23 mai 2024

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Opérations de déguerpissements à Abidjan / La coalition des victimes menace de descendre dans la rue

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Les victimes de l’opération de déguerpissement dans les quartiers dits à risque d’Abidjan ne sont pas contentes du traitement qui leur fait.

Elles l’ont savoir lors d’une conférence de presse animée le jeudi 2 mai 2024 par la coalition des victimes et des menaces de déguerpissements de Côte d’Ivoire (COVIMEDE-CI) qui réunit plusieurs associations de personnes impactées par ces opérations.

Cette coalition a interpellé les autorités ivoiriennes sur la situation que ses membres vivent. Elle a donc menacé d’envahir la rue si aucune solution n’est trouvée à leur situation.

« (…) Nous soutenons toutes les victimes et les menacés de déguerpissement, et nous nous engageons entièrement dans la lutte pour le respect des droits fondamentaux des personnes déguerpies. Nous plaidons pour une restauration des conditions de vie décente pour les familles déguerpies avant la prochaine rentrée scolaire.

C’est pourquoi, nous invitons à la mise en place rapide de la cellule de la Primature, afin de définir ensemble un plan de travail raisonnable.

Si avant le 30 Mai 2024, aucune solution concrète n’est trouvée à nos préoccupations, nous nous verrons dans l’obligation de manifester notre mécontentement par des moyens légaux », a fait savoir Mme Koné Rose, victime de Gesco Cité Eden et porte-parole de la COVIMEDE-CI.

La porte-parole n’a pas manqué d’exposer les attentes des victimes aux autorités.

« (…) Nous, organisations de la société civile, victimes et menacés de déguerpissement avons douze (12) propositions : 1- l’arrêt immédiat des déguerpissements, le temps de réparer les premiers préjudices et de définir de meilleures conditions pour la poursuite des opérations, si cela s’avère vraiment nécessaire ;
2- la mise à disposition de la liste définitive des sites à démolir et des précisions sur les emprises et les dimensions retenues ;
3- la prise en compte de tous les locataires et propriétaires résidents de tous les sites, dans l’octroi des indemnités de relogement ;
4- une indemnisation juste et dans les meilleurs délais, par la révision des mesures en faveur des déguerpis, dont l’augmentation à au moins 1 million pour l’indemnité de relogement, car elle devrait prendre en compte tous les préjudices subis qui sont d’ordre moral, psychologique, financier, scolaire, coutumier et matériel ;
5- l’implication des responsables des victimes dans la définition des nouvelles mesures, de même que dans l’établissement et la validation des listes. Sont responsables des déguerpis, les Chefs de village pour les villages tels que Banco 1 et pour les autres les responsables des associations de déguerpis ;
6- La collaboration avec les vrais responsables des déguerpis avant tout autre opération ;
7- L’affichage des listes avant le paiement par souci de transparence ;
8- l’accélération des paiements pour réduire l’impact négatif sur les déguerpis ;
9- la prise en charge en urgence des élèves et étudiants déguerpis pour sauver leur année scolaire et universitaire ;
10- La prise en compte des fermiers, notamment les 133 de Gesco rivière et ceux d’Attécoubé lagune, par leur insertion sur la liste des déguerpis et la définition de mesures d’accompagnement pour leur réinstallation ;
11- l’application des principes d’un « déplacement involontaire » plutôt qu’un déguerpissement qui déshumanise en portant atteinte à la dignité humaine ; 12- L’arrêt des violences à l’encontre des victimes déjà dans la détresse. »

Par ailleurs, la conférencière principale est revenue sur les différentes violations des droits des populations depuis des années.

«Depuis 2014, les populations de Côte d’Ivoire assistent impuissamment à une humiliation de milliers de familles, à travers des déguerpissements abusifs justifiés par une opération d’assainissement, de protection de vies ou de projets de développement de la part des dirigeants du pays.

En effet, plusieurs logements, écoles et activités commerciales ont été détruits par le District autonome d’Abidjan, sans aucun respect des dispositions légales en la matière, portant ainsi atteinte à la dignité humaine des ménages concernés.

Lors du conseil des Ministres du 13 mars 2024, le District d’Abidjan a été déchargé de ces déguerpissements et la décision de mettre en place une cellule logée à la Primature pour « le suivi des déguerpissements » a été prise.

Non seulement cette fameuse cellule n’est pas encore fonctionnelle à la date de ce 2 mai 2024, donc depuis bientôt deux (2) mois, mais le District continue son opération de déguerpissements, au mépris des instructions du Chef de l’Etat qui a demandé d’y mettre de l’humanisme et sans aucune réaction de la primature.

Ainsi le nombre de familles disloquées, de scolarités interrompues, d’activités commerciales détruites et d’employés mis au chômage, continue d’augmenter au fil des semaines, engendrant la paupérisation de centaines de famille dans ce contexte de cherté de la vie.

Par ailleurs, le même 13 Mars 2024, cinq (5) mesures ont été prises pour soulager les familles de déguerpis.

Malheureusement seule la première mesure est appliquée et mal appliquée ».
A.K


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