27 septembre 2022

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Politique / Côte d’Ivoire : Quatrième numéro de la Tribune du PPA-CI

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𝑷𝒓𝒐𝒑𝒐𝒔 𝒍𝒊𝒎𝒊𝒏𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔 𝒅𝒖 𝑴𝒊𝒏𝒊𝒔𝒕𝒓𝒆 𝑱𝒖𝒔𝒕𝒊𝒏 𝑲𝒂𝒕𝒊𝒏𝒂𝒏 𝑲𝒐𝒏é, 𝑷𝒐𝒓𝒕𝒆-𝒑𝒂𝒓𝒐𝒍𝒆 𝒅𝒖 𝑷𝑷𝑨-𝑪𝑰

Mesdames et messieurs les membres de la Direction du Parti ;

Mesdames et messieurs les journalistes ;

Je voudrais, une fois encore, vous remercier au nom de son Excellence le Président Laurent GBAGBO et l’ensemble de la haute direction du PPA-CI pour votre présence à ce 4ème rendez-vous de la tribune du PPA-CI. La présente tribune se tient au lendemain des missions que la direction du parti a diligentées le week-end dernier à l’effet d’évaluer le travail d’implantation conduit par le secrétariat général. En effet, les samedi et dimanches 16 et 17 juillet dernier, plusieurs missions du parti ont sillonné la Côte d’Ivoire pour s’informer sur l’état d’avancement de la mission d’implantation du parti. Le Président Exécutif et le Secrétaire général feront le point de ces missions très prochainement. De façon générale, notre parti continue sa progression dans la conscience de nos compatriotes et même des Africains. Ils sont très nombreux, nos concitoyens qui continuent de croire au Président Laurent GBAGBO. Cela augure des lendemains meilleurs pour nous, pour notre pays et pour notre Continent qui a besoin d’un leadership robuste pour lever les défis qui se dressent sur le chemin de son progrès.

En ce qui concerne la Tribune, les réactions positives que nous recevons de nos compatriotes témoignent de l’intérêt que ceux-ci portent de plus en plus à cet espace d’échanges. Nous nous sommes donnés le devoir, au niveau de notre parti, d’associer les populations ivoiriennes au débat politique. A cet effet, il nous importe de leur donner la bonne information sur les questions que nous abordons pendant nos tribunes. C’est pourquoi, nous mettons du sérieux dans la préparation de chaque numéro de la tribune. Nous nous référons toujours aux sources d’informations officielles, ou tout au moins, très crédibles pour conduire nos recherches documentaires. Pour la présente tribune, trois sujets sont abordés. Ce sont :

  • La cherté de la vie mise en rapport avec les solutions que le gouvernement propose et qui ont été évoqués par le PM dans une interview radio-télévisée ;
  • La rencontre du Président de la République avec ses deux prédécesseurs et l’impact de cette rencontre sur la cohésion sociale;
  • La diplomatie ivoirienne dans la sous-région illustrée par les cas du Mali et du Burkina Faso.

𝗜- 𝗖𝗛𝗘𝗥𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗩𝗜𝗘 𝗘𝗡 𝗖𝗢𝗧𝗘 𝗗’𝗜𝗩𝗢𝗜𝗥𝗘 : 𝗗𝗘𝗖𝗥𝗬𝗣𝗧𝗔𝗚𝗘 𝗗𝗘 𝗟’𝗜𝗡𝗧𝗘𝗥𝗩𝗜𝗘𝗪 𝗥𝗘𝗔𝗟𝗜𝗦𝗘𝗘, 𝗟𝗘 𝟭𝟭 𝗝𝗨𝗜𝗟𝗟𝗘𝗧 𝟮𝟬𝟮𝟮, 𝗗𝗘 𝗠. 𝗣𝗔𝗧𝗥𝗜𝗖𝗞 𝗝𝗘𝗥𝗢𝗠𝗘 𝗔𝗖𝗛𝗜, 𝗣𝗥𝗘𝗠𝗜𝗘𝗥 𝗠𝗜𝗡𝗜𝗦𝗧𝗥𝗘, 𝗖𝗛𝗘𝗙 𝗗𝗨 𝗚𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗡𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘 𝗖𝗢𝗧𝗘 𝗗’𝗜𝗩𝗢𝗜𝗥𝗘.

Dans une interview consacrée à la cherté de la vie, et retransmise simultanément sur la chaîne nationale RTI 1, sur la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI) et sur la Radio Côte d’Ivoire, le lundi 11 juillet 2022 à Abidjan, le Premier Ministre, Patrick Achi, a assuré que la question de la cherté de la vie est au cœur de l’action gouvernementale et que le Gouvernement fait le maximum pour que la population soit la moins impactée possible.

