21 juin 2024

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Côte d’Ivoire / suspension de l’exécution d’une décision de justice à Jacqueville, découverte de fumoirs et drogues : Ouattara appelé à la rescousse

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Le déguerpissement à Adoukro (Jacqueville), stoppé par le fait du maire Beugré Joachim, le vendredi 3 septembre 2021, livre des secrets. Cette opération inachevée de 200 gendarmes (pourtant requis légalement), a permis à ces derniers de découvrir fumoirs et drogues.

Voici le rapport de la Gendarmerie (dont www.ovajabmedia a reçu copie), qui détaille les faits.
” Le déguerpissement ayant été suspendu par la hiérarchie, le détachement de 200 gendarmes sous les ordre du LT Colonel Maniga Gonto a effectué à la destruction de deux (02) fumoirs, 500g de Cannabis (167 boulettes), 19 comprimés (Eskazepam), 07 papiers attaches drogues et l’interpellation de quatre (04) individus ”.

Il s’agit, toujours selon ledit rapport, de Djécket Patrice, né le 01/01/2001 à Dabou, fils de Dagri Christophe et de Sylvie Odilon, sans profession, célibataire sans enfant domicilié à N’Djem de nationalité Ivoirienne ; Koné Aboubacar, né le 01/01/1991 à Dabou, fils de Koné Yaya et de Touré Djénéba, Ouvrier, célibataire sans enfant, domicilié à N’djem et de nationalité Ivoirienne ; Koffi Ange, né le 23/11/1985 à Agou, fils de koffi Théodore et de Marie Chantal, sans profession, célibataire, père de 02 enfants, domicilié à N’djem. Il est de nationalité Ivoirienne. Et enfin, Kouao Kouassi Simon, né le 01/01/1980 à Grand Yapo, fils de Koua Yavo et de Kouassi Chake Antoinette, Manœuvre Agricole, célibataire sans enfant, domicilié à N’djem et de nationalité Ivoirienne.

Aussitôt, les Forces en présence (Gendarmerie et Faci) ont décidé d’assurer ” la couverture sécuritaire ” des lieux.

A qui cela profite ?

Qui protège donc ce trafic de drogues dans la localité où est établie l’école de lutte antiterroriste ? En entendant que les enquêtes répondent à cette interrogation légitime, il est à rappeler que le vendredi 3 septembre 2021, les Forces publiques ont été freinées dans l’exécution de leur mission de sécurisation du déguerpissement sur le site devant abriter le projet ”Adoukro, ville nouvelle ”.

En effet, à la suite d’un appel téléphonique du maire de Jacqueville, Joachim Beugré, la Primature a fait suspendre l’exécution d’un ordre de justice. Froissant ainsi l’autorité judiciaire dans l’exercice de sa fonction.

Lors de sa conférence de presse du lundi 6 septembre dernier, Oda Edouard, président de la mutuelle d’Adoukro, porteuse dudit projet de la communauté villageoise, a fustigé le comportement du maire de Jacqueville, dans ses manœuvres de diabolisation de ce projet lumineux de son village.

” Joachim Beugré est-il au-dessus des lois ivoiriennes, pour se vanter d’avoir appelé la Primature et lui demander de mettre fin à l’opération de déguerpissement, sinon qu’elle virerait au drame, alors qu’il n’en est rien ? » S’est interrogé le conférencier. Avant de soutenir que les gendarmes étaient tout simplement en mission à Adoukro et non à N’djem, pour exécuter une décision de justice.

Le Président de la République interpelé

Aussi Edouard Oda en appelle-t-il au chef de l’Etat, Alassane Ouattara, afin que Beugré Joachim respecte les décisions de la Cour administratif de la Cour suprême, aujourd’hui Conseil d’Etat, fut-il maire.

« Car, le projet en question ne fait l’objet d’aucun litige foncier sur lequel le maire de Jacqueville tente vainement de rebondir, afin de retarder l’exécution. Ce litige a été déjà vidé par le ministère de la Construction, du Logement et l’Urbanisme (Mclau), et ensuite par la Chambre administrative de la Cour suprême. Mieux, le 21 novembre 2014, le projet d’aménagement Adoukro tranche 1 et tranche 2 ont été approuvés et déclarés d’utilité publique (arrêtés n°14-12731274/MCLAU/DGUF/DU/SDAF et n°14-1274/MCLAU/DGUF/DU/SDAF) dans la Zone d’aménagement différé (Zad) sur une superficie de 2.422 ha et intégrant le schéma directeur du grand Abidjan », a clarifié Oda Edouard, preuves à l’appui.

Poursuivant, le fils d’Adoukro a confirmé ceci : « le 20 juin 2016, la Chambre administrative de la Cour suprême, par grosse certifiée conforme n°100, informe que le Président de la République ordonne au Mclau, au ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, et à tous Commissaires (Huissiers) de justice de pourvoir à l’exécution du présent arrêt. (…) Au Procureur général et au Procureur de la République près les Tribunaux de Instance d‘y tenir la main, à tous commandants et officiers de la Force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis ».

Les 200 gendarmes étaient donc en mission pour exécuter cette décision de justice à Adoukro, lorsque le maire, qui s’est toujours opposé à la réalisation dudit projet de la communauté villageoise d’Adoukro, porté par la mutuelle dudit village dont Edouard Oda en est le président, a fait suspendre la mission, via la Primature.

En réaction dans les médias suite à la conférence de presse du Dg Oda Edouard, le maire de Jacqueville a estimé que le porteur du projet ‘’a fait du faux pour tromper les autorités à l’effet d’obtenir des documents qu’il brandit à tout vent. Il s’est prévalu de sa position de beau-fils, il a épousé une fille du village d’Adoukro pour s’y installer. Il n’y est apparu qu’en 2007. Au demeurant, le campement devenu Adoukro a une superficie de 750 ha. Comment s’est-il arrangé pour prétendre à un projet qui selon lui fait 24400 ha ? Il dit que la Cour administrative aurait débouté les propriétaires terriens de leur action. Mensonge ! Le dossier est encore pendant devant la justice ». Reconnaissant que ‘’ la Cour a débouté les plaignants non pas sur la propriété terrienne mais sur le délai de dépôt de leur requête devant la Cour’’. Mais ‘’ il sait pertinemment que le Tribunal de Dabou l’a condamné pour faux et usage de faux ‘’. Sans aucune référence d’éléments de preuve. Affaire suivre.

Frimo K.D


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