23 mai 2024

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Lutte syndicale en Côte d’Ivoire / La Confédération syndicale de la plate-forme nationale tient son 1er Congrès ordinaire

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’’Quelle Plateforme Nationale face aux défis du monde du travail, dans un contexte de trêve sociale ?’’. Tel était le thème du 1er Congrès Ordinaire de la Confédération syndicale de la plate-forme nationale qui s’est tenu le mercredi 3 et jeudi 4 avril 2024 à Yopougon en présence de la Ministre d’Etat, Ministre de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration et autres invités de marque.

Cette rencontre a été l’occasion pour le premier responsable de cette plateforme organisation syndicale des travailleurs de Côte d’Ivoire Gnagna Zady de lever un coin de voile sur le modèle d’organisation syndicale qu’il souhaite lui imprimer.

« Ce thème nous invite à dessiner la nouvelle Plateforme Nationale pour les prochaines années. Une plateforme résiliente profondément attaché aux combats qui ont fondé son existence, à savoir la promotion des droits syndicaux, la lutte pour la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs, la défense des plus faibles, que sont : les femmes, les retraités et les handicapés.

Une plateforme attachée au dialogue social comme instrument privilégié de règlement de ses principales revendications

Une plateforme également attachée aux valeurs de la démocratie, de la justice et de l’équité de la liberté et de la paix, de la dignité des travailleurs.

Une plateforme défendant en outre le droit de grève comme droit fondamental inscrit dans les textes internationaux et nationaux.

Une plateforme nationale solidaire avec les syndicats en lutte dans le monde, conformément à l’interpellation de KARL MAX ’’prolétaires de tous pays, unissez-vous’’.

Une plateforme financièrement autonome, ayant une implantation territoriale et professionnelle plus forte.

Camarades congressistes, mesdames et messieurs, voici dressé l’archétype de la nouvelle confédération que nous nous proposons de construire dans l’union et la solidarité de tous nos membres, au cours des cinq prochaines années », a indiqué Gnagna Zady qui a rappelé la genèse de sa plate-forme et les luttes qu’elle a remportées depuis sa création.

« C’est en octobre 2015, au CERAP de Cocody ex INADES que la Plateforme Nationale a été portée sur les fonts baptismaux par 26 organisations issues des six familles d’emploi de la fonction publique, cela sur les cendres de l’ex collectif des 2/3 des organisations membres de l’assemblée générale de la MUGEFCI.

Mais, sa création a lieu dans le contexte d’une grande épiphanie syndicale, dans une atmosphère de repli syndical marqué par des luttes sectorielles et leurs fortunes diverses. Tant et si bien que les revendications à caractère transversal n’étaient simplement qu’évoquées par les travailleurs.

Au nombre de celles-ci : – L’ordonnance 303 du 04 avril 2012 portant réforme des pensions gérées par la CGRAE ; laquelle ordonnance a réduit de façon drastique la pension de retraite de nos devanciers.

– le stock des arriérés des différentes mesures de revalorisation actées depuis 2007 ;
– la bonification indiciaire de 100 et 150 points, au profit des fonctionnaires ne bénéficiant pas d’une grille particulière,
– l’intégration de 1759 agents journaliers ;
– la suspension des précomptes syndicaux à la solde ainsi que les libertés syndicales qui ne l’étaient plus que de nom.

La justesse de ce combat ponctué d’une grève et d’une négociation savamment menées, aura retenu la grande attention du gouvernement qui y a fait droit.

En 2022, la Plateforme Nationale a contribué fortement à l’obtention de nouveaux acquis, notamment l’institution d’un droit nouveau pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, à savoir le paiement d’une prime exceptionnelle de fin d’année issue de la demande d’un 13e mois de salaire. Ce qui a eu pour corollaire la 2e trêve sociale».

Cependant, selon Gnagna Zady, malgré certains acquis, beaucoup reste à faire. «En dépit de cette relative embellie, beaucoup de préoccupations nouvelles se font jour, tant dans le secteur public que privé, en relation avec le renchérissement du coût de la vie, les menaces sur les libertés syndicales, la question de la protection sociale, du salaire et du travail décents.

A titre d’exemples, les travailleurs du secteur public réclament la généralisation des primes trimestrielles, les retraités dans leur ensemble réclament une revalorisation des pensions, plus particulièrement ceux du public, dans la prise en compte de la prime exceptionnelle.

Dans le secteur privé, les travailleurs du secteur agroindustriel revendiquent une transformation du SMAG en SMIG. Ils réclament également une juste rémunération surtout pour ceux de l’enseignement privé laïc.

Dans leur ensemble les travailleurs souhaitent une plus grande protection de l’état contre les abus et les violations des libertés syndicales.

Des menaces sur la trêve sociale de la part de certains partenaires sociaux se font de plus en plus perceptibles.

Par ailleurs, le statut de centrale syndicale de Plateforme Nationale, conformément à l’arrêté n°014 du 05 février 2019 fixant la liste des organisations syndicales remplissant les conditions légales pour être centrale de travailleurs n’est toujours pas effectif », a-t-il fait savoir, avant de lancer cet appel : « Je ne saurais conclure cette allocution, sans lancer un appel à la paix dans le monde, à la solidarité de tous les peuples ».

A.K


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