Il a dit et je cite : “𝐿𝑒 𝐺𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑠𝑢𝑖𝑡 𝑎𝑢 𝑞𝑢𝑜𝑡𝑖𝑑𝑖𝑒𝑛 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑐ℎ𝑒𝑟𝑡é 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑖𝑒. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑒𝑛 𝑝𝑒𝑟𝑚𝑎𝑛𝑒𝑛𝑐𝑒 𝑒𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑎𝑐𝑡 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠. 𝐿𝑎 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐ℎ𝑒𝑟𝑡é 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑖𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑎𝑢 𝑐œ𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑙’𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑔𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑙𝑒. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑟𝑒𝑛𝑜𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑠𝑜𝑢𝑓𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑦 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑎𝑡𝑖𝑠𝑠𝑜𝑛𝑠. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑙𝑙𝑜𝑛𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒𝑛𝑖𝑟 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑖𝑛𝑓𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛.”

Pour le Premier Ministre, le renchérissement du coût de la vie est dû principalement à la survenue de la pandémie de la Covid-19, qui a entraîné le confinement de la quasi-totalité de la population, et à la récente guerre russo-ukrainienne qui a occasionné le quasi-doublement du cours du pétrole à l’international et le triplement du prix de l’engrais.

Le Chef du Gouvernement est revenu sur les mesures prises par l’État, depuis le début du renchérissement du coût de la vie, pour contenir l’impact de cette inflation sur la population. Il s’agit d’une subvention de 400 milliards de FCFA qui a permis, entre autres, de maintenir le prix du Super à 735 FCFA et celui du Gasoil à 615 FCFA et d’apporter une subvention aux meuniers, du plafonnement des prix de 21 produits de grande consommation constitués essentiellement de denrées de première nécessité (huile, sucre, lait, farine boulangère, etc.), de la soumission à autorisation de l’exportation de certaines denrées alimentaires produites et consommées localement: l’attiéké, l’igname, etc.. et de versements de filets sociaux pour soutenir les couches défavorisées.

D’ici à 2025, a-t-il annoncé, le Gouvernement prévoit la modernisation de l’agriculture ivoirienne avec un accent particulier sur le vivrier car les modes de production et de vie ont changé. À ce titre, Patrick Achi mise sur le développement de neuf agropoles dont celui du Centre est déjà opérationnel. Il a annoncé le lancement imminent de l’agropole du Nord. L’objectif d’ici à 2025, selon les axes stratégiques de la vision 2030 du Président Alassane Ouattara, est d’atteindre la souveraineté alimentaire, non seulement pour les produits vivriers, mais aussi pour les marchandises.

Le PPA-CI , qui se préoccupe au plus haut niveau de la problématique de la chèreté de la vie, a suivi avec attention l’intervention du PM et les solutions que le gouvernement tentent de trouver à cette problématique. C’est pourquoi, par la présente, le PPA-CI fait sa propre analyse de la question et propose ses propres solutions.

La définition économique de « la vie chère » est l’inflation. La première constitue la manifestation visible de la seconde.

L’inflation se définit comme un accroissement excessif des instruments de paiement (billets de banque, capitaux, etc..) par rapport aux biens et services disponibles et qui entraine une hausse des prix et une dépréciation de la monnaie. Elle se caractérise par la persistence de l’augmentation de la moyenne des prix, indépendamment des variations sectorielles, et s’observe sur l’ensemble du spectre économique sur une periode assez longue de plusieurs trimestres consécutifs. Elle se traduit par une perte du pouvoir d’achat. La monnaie se déprécie par rapport à elle-même et c’est en cela que l’inflation se distingue de la dévaluation qui est une dépréciation de la monnaie par rapport à une dévise étrangère de référence. En un mot, l’inflation est le déséquilibre conjonctuel entre le volume des instruments de paiement qui circulent et les biens et services existants.

Cette précision permet de bien comprendre la critique que nous formulons sur les solutions proposées par le Gouvernement. Le Chef du gouvernement, tout en reconnaissant que la vie était chère pour nos compatriotes, se félicite que cette cherté soit de moindre mesure par rapport à celle que connaissent les autres pays de la sous-région.

𝗣𝗿𝗲𝗺𝗶è𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, pour comparer un phénomène économique entre plusieurs pays, il faut les situer dans le même contexte. C’est pourquoi, comparer l’inflation en Côte d’Ivoire à celle du Mali et du Burkina Faso est economiquement erroné. Le contexte du Mali est différent de celui de la Côte d’Ivoire. Le Mali fait face à un embargo commercial et à une déconnection des circuits financiers suite aux sanctions qui ont été méchamment imposées à son peuple. Ce pays fait donc face à deux facteurs aggravant de l’inflation. La rareté des biens et services et la rareté des moyens des intsruments de paiement. Il en est de même pour le Burkina Faso. Les deux pays ont en commun d’avoir perdu le contrôle sur une bonne partie de leur territoire. Le déplacement, du fait de l’insécurité, des populations, notamment rurales, perturbe les circuits de production à l’intérieur des deux pays.

