours mobilisé.

L’ accueil triomphal en l’honneur de Laurent Gbagbo, en dépit des répressions des forces de sécurité d’une part et attaques des partisans d’Alassane Ouattara d’autre part, vient une fois de plus mettre en lumière la popularité de l’ex président ivoirien qui entend pleinement contribuer à la réconciliation entre les filles et fils de la Côte d’Ivoire.

𝗦𝗢𝗡 𝗗𝗜𝗦𝗖𝗢𝗨𝗥𝗦 𝗜𝗡𝗧𝗘𝗚𝗥𝗔𝗟 𝗔𝗨 𝗤𝗚 𝗗’𝗔𝗧𝗧𝗢𝗕𝗔𝗡 :

« Je suis heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique. On est de quelque part.

Moi, je suis de la Côte d’Ivoire mais j’ai appris en prison que je suis de toute l’Afrique. Toute l’Afrique m’a soutenu. Tous les Africains m’ont aidé à tenir. Des chefs d’Etat m’ont aidé à tenir, les peuples m’ont aidé à tenir. Quand je suis arrivé de La Haye à Bruxelles, il y a des moments où on croyait que j’étais Camerounais, tellement les Camerounais étaient mobilisés pour me soutenir.

Je suis arrivé ici surtout avec les larmes aux yeux parce que je n’étais pas là, quand ma mère m’a quitté.

En 2011, quand on m’a arrêté, elle a fui aussi. Elle était en exil, au Ghana. Au bout de quelques années, quand elle a su que sa fin était proche, elle est rentrée en Côte d’Ivoire. Quelques années après son arrivée, en Côte d’Ivoire, elle est décédée. Je n’ai pas été là pour l’honorer une dernière fois, alors que c’est elle qui m’a fait. Sans elle, je ne serais pas aujourd’hui docteur en histoire. Je ne serais pas Président de la République. Je n’ai pas pu l’honorer. J’ai demandé à un ami, un frère, Sangaré Aboudrahamane, à mon absence, d’organiser les obsèques de ma mère. Il a organisé les obsèques de ma mère. Il s’est déplacé au pays Bété, à Blouzon où elle a été enterrée.

Mon ami Sangaré n’a même pas attendu que je vienne lui dire merci. Avant mon acquittement, Sangaré est décédé. Donc, lui aussi m’a causé beaucoup de peine. Je suis venu, je demanderai au Secrétaire Général de me donner quelques jours pour pleurer mes morts. Je suis très heureux d’être avec vous.

Je félicite les députés que je vois ici. Nous avons un Groupe parlementaire.

Vous savez, j’étais là-bas et il y a des gens qui disaient que le Parti n’avait pas eu beaucoup de Députés. Il faut faire des comparaisons. Depuis que nous allons aux élections, sans être au pouvoir, c’est le plus grand nombre de députés que nous avons aujourd’hui. Messieurs les députés, chers camarades, je vous félicite, je vous remercie. Nous avons eu 100 députés, en 2000, mais j’étais Président de la République. Ici, le peuple, pour les législatives, est légitimiste. Il vote pour le Président de la République. Il élit les députés pour le Président de la République. Le peuple est légitimiste en Côte d’Ivoire. Je vous remercie.
Vous avez mené une bonne bataille. Soyez-en remerciés.

Monsieur le Secrétaire Général, voilà ce que je voulais dire pour aujourd’hui. A la prochaine fois, nous allons travailler. Vous allez me dire quand…Je suis votre soldat, je suis mobilisé. Merci.»


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