30 septembre 2022

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MALI : « J’ai été enlevée, séquestrée et violée par les ex-putschistes» s’indigne Aminata Soumaré.

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Le jeudi 11 mars 2021, s’ouvrait le procès des ex putschistes dirigés  par Amadou Haya Sanogo et coaccusés dans la cour d’appel de Bamako. L’occasion pour  les plaignants et la partie de la défense de trouver un terrain d’entente conformément à la loi d’entente nationale adoptée il y’a 4 ans. Il s’agit d’une loi qui stipule que l’affaire des putschistes de 2012 devra donner la priorité au pardon des uns aux autres pour faciliter la réconciliation et la cohésion sociale. 

Mais la tâche s’annonce hardie pour les juges. Car Aminata Soumaré ancienne fonctionnaire de la présidence semble ne pas être d’accord avec cette loi. Elle a clamé haut et fort qu’il s’agit de barrer la voix de la justice pour les victimes. 

Selon la plaignante Aminata Soumaré : « En 2012, pendant, lors de la transition dirigée par Dioncouda Traoré, j’ai été enlevée, séquestrée et violée pendant plusieurs jours par les éléments de l’ex junte putschiste. Ils ont bafoué ma dignité. J’avais honte de me regarder en face. J’ai été traumatisé. Ce sont mes proches qui ont cotisé pour que j’aille me soigner aux USA. Donc aucune loi au monde ne me permettra de pardonner aux responsables de ces actes inhumains. Je ne les pardonnerai jamais. Je suis ici pour que la justice nous entende. Je ne suis pas la seule. Certains ont perdu leurs proches. Il y’a de nombreuses femmes qui ont honte de venir témoigner les horreurs qu’elles ont vécu ».

À peine qu’elle ait fini, un silence de cimetière régnait dans la salle. Et la plupart des femmes présentes dans la salle n’ont pu retenir leurs larmes. 

Il faut noter les ex putschistes ont déjà écopé 6 ans de prison sans jugement avant d’obtenir une liberté provisoire  le 03 février 2020 conformément à “ la loi d’entente nationale”. 

Il faut rappeler que cette affaire remonte depuis 2012. Où des putschistes réunis au sein du CNDRE et dirigé par le capitaine  Amadou Haya Sanogo avait renversé le régime du président Amadou Toumani Touré. À l’époque, après des mois de tractations et de négociations avec la CEDEAO et la communauté internationale, les putschistes avaient rendu le pouvoir aux civils. Bien ne dirigeant pas la présidence, les ex putschistes restaient les maîtres du pouvoir. 

Il faut aussi  rappeler que la cour a indiqué qu’il donnera son verdict le 15 mars prochain. Mais en attendant, les victimes devraient  prendre leur mal en patience. Car selon de nombreux observateurs estiment que les juges n’oseront pas ouvrir la “ boîte de Pandore” condamnant les ex putschistes. 

Affaire à suivre………

Adama Traoré


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