𝗗𝗲𝘂𝘅𝗶è𝗺𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, les statistiques ivoiriennes sont muettes sur les détails importants. En effet, bien qu’étant dans le spectre économique, pris dans son ensemble, toute inflation est portée par un ou plusieurs secteurs économiques. Le taux d’Inflation synthétique, qui est une écume qui cache la realité de la souffrance des populations, pourrait expliquer pourquoi toutes les mesures prises par le Gouvernement n’arrive pas, jusqu’à présent, à contenir la cherté de la vie qui s’accentue. Les ivoiriens ne s’en plaindraient, aussi bruyamment, si tel est que le riz, l’huile, la banane, la viande avaient augmenté de seulement 4,8%. Par exemple, l’Institut de Statistiques du Ghana a fait un rapport qui mentionne clairement que l’inflation au Ghana, qui est du reste très élevée, est portée par le secteur du transport, suivi de celui de l’alimentation. Ensuite, nul ne sait quelles sont les classes sociales qui sont les plus touchées par l’inflation en Côte d’Ivoire. La classe pauvre, la classe moyenne ou la classe superieure ? Ces données sont déterminantes pour orienter l’action de lutte contre l’inflation .

A défaut de statistiques détaillées, le PPA-CI a procédé à une levée des prix des produits sur le terrain entre deux périodes voisines pour connaitre le niveau de l’inflation de certains produits de grande consommation. Par ailleurs le PPA-CI a pu relever des différences, parfois importantes, entre les prix que le ministère du commerce affiche comme étant les prix appliqués et ceux qui sont effectivement appliqués sur le marché.

[ 𝑫𝒆𝒔 𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆𝒂𝒖𝒙 𝒒𝒖𝒊 𝒓𝒆𝒏𝒔𝒆𝒊𝒈𝒏𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒖𝒓 𝒍’𝒂𝒎𝒑𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒆 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒊𝒏𝒇𝒍𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒗𝒐𝒖𝒔 𝒔𝒆𝒓𝒐𝒏𝒕 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒒𝒖é𝒔 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒂𝒖𝒕𝒓𝒆 𝒑𝒖𝒃𝒍𝒊𝒄𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒂 𝑪𝒐𝒎𝒎𝒊𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏 𝑪𝒐𝒎𝒎𝒖𝒏𝒊𝒄𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝑶𝒓𝒈𝒂𝒏𝒊𝒔𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒖 𝑷𝑷𝑨-𝑪𝑰. ]

𝗧𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶è𝗺𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, quels sont les critères d’allocation des filets sociaux ? En effet, comme rappelé ci-dessus, l’inflation est due par l’accroissement excessif des instruments de paiement par rapport aux biens et services disponibles. Par conséquent, accroitre ces instruments dans un contexte d’inflation, c’est aggraver l’inflation. En d’autres termes, c’est apporter du vent, en lieu et place de l’eau, au feu. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup d’économistes attribuent l’inflation actuelle aux décisions économiques précipitamment prises par les gouvernements pour lutter contre la Covid-19. En effet, les mesures de confinement ont eu pour conséquence de bloquer la production et parallèlement, l’usage des planches à billets des grandes puissances, pour soutenir ou remplacer les salaires, a consisté à injecter de l’argent dans des économies qui ne produisaient plus. Cela a contribué à créer un déséquilibre entre la masse monétaire qui circule et les biens et services disponibles. C’est pourquoi, les banques centrales ont le réflexe de relever leur taux d’intérêt pour freiner la création de la monnaie par les banques en situation d’inflation. En rendant le crédit cher, les banques centrales dissuadent les menages à recourrir à celui-ci.
Le PPA-CI, par idéologie Parti de gauche, soutient toujours les initiatives d’appui aux couches sociales les plus défavorisées. Il n’est pas contre les filets sociaux. La seule inquiétude, c’est le manque de statistiques détaillées sur les secteurs qui accentuent l’inflation et la non définition des critères qui guident les allocations. Il existe donc un réel risque d’aggraver l’inflation si ces allocations négligent, par exemple, les secteurs de la production, surtout que ces filets sociaux sont financés par emprunt.

