Déguerpissement à Vridi Canal / Le parti ’’Force aux Peuples’’ dénonce une opération brutale

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Deux jours après la publication de la déclaration officielle du parti ’’Force aux Peuples’’ portant sur les opérations de déguerpissements dans le district autonome d’Abidjan et signée le 10 juin 2026 par son Vice-Président et Porte-parole principal, Marc Sinclair Assohou, la polémique enfle autour des opérations de déguerpissements menées à Vridi Canal et Vridi 3, dans la commune de Port-Bouët.

L’organisation politique dresse un bilan humain alarmant et pointe du doigt de graves dysfonctionnements institutionnels.

Un spectacle de désolation en pleine saison des pluies
Sur le terrain, le constat dressé par les responsables du parti est sans équivoque.

Venus observer directement l’ampleur des destructions, ils décrivent des scènes de grande vulnérabilité sociale : des familles entières réduites à dresser des abris de fortune au milieu des décombres, des personnes âgées et des enfants tentant de sauver leurs effets personnels, et des commerçants observant la disparition de leurs outils de travail.

Ce quartier, dont l’existence remonte à plus d’un demi-siècle, abrite une population de citoyens ivoiriens et étrangers intégrés à la vie économique nationale.

Au-delà des habitations démolies, c’est tout un tissu humain et communautaire qui a été ébranlé en l’espace de quelques heures.

Trois interrogations majeures sont soulevées par le parti face à l’urgence de la situation : «Pourquoi mener une telle opération au moment précis où les précipitations de la saison des pluies atteignent leur intensité maximale à Abidjan?

Comment justifier la destruction d’infrastructures scolaires alors que l’année académique n’était pas encore officiellement clôturée?

Quel est l’avenir des centaines d’artisans et de travailleurs du secteur informel privés brutalement de leurs revenus sans mesures d’accompagnement connues?»

Pour le parti, si le District Autonome d’Abidjan justifie ces démolitions par des impératifs de sécurité et de prévention des risques environnementaux, la méthode employée révèle une profonde fracture politique.

’’Force aux Peuples’’ met en lumière un désaccord manifeste entre le District et la municipalité de Port-Bouët. Selon les éléments rendus publics par la mairie, cette dernière affirme n’avoir pas été pleinement associée au processus.

Les procédures habituelles telles que le recensement préalable des populations impactées, la concertation locale et la communication transparente des mesures sociales d’accompagnement, n’auraient pas été respectées dans le cadre permanent de concertation prévu à cet effet.

«Le développement ne peut être légitime que lorsqu’il place l’être humain au centre de ses préoccupations», rappelle la formation politique, insistant sur le fait qu’une ville moderne doit intégrer toutes ses composantes sociales plutôt que de repousser les populations modestes à sa périphérie.

Les exigences pour une sortie de crise

Tout en précisant qu’il n’est pas opposé à la modernisation des infrastructures ni à la protection des populations face aux risques de la nature, le parti refuse que les réalités humaines observées soient traitées comme de simples «dommages collatéraux.

Pour répondre à l’urgence humanitaire et politique, ’’Force aux Peuples’’ formule six exigences claires : «La publication complète des études techniques et environnementales ayant motivé l’opération, la transparence totale sur le nombre réel de personnes et de ménages affectés, la mise en place immédiate d’un dispositif d’assistance d’urgence pour les familles laissées sans abri, une évaluation précise des pertes économiques subies par les acteurs du secteur informel et les commerçants, l’ouverture d’un cadre de dialogue inclusif réunissant les populations, la municipalité de Port-Bouët, le District Autonome et la société civile, la définition de solutions de relogement décentes et compatibles avec la dignité humaine ».

Par cette prise de position, le parti interpelle directement les autorités sur le modèle de croissance de la Côte d’Ivoire, affirmant que la grandeur d’une nation se mesure d’abord à la manière dont elle protège ses citoyens les plus vulnérables au moment où elle bâtit son avenir.

A. K

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