Alors que la Côte d’Ivoire maintient son rang de premier producteur mondial de cacao, une crise sans précédent secoue le monde paysan. Entre chutes brutales des prix et accusations de mal-gouvernance, le mouvement « Trop c’est Trop » Diaspora (TCT) monte au créneau pour dénoncer le sort réservé aux producteurs ivoiriens.
Dans une déclaration co-signée par M. Jean-Blaise Ayemene ; M. Mel Essis Gaye et Dr Boga Sako Gervais, respectivement responsable du TCT Afrique, Europe et Amérique, le mouvement s’est prononcé sur cette situation.
Une chute de prix jugée « insultante »
L’indignation est partie d’un revirement spectaculaire des prix à l’achat. En prélude à l’élection présidentielle d’octobre 2025, le prix garanti du kilogramme de fèves de cacao avait été fixé à 2 800 francs CFA. Cependant, pour la petite traite actuelle, ce prix a été ramené à 1 200 francs CFA, soit une réduction drastique de près de 57%.
Pour le mouvement TCT, cette décision est une «forfaiture» qui plonge les familles rurales dans une précarité extrême. Sur le terrain, la situation est déjà critique : de nombreux acheteurs n’auraient pas honoré le prix précédent de 2 800 francs CFA, remettant de simples « bouts de papier » en guise de promesses de paiement aux paysans.
En conséquence, des milliers d’enfants n’ont pu regagner les bancs de l’école cette année.
La gestion administrative et politique sous le feu des critiques
Le mouvement pointe également du doigt les récentes orientations du nouveau Ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné. Ce dernier a instauré l’obligation de détenir une Carte de Producteur pour vendre sa récolte. Une mesure jugée déconnectée de la réalité par le syndicat des planteurs (SYNAP-CI), puisque des centaines de paysans, bien que recensés, n’ont toujours pas reçu leur carte.
Au-delà de la bureaucratie, c’est la « politisation » de la filière qui est dénoncée. Le texte évoque une volonté du pouvoir de contrôler l’exportation, mentionnant notamment l’influence de M. Loïc Folloroux à travers le Groupement des Négociants Ivoiriens (GNI). Cette mainmise serait, selon les signataires, à l’origine de la rupture des contrats avec de grandes firmes internationales comme Cargill ou Olam, créant ainsi un manque de liquidités chez les acheteurs locaux.
Les exigences de la Diaspora
Face à ce qu’ils qualifient de « mauvaise gouvernance », les leaders du mouvement TCT basés en Amérique, en Europe et en Afrique exigent des actions immédiates: le paiement intégral des produits achetés sous le régime du prix à 2 800 francs CFA ; la transparence totale sur l’utilisation du Fonds de réserve, estimé à plus de 1 200 milliards de francs CFA ; la dépolitisation de la gestion de la filière et une plus grande autonomie accordée aux producteurs.
Le président du SYNAP-CI, M. Koné Moussa, a d’ores et déjà annoncé que les planteurs prendraient leurs responsabilités face à ce qu’il considère comme une menace pour la survie des familles agricoles.
De New York à Abidjan, la pression monte sur le gouvernement pour que l’économie du cacao, pilier du pays représentant 15 à 20% du PIB, profite enfin à ceux qui la produisent.
A.K

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