𝗤𝘂𝗮𝘁𝗿𝗶è𝗺𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁, Le Premier Ministre, au cours de son interview, a cité l’encherissement des engrais, du fait de la crise russo-ukrainienne, comme étant l’une des causes du coût des denrées alimentaires. Cet argument ne peut prospérer que pour les saisons agricoles à venir. La guerre russo-ukrainienne est trop récente pour influencer la saison agricole pécédente dont la production était déjà sur le marché bien avant le déclenchement de cette guerre. Notre observation se fonde sur l’étude qu’a menée la Commission de la CEDEAO en partenariat avec le FAO et intitulée « 𝗘𝗩𝗔𝗟𝗨𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘𝗦 𝗥𝗜𝗦𝗤𝗨𝗘𝗦 𝗘𝗧 𝗗𝗘 𝗟’𝗜𝗠𝗣𝗔𝗖𝗧 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗖𝗥𝗜𝗦𝗘 𝗥𝗨𝗦𝗦𝗢-𝗨𝗞𝗥𝗔𝗜𝗡𝗜𝗘𝗡𝗡𝗘 𝗦𝗨𝗥 𝗟𝗔 𝗣𝗥𝗢𝗗𝗨𝗖𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗔𝗚𝗥𝗜𝗖𝗢𝗟𝗘 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗔 𝗥𝗘𝗚𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗖𝗘𝗗𝗘𝗔𝗢 ». Cette étude s’inquiète beaucoup plus pour la production de la saison en cours et non celle de la saison passée dont la production est consommée cette année. La même étude montre que le déficit entre l’engrais disponible en Côte d’Ivoire et le stock nécessaire pour la satisfaction des besoins pour l’année en cours est de 33%. Il s’en suit que plus de deux tiers de l’engrais pour les besoins de la saison en cours sont disponibles. S’il convient de reconnaître qu’il y a une flambée exponentielle du coût des engrais du fait de la crise russo-ukrainienne, il convient toutefois d’en relativiser l’impact sur les cours des denrées alimentaires issue de la saison 2021/2022. D’ailleurs, l’étude de la CEDEAO confirme la faible variation entre la production céréalière de la saison 2021/2022 par rapport à la saison 2020/2021. Elle est de l’ordre de -1,8%. Mais elle (cette étude) prévoit un gap plus important pour la saison 2022/2023 par rapport à celle de 2021/2022 de plus de 20%. Cependant, l’argument du Premier Ministre a l’avantage de lever l’une des faiblesses des politiques alimentaires ivoiriennes qui est le manque de stock de sécurité alimentaire.

Le stockage sécuritaire est une pratique de prévoyance qu’observent de nombreux pays. Des pays constituent des stocks de sécurité de leurs aliments de base sur plusieurs années, de sorte qu’en cas de crises aux effets mondiaux, comme la Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne, les populations soient nourries pendant un long temps. C’est d’ailleurs cette pratique, qui permet d’approvisionner le marché ivoirien en riz à un cout reduit, qui rend la production locale très peu compétitive. En effet, le riz qui arrive sur nos marchés provient des stocks anciens des pays producteurs qui sont remplacés par de nouveaux stocks. Le riz des stocks anciens, ayant perdu de la valeur, subit une décote qui le rend plus compétitif que le riz produit localement. Les chiffres donnés par l’Office d’aide à la commercialisation des produits vivriers (OCPV) du ministère en charge du commerce étayent largement cette situation. En effet, pour la semaine du 11 au 17 juillet 2022, dans la quasi-totalité des régions de la Côte d’Ivoire, le riz importé de grande consommation (deni cacha) est moins cher que le riz local.

Or depuis 2017, le stock de sécurité mondiale des denrées alimentaires, qui est le ratio stocks/utilisation, est constamment en déclin. Estimé à 35% en 2017, dont 14% pour la seule Chine, ce taux, le plus faible depuis 2008, avait déjà sonné l’alerte des agences mondiales sur l’alimentation. Ce ratio est quasiment nul en Afrique. Depuis 2019, les pays de l’espace CEDEAO tentent de se constituer des stocks de securité alimentaire avec l’aide de l’Agence Française de Developpement (AFD) et de l’Union Européenne…

La Côte d’Ivoire, qui importe envron 50% de sa consommation de riz, n’a aucun stock de sécurité alimentaire du riz. En cas de crise mondiale, qui bloque les échanges commerciaux du riz, notre pays s’exposera à un risque certain de famine. L’échéance de 2030 annoncée par le Premier Ministre, pour arriver à l’autosuffisance en riz, est un aveux d’échec de la politique du riz du régime actuel si l’on s’en tient à ses propres engagements. Pourtant, que de grandes annonces, qui s’avèrent, 10 ans après, n’être finalement que de la propagande. La politique de riz de ce régime et ses objectifs se lisent aisement sur le site officiel de L’Agence pour le Développement de la Riziculture en Côte d’Ivoire (ADERIZ). Cette politique, connue sous le nom de Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR) 2012-2020 se décline comme suit:

  • 2012-2016 : Couvrir la totalité des besoins de consommation par la production (auto-suffisance)
  • 2016-2018 : Constitution de stock sécuritaire de riz
  • A partir de 2018, la Côte d’Ivoire exporterait du riz.

