14 juin 2024

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Espèces animales protégées / Les chimpanzés menacés de disparition par le trafic

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En Côte d’Ivoire, les chimpanzés sont sérieusement menacés de disparition.

Pour preuve, aujourd’hui, la population de ces grands singes est estimée entre 1000 à 3000, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

En effet, les chimpanzés sont listés comme espèce en danger critique d’extinction depuis 2017 par l’UICN.

En outre, la WCF, une organisation créée en 2000 pour protéger les dernières populations de primates vivant dans la forêt tropicale dépeint à l’heure actuelle un tableau peu reluisant d’autant plus que ces données datent de plus de 10 ans.

Docteur Normand Emmanuelle, la responsable de l’ONG WCF en Côte d’Ivoire tire la sonnette d’alarme. « La situation des chimpanzés est très critique car les zones forestières, leur habitat, continuent d’être dégradées et il y a plus de pression de braconnage dans les dernières zones les mieux protégées. Leur situation est toujours critique dans le pays. Les femelles chimpanzés font un bébé tous les 5 ans. Il est donc impossible que la population augmente rapidement», déplore-t-elle.

La raison de la chute de la population de chimpanzés en Côte d’Ivoire, est notamment liée au trafic de bébés de ces primates en tant qu’animal de compagnie.

Pour chaque chimpanzé orphelin capturé pour le marché des animaux de compagnie, environ 10 chimpanzés sont tués et vendus comme viande de brousse.

Selon l’ONG EAGLE-Côte d’Ivoire, l’animal est au bord de l’extinction dans le pays du fait du commerce des bébés chimpanzés.

A en croire cette organisation, ces animaux sont capturés dans leurs habitats naturels et élevés en captivité. Ils sont ensuite vendus dans le commerce des animaux de compagnie. Toute chose qui fait que leur souffrance est loin de s’arrêter: elle se transforme simplement.

Une fois capturé, isolé et privé de la capacité d’exprimer leurs comportements naturels, leur bien-être se détériore rapidement. Cette perception est partagée par Akatia, une ONG qui œuvre activement pour la réhabilitation des chimpanzés issus du trafic en Côte d’Ivoire et la protection de la faune et flores sauvages dans les forêts de Comoé 1 et Yapo Abbé.

Forêts où sont implantés les sanctuaires des chimpanzés et petits singes.

Pour cette ONG qui déplore cette situation, les chimpanzés ne sont pas des animaux de compagnie : « Les chimpanzés en captivité et notamment les bébés chimpanzés qui sont privés de leur mère alors qu’ils ont un lien très étroit avec celle-ci vivent un terrible traumatisme. Le chimpanzé a besoin de vivre en collectivité avec ses congénères pour développer une vie sociale. »

Par ailleurs, la présidente de l’ONG a relevé les dangers auxquels s’exposent les détenteurs de ces animaux sauvages : « C’est un animal sauvage qui en grandissant ne sera plus maîtrisable car ils ont besoin de leur espace de liberté, d’une stimulation individuelle constante sinon ils peuvent devenir très agressif en s’attaquant aux humains. Ils ont sept fois la force d’un humain.

C’est cette force qui le rend, une fois adulte, ingérable et peut causer des accidents.

Les chimpanzés testent naturellement l’autorité en grandissant, ce qui fait que passés un âge ils n’acceptent plus leur captivité et peuvent devenir dangereux ».

Heureusement que la lutte contre le trafic de ces primates, continue.

A preuve, au premier semestre de l’année 2023, ce sont au total deux (02) chimpanzés qui ont été saisis en Côte d’Ivoire.

L’un l’a été en mai à Guiglo par le ministère des Eaux et Forêts (MINEF) avec le concours des ONG Akatia et EAGLE Côte d’Ivoire. Et l’autre dans la ville de Bouaké par le MINEF avec le concours de l’ONG Akatia.

Ces actions sont à saluer et témoignent de l’intérêt des autorités ivoiriennes pour la protection des chimpanzés.

BS avec Sercom


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