30 septembre 2022

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DÉLESTAGE EN CÔTE D’IVOIRE Thomas Camara joue sur les mots !

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Avant tout propos, il est bon de souligner que je partage douloureusement avec mes compatriotes les souffrances dues aux  conditions  pénibles qu’ils endurent. Concernant la marche annoncée pour exprimer le ras-le-bol face à cette situation. J’exprime ma solidarité agissante aux populations dans leur combat légitime pour un mieux-être.  
J’ai écouté les propos du ministre Thomas Camara lors de sa conférence de presse,  et je cite :
«  Le terme précis de cette situation, c’est le rationnement et non le délestage. »
Monsieur Thomas Camara, pourquoi jouer  sur les mots ? 
Il nous faut réaliser une élucidation sémantique afin que, d’entrée, le lecteur profane soit sensibilisé. 
Qu’est-ce qu’un délestage ? 
Le délestage consiste à « suspendre momentanément l’activité électrique d’une partie du réseau en raison d’un déséquilibre entre production et consommation d’électricité ».
 
Quelle est la raison des coupures de courant volontaires de la CIE en Côte d’Ivoire ? 
À l’origine de ce déficit de production électrique, selon la CIE : des travaux retardés pour cause de Covid-19 dans plusieurs centrales thermiques du pays. Autre raison évoquée : une saison sèche qui dure. Les pluies se font attendre et le niveau des lacs des barrages hydro-électriques est sensiblement bas. 

Y’a-t-il un déséquilibre entre la production et la consommation ? 
 
Les fortes chaleurs provoquent davantage de demandes en électricité. Toujours selon la CIE. 
Ensuite, notons qu’il y a bel et bien eu plusieurs coupures de courant sur le territoire Ivoirien. 
Force est de reconnaître qu’il s’agit bien d’un programme de délestage !
« LE DÉLESTAGE SUR SEUIL DE FRÉQUENCE  » qui se met automatiquement en place aussitôt que la fréquence du réseau franchit un certain seuil fixé par les instances compétentes en charge de la régulation de l’activité de production et de distribution de l’énergie électrique.
 
Le gouvernement Ouattara doit arrêter de tenter de flouer les Ivoiriens «  déplacer le problème en lieu et place de le résoudre » et faire face avec courage, au résultat de son manque d’anticipation. 
 
L’électricité est un produit de première nécessité par excellence au même titre que l’eau potable. (Nous y reviendrons…) 
Ces délestages handicapent sérieusement le développement du pays et accentuent la double fracture électrique et numérique C’est de  la ségrégation humaine  et cette situation illustre généralement les problèmes de développement et le mensonge criant de l’émergence. 
 On ne peut en aucun cas prétendre être un pays émergent, une Côte d’Ivoire solidaire  et faire face à une crise énergétique pareille. Le hiatus est grotesque ! 
Surtout que les conséquences de cette crise énergétique sont à la fois innombrables et profondes non seulement sur l’économie nationale , mais aussi sur la vie des populations. Dans plusieurs localités où les centres hospitaliers sont dépourvus de groupe électrogène, en situation de délestage, c’est tout le système sanitaire qui devient moins performant tel que la vie des malades est en danger. Sur le plan structurel, de nombreux désagréments sont causés aux entreprises, particulièrement dans les zones industrielles, entraînant la hausse drastique du prix des produits de consommation, tel que le pouvoir d’achat des ménage, déjà faible, est sensiblement affecté. Personne n’ignore que les coupures intempestives de courant provoquent des pannes sur les appareils électro-ménagers.    
La situation m’attriste à un point !  Tant s’en faut. Je me contenterais plutôt, très modestement d’apporter des pistes de  solutions :
 
• Promouvoir  une meilleure gouvernance dans le secteur de l’énergie
• Ouvrir  la production d’électricité à des privés car l’Etat a suffisamment montré ses limites en tant qu’intervenant direct 
• Encourager la recherche, investir dans le secteur, promouvoir l’innovation et rompre avec le fétichisme des énergies non-renouvelables  
• La mise en place d’un dispositif de planification et de prospective, à même d’anticiper les dynamiques sociodémographiques et les évolutions technologiques.
• Installer la  concertation citoyenne 
• Arrêter de politiser le prix de l’énergie. 
• Créer une synergie avec les initiatives de la sous-région.
 
Au-delà de ces critiques évidentes contre la mauvaise gestion de l’électricité en Côte d’Ivoire, pour la transparence dans la communication sur ce dossier hautement sensible, il est plus que nécessaire d’ouvrir un débat publique retransmis en direct sur la RTI chaîne nationale.   
 
Je pense avoir dit l’essentiel sur le « délestage-rationnement ». 
En espérant être entendu, afin que les politiques misent d’avantage sur ces initiatives qui, peut-être, connaissent un début d’application, je garde l’espoir pour mes compatriotes Ivoiriens.
 
Jules BROU 
Citoyen Ivoirien


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