Le même site annonce qu’en 2017, la Côte d’Ivoire a produit 1.355.911 tonnes de riz blanchi sur les 2 millions de consommation annuelle. Le 20 avril 2020, le Ministre de la promotion de la riziculture déclarait : « la mise en oeuvre du programme d’urgence riz permettra la production de 500.000 tonnes additionnelles de riz blanchi et apportera une réponse concrète aux effets néfastes de la Covid-19 ». Ce qui porterait la production ivoirienne à 1.855.911 tonnes, soit la couverture totale des besoins en riz de la Côte d’Ivoire. En d’autres termes, la Côte d’Ivoire est réputée être autosuffisant en riz selon le gouvernement ivoirien.

𝑫𝒂𝒏𝒔 𝒄𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒏𝒅𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔, 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒐𝒎𝒑𝒓𝒆𝒏𝒅𝒓𝒆 𝒒𝒖𝒆 𝒍𝒆 𝑷𝒓𝒆𝒎𝒊𝒆𝒓 𝑴𝒊𝒏𝒊𝒔𝒕𝒓𝒆 𝒖𝒕𝒊𝒍𝒊𝒔𝒆 𝒍𝒂 𝑪𝒐𝒗𝒊𝒅-19 𝒆𝒕 𝒍𝒂 𝒄𝒓𝒊𝒔𝒆 𝒓𝒖𝒔𝒔𝒐-𝒖𝒌𝒓𝒂𝒊𝒏𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒍𝒂 𝒄𝒂𝒖𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒍’𝒂𝒖𝒈𝒎𝒆𝒏𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒖 𝒑𝒓𝒊𝒙 𝒅𝒆𝒔 𝒅𝒆𝒏𝒓é𝒆𝒔 𝒂𝒍𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒍𝒆 𝒓𝒊𝒛 ?

En fait, il y a plus de propagande que de politique dans l’action gouvernementale ; et quand surviennent les crises, cette propagande est vite mise à nu. Le riz est un enjeu important pour la Côte d’Ivoire. Il convient de rappeler que moins de 5% de riz produit dans le monde est échangé dans le commerce international, soit 31 millions de tonnes sur les 650 millions de tonnes produits annuellement.

Le second secteur qui porte l’inflation est le secteur des hydrocarbures. De janvier à juillet 2022, le super est passé de 615 fcfa/L à 735 Fcfa./L, soit une augmentation de 19,80%. Le prix du gasoil est resté quant à lui constant, 615 fcfa. L’on serait tenté de louer les sacrifices de l’Etat qui a renoncé à une partie des recettes issues de la taxe spéciale unique (TSU) qui frappe les produits pétroliers. Il convient de rappeler que l’Etat n’a daigné renoncé à cette taxe à son profit qu’à compter de janvier 2022, alors que tout indiquait que le pétrole partirait à la hausse. Ce manque à gagner participe de ce que le Gouvernement appelle la subvention des produits pétroliers. Mais il reste une part importante de cette taxe qui est reversée au Fonds d’Entretien Routier (FER) . Elle a représenté pour l’année 2021, environ 36 milliards de Fcfa pour le gasoil et 66 milliards pour le super. Ces estimations sont faites sur la base des données fournies par la direction générale des hydrocarbures (DGH) relativement à la fois aux volumes de carburant vendus sur le territoire national et à TSU perçue par le FER sur chaque litre de carburant. Selon les données de la DGH :
908 642 m3 de super et carburant spécial ont été vendus à raison de 73 FCFA/L de TSU et 1 453 629 m3 de gasoil taxé à 25 FCFA/L. Ces recettes viennent s’ajouter aux recettes récoltées aux différents postes de péage, qui sont autant de source d’enchérissement de la vie, dans un contexte international défavorable.

𝗘𝗻 𝘀𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, le PPA-CI propose des solutions immédiates et des solutions à moyen et long terme.

𝗔𝘂 𝘁𝗶𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗶𝗺𝗺é𝗱𝗶𝗮𝘁𝗲𝘀:

𝟭. La suspension ou reduction considérable de la part de la TSU, pour une période de 3 mois reconductible, versée au FER.

