18 mai 2024

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Mali : Les victimes de la démolition de la zone aéroportuaire mettent le premier ministre dans un dilemme

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Ce samedi 3 juin 2021, la plateforme des habitants dès la zone dite aéroportuaire a organisé un meeting afin de faire le point de la situation. Les responsables dé ladite plateforme ont également profiter de l’occasion pour mettre le premier ministre au défi.

C’est sûrement un premier casse-tête pour le premier ministre Dr. Choguel Kokala Maiga. Car ils sont plusieurs villages et quartiers aux environs de Bamako soit 11 au total à être concernés par cette affaire de zone aéroportuaire. En effet depuis le début de la démolition en janvier dernier, c’est un véritable bras de paix qui s’est enclenché entre les victimes et l’ancien gouvernement. Ainsi les victimes regroupées au sein d’une plateforme n’ont cessé de multiplier les initiatives non seulement afin d’être dédommagées mais aussi éviter toute nouvelle démolition. 

Lors du meeting de ce samedi, les premiers mots furent ceux du représentant du chef de quartier de Niamakoro qui a appelé tous les victimes  à l’union jusqu’à la victoire finale.

Pour sa part Mohamed Aly Sidibé président de la commission d’organisation dira qu’il s’agit d’une affaire qui concerne plusieurs milliers de personnes. Selon ses dires, les autorités doivent faire le nécessaire afin d’éviter des fronts de mécontentement. 

Pour sa part, Oumar Konta représentant des déguerpis de de Niamakoro dira que le haut conseil islamique a beaucoup fait pour les soutenir. À l’en croire, lors delà démolition de Niamakoro en 1995 sous Alpha, nombreuses sont les victimes qui n’ont vu la moindre couleur d’une parcelle lors du dédommagement.

Pour sa part, Sitan Kanté porte-parole des victimes de Faladiè dira que l’heure de vérité semble sonner pour les nouvelles autorités. « Avant que Choguel ne soit premier ministre, il nous a clairement dit que la démolition des maisons par l’ancien gouverneur était basée sur du faux. Il nous l’a dit à plusieurs reprises et nous avons les preuves. Maintenant la balle est dans son cas», a t-elle martelé.

En sa qualité d’invité d’honneur lors de ce meeting, Aboubacar Sidiki Fomba du CNT dira que cette zone n’est pas une zone aéroportuaire mais une zone appelée d’utilité publique. Ce qui signifie la présence de plusieurs structures. C’est-à-dire l’Etat à la possibilité de déclasser une partie et la revendre à qui le veut. Il dira que c’est ce qui signifie la vente de 50 hectares à Togouna Agro-industrie. Il dira qu’il est temps que les autorités actuelles du pays résolvent le plus tôt possible cette nième crise. En plus du premier ministre, le président aussi peut aujourd’hui mettre fin au suspense et soulager les victimes, a-t-il déclaré. Aussi, M. Fomba dira qu’il a déjà introduit au CNT une procédure afin que la lumière soit faite sur les biens immobiliers de l’Etat qui été bradés. 

Pour Boyô Konta porte-parole des femme de la plateforme, l’heure n’est pas encore aux réjouissances au motif de vieilles promesses ou de l’actuel premier ministre. « Je ne peux pas applaudir Choguel. Beaucoup de politiciens nous ont longtemps trahi. J’attend d’abord pour le voir à l’œuvre. Car les promesses d’un homme politique ne valent plus grande chose dans ce pays. Choguel nous a dit à plusieurs reprises que nos maisons ont été démolies sur du faux. Donc on l’attend », s’est-elle lamentée. 

Acclamé dès sa prise de parole, le coordinateur général de la plateforme des habitants de la zone dite aéroportuaire M. Aboubacar Sidiki Kanta dira que le premier ministre a le devoir de joindre l’acte à la parole. En effet, selon M. Kanta, l’heure n’est plus à une longue attente. Car l’angoisse et le suspense n’ont que trop duré. Aussi il dira que la plateforme n’acceptera qu’une commission soit composée d’individus qui ignorent tout de la réalité de cette affaire. C’est ainsi qu’il dira : « Si jamais on tente de nous imposer des personnes de mauvaise foi, on se fera entendre. Et ce n’est rien de dire que tout frondeur de ce commission met en jeu sa vie. On n’acceptera jamais qu’en plus de la démolition de nos maisons, que d’autres viennent nous spolier», s’est-il exclamé. À l’en croire, la plateforme propose trois doléances aux nouvelles autorités du Mali pour la résolution de cette crise. Il s’agit : De dédommager les victimes; de déménager l’aéroport aux 400 hectares de Sanakoroba et de laisser les gens récupérer leurs parcelles; d’accélérer la procédure judiciaire contre les fautifs de cette démolition et qu’ils soient jugés à la hauteur de la situation. En d’autres termes, il dira que le premier ministre Choguel Maiga leur a clairement dit que l’ancien régime a commis l’erreur. Donc il est temps qu’il rectifie le tire en mettant les gens dans leur droit, insistera-t-il. 

Au tour du secrétaire général de la plateforme M. Abdoul Salam Togola de dire que les futurs membres de la commission n’ont plus droit à l’erreur .Et d’éviter un bras de fer. «En cas de manquement nous sommes prêts. Œil pour œil, dent pour dent », a-t-il averti. 

Adama TRAORÉ


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