𝟮. En rapport avec les Conseils régionaux, la mise en place d’un mécanisme d’urgence d’écoulement des produits agricoles vivriers depuis les zones de production. En effet, l’une des faiblesses de l’approvisionnement du marché en produits vivriers est l’état déplorable des réseaux de connection des zones de production avec les marchés. Les pistes villageoises sont pour la plus part non carossables. Ce qui entraine une forte disparité dans l’approvisionnement des marchés en viviers d’une région à une autre. A défaut de suspendre la TSU au profit du FER, l’on en affectera le produit au financement de ce mécanisme d’urgence qui doit se bâtir autour de l’ouverture et de l’amélioration des pistes villageoises. Cette mesure est d’autant importante que la synthèse des prix publiée par le gouvernement (OCPV), donne des disparités importantes entre les régions en ce qui concerne les prix des produits vivriers. Par exemple le prix du kilogramme de la banane plantain se négocie à 160 FCFA dans la Marahoué, se négocie à 400 CFA dans le Haut Sassandra, 1240 FCFA dans le Sud Comoé, 1390 FCFA dans l’Indénié-Djuablin, 1170 FCFA dans l’Agnéby-Tiassa, 970 CFA dans le GBEKE et 300 FCFA dans le Gontougo, 230 FCFA dans le NAWA et 690 FCFA à Abidjan. Cette mesure d’urgence rencontre l’une des recommandations que la Commission de la CEDEAO a faite à la suite de l’étude ci-dessus rappelée. En effet, au point 11 de ses recommandations, l’étude préconise de « réorienter les ressources financières disponibles pour résoudre les problèmes alimentaires urgents.

𝟯. Le PPA-CI trouve inefficace et contraire à la solidarité entre les peuples de la CEDEAO l’interdiction d’exporter les produits vivriers vers les autres pays de la sous-région. Cette pratique au niveau du Nigeria et du Bénin, par exemple, a fortement contribué à augmenter l’inflation dans un pays comme la Niger. Cette interdiction accroit le risque des mouvements migratoires des populations affamées vers les autres pays avec leur corrolaire de crises sociales et sanitaires. En lieu et place, le PPA-CI propose un mécanisme solide d’achats goupés des produits des engrais pour en faciliter une bonne péréquation entre les différents pays.

𝟰. Il y a nécessité d’aider les usines de production d’engrais du Nigéria et du Sénégal à renforcer leur capacité de production afin de répondre aux besoins urgents d’engrais pour la saison 2022/2023. Cela est également une recommandation de la Commission de la CEDEAO.

𝟱. 𝗗𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲 à 𝗺𝗼𝘆𝗲𝗻 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗲, dans un delai d’un à deux mois, commander à l’Institut National de la Statistique (INS) une étude sur les secteurs économiques qui portent l’inflation et les classes sociales les plus touchées, afin de bien orienter les solutions.

𝟲. 𝗔 𝗹𝗼𝗻𝗴 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗲, bâtir une véritable politique de Développement de la riziculture loin de la propagande. Abandonner la piste des productions agro-industrielles et accompagner efficacement les paysans dans la production du riz comme ce fut le cas avec la SODERIZ.

𝟳. Prioriser les investissements dans le secteur de l’agriculture conformément à la déclaration de Malabo. A ce propos, l’exemple de la Russie devrait inspirer le gouvernement ivoirien. En effet, frappée par une multitude de sanctions depuis plus d’une décennie qui lui fermaient les portes de certains marchés, la Russie s’est résoulment engagée dans l’amélioration de son industrie agricole. Aujourd’hui, non seulement elle s’autosuffit en alimentaire, mais elle contrôle une bonne partie du marché des céréales et des intrants.

𝟴. Toujours, dans le long terme, mener une campagne de sensibilisation audacieuse de sensiblisation pour la reconcersion des habitudes alimentaires de nos compatrotes vers la consommation des produits locaux en encourageant aussi la production de ceux-ci.

𝗜𝗜. 𝗟𝗔 𝗥𝗘𝗡𝗖𝗢𝗡𝗧𝗥𝗘 𝗗𝗨 𝗣𝗥𝗘𝗦𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗥𝗘𝗣𝗨𝗕𝗟𝗜𝗤𝗨𝗘 𝗘𝗧 𝗦𝗘𝗦 𝗗𝗘𝗨𝗫 𝗣𝗥𝗘𝗗𝗘𝗖𝗘𝗦𝗦𝗘𝗨𝗥𝗦 𝗘𝗧 𝗦𝗢𝗡 𝗜𝗠𝗣𝗔𝗖𝗧 𝗦𝗨𝗥 𝗟𝗔 𝗖𝗢𝗛𝗘𝗦𝗜𝗢𝗡 𝗦𝗢𝗖𝗜𝗔𝗟𝗘.

Au cours de la 5ème phase du dialogue politique initié par le gouvernement, tous les participants ont exprimé le souhait que le Chef de l’Etat et les Présidents Laurent GBAGBO et Henri Konan Bédié se rencontrent pour discuter des questions vitales pour la réconciliation nationale et le renforcement de la cohésion nationale. Au terme de ses travaux, le dialogue politique a fortement recommandé qu’il soit mis en place un cadre de rencontre de haut niveau des trois personnalités qui cristalisent autour d’elles l’essentiel de l’opinion politique ivoirienne. Ce cadre a été dénommé par le dialogue politique « Cadre Permanent du Dialogue ». La rencontre du jeudi 14 juillet dernier est la concrétisation de cette recommandation. La rencontre a eu lieu à huit clos au palais présidentiel. Aucours de cette rencontre, les sujets suivants ont été évoqués:

  1. Les subventions aux partis politiques
  2. Le dégel des comptes bancaires
  3. La libération des prisonniers
  4. La Recomposition de la CEI
  5. La Révision du découpage électoral
  6. La vie chère
  7. L’audit de la liste électorale
  8. Charles Blé Goudé et Soro Guillaume

La participation du Président Laurent GBAGBO à cette rencontre s’inscrit dans la recherche du renforcement de la cohésion sociale à laquelle il s’emploie depuis son retour au pays. Son souhait est de décrisper davantage le climat politique afin que le débat démocratique se déroule autour des questions essentielles qui font avancer la nation sur le chemin de la démocratie.

C’est pourquoi, le PPA-CI :

  • salue avec déférence la hauteur d’esprit du Président Laurent GBAGBO qui place l’intérêt de la nation au-dessus de ses propres ressentiments, somme tous légitimes, eu égard à ce qu’il a souffert et continue de souffrir dans sa carrière politique, au nom de l’idéal de la démocratie.
  • remercie le Président Henri Konan Bédié et son parti, le PDCI-RDA, d’avoir travaillé en bonne intelligence avec le PPA-CI pour la préparation de cette rencontre.
  • se félicite de ce que le Président de la République, à qui le dialogue politique avait imputé la responsabilité de convoquer cette rencontre , ait donné une suite favorable à cette recommandation.
  • se réjouit de l’annonce faite par le Chef de l’Etat de rendre permanent ce cadre de rencontre, ce qui correspond à la recommandation faite par le dialogue politique.
  • rappelle au Chef de l’Etat qu’il lui incombe, en définitive, le devoir de donner une suite factuelle, allant dant le sens de la réconciliation nationale, aux questions qui ont été évoquées.
  • se dispose à accompagner toute initiative sérieuse qui vise à renforcer la réconciliation nationale et la cohésion sociale.

𝗜𝗜𝗜. 𝗨𝗡𝗘 𝗗𝗜𝗣𝗟𝗢𝗠𝗔𝗧𝗜𝗘 𝗦𝗢𝗨𝗦-𝗥𝗘𝗚𝗜𝗢𝗡𝗔𝗟𝗘 𝗜𝗡𝗤𝗨𝗜𝗘𝗧𝗔𝗡𝗧𝗘

Depuis un certain temps, notre pays est soupçonné par certains de ses voisins de mener une diplomatie agressive vis-à-vis d’eux. Des pays comme le Mali n’hésitent pas à indexer la Côte d’Ivoire comme étant la base arrière des entreprises de sa déstabilisation. En effet, depuis la chute du Feu le Président Ibrahim Boubacar Kéita, les autorités de transition ne cachent pas leur méfiance vis-à-vis des autorités ivoiriennes. Les sanctions de la CEDEAO, immédiatement endossées et appliquées par l’UEMOA, ont été perçues par les autorités maliennes comme résultant de l’activisme du Chef de l’Etat ivoirien contre les intérêts du peuple malien. Les autorités maliennes et le peuple malien ne sont pas les seuls à avoir ce sentiment. Le patriotisme, qui est attendu de chaque citoyen ivoirien, reste insuffisant pour nier que de nombreux faisceaux d’indices militent à la faveur de l’indexation que les autorités maliennes font de notre pays. Plusieurs faits sont avancés par les autorités maliennes pour justifier leur méfiance contre le pouvoir ivoirien.

  • A la suite de l’application des sanctions du 10 janvier 2022 de la CEDEAO contre le Mali, le gouvernement malien avait “dénoncé une violation de son espace aérien par un avion français. L’appareil aurait effectué l’aller-retour entre Abidjan (Côte d’Ivoire) et Gao (Mali). L’ASECNA avait déclaré ne pas avoir été informée préalablement de l’existence du vol ;
  • C’est depuis à Abidjan, la capitale ivoirienne, que M. Ibrahim Camara a annoncé, en février 2022, la mise sur pied d’un Conseil transitoire pour gérer le Mali. Il s’est d’ailleurs fait autoproclamer président de la transition au détriment du colonel Assimi Goïta. Même si le gouvernement ivoirien avait réagi après coup en tantant d’interpeler monsieur Camara, mais son entreprise défiante vis-à-vis des autorités de son pays a été favorisée par le sentiment de tolérance qu’il croyait percevoir de la part des autorités ivoiriennes
  • En février 2022, le procureur du tribunal de la Commune IV de Bamako a confirmé une enquête ouverte sur l’authenticité d’un enregistrement à propos duquel plusieurs sources ont indiqué entendre une conversation téléphonique entre un ancien premier ministre malien, Boubou Cissé, et le président ivoirien, Alassane Ouattara, sur l’impact des sanctions de la CEDEAO sur l’économie malienne et ses finances publiques, le poids de certains dirigeants maliens, etc.
    C’est dans ce contexte délétère des relations difficiles entre les deux pays qu’éclate l’affaire dite « 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali ».
    Le dimanche 10 juillet 2022, deux aéronefs en provenance de la République de Côte d’Ivoire ont atterri à l’aéroport Modibo Keita de Bamako Semou. Selon les autorités maliennes Ies deux aéronefs transportaient 49 militaires ivoiriens et des équipements militaires dont des armements et munitions de guerre. Leur reprochant leur présence illégale sur le territoire malien, les autorités maliennes ont décidé de les interpeller et de saisir leur matériel.

Les autorités maliennes ont fait les constats suivants :

  • L’absence d’ordre de mission et d’autorisation ;
  • La dissimulation de leur profession militaire sous diverses qualités : étudiants, chauffeur, vendeuse, peintre, vigile, maçon, etc.
  • La diversité de justification de leur présence sur le territoire malien : mission confidentielle, rotation au sein de la MINUSMA, sécurisation de la base logistique de la compagnie aérienne SAS, protection du contingent allemand ;
    Les autorités maliennes leur reprochent fondamentalement le non-respect des procédures encadrant le déploiement de militaires et de leur armement. De fait, les manquements et infractions suivants ont été relevés :
  • La non information du ministère des affaires étrangères et de la coopération, par les canaux officiels au sujet du déploiement des militaires ivoiriens ;
  • La violation du code pénal malien incriminant les atteintes à la sécurité intérieure dont l’atteinte à l’intégrité du territoire ;
  • La violation de la législation relative à l’aviation civile obligeant tous les vols à produire les manifestes passager et cargo avant le décollage et faisant ressortir l’identité des passagers ;
  • La violation du code malien des douanes se rapportant à la conduite en douane et au régime d’importation temporaire.

Au regard des manquements et des infractions sus indiqués, le gouvernement de transition du Mali considère les 49 militaires ivoiriens comme des mercenaires au sens de la Convention de l’OUA sur l’élimination du mercenariat en Afrique.
Dans la droite ligne de ces considérations, le gouvernement de transition a pris un certain nombre de décisions :

  • Mettre fin à l’activité de protection de la compagnie aérienne SAS par des forces étrangères et exiger leur départ immédiat du territoire malien ;
  • Transmettre le dossier aux autorités judiciaires compétentes ;
  • Mettre les 49 militaires interpellés à la disposition des autorités judiciaires compétentes. A ce propos, le Procureur Général près de la Cour d’appel de Bamako «a instruit l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire toute la lumière sur cette affaire », dans un communiqué publié le 18 juillet 2022.

Le démenti du gouvernement ivoirien des allégations des autorités maliennes est rendu inaudible par les déclarations contradictoires des agences de l’ONU en charge du Mali sur le sujet.
Dans un le même registre, le 7 juillet dernier, le gouvernement ivoirien a affrété un aéronef de la flotte présidentielle, à monsieur Blaise Compaoré, pour qu’il se rende au Burkina Faso qu’il avait quitté en octobre 2014 à la suite d’un soulèvement populaire. Ce retour a été présenté à la fois par les autorités burkinabés, qui ont évincé manu militari Roch Kaboré du pouvoir, et les autorités ivoiriennes comme participant d’un processus de réconciliation nationale. L’ancien Président du Burkina Faso devrait participer à une rencontre réunissant tous les anciens Chefs de l’Etat. Sur les 5 anciens dirigeants pressentis pour cette rencontre, seuls messieurs Blaise Compaoré et Jean Baptiste Ouédraogo ont pu y participer. Les trois autres, chacun avec ses justificatifs et prétextes, ont décliné l’invitation.
Pire, des voies se sont levées, tant au niveau de la population que l’appareil judiciaire, pour demander l’arrestation du Président Blaise Compaoré, condamné à vie, dans l’affaire de l’assassinat de Thomas Sankara. L’initiative de la réconciliation, en elle-même, est digne d’intérêt pour le Burkina Faso et la sous-région. Cependant la conduite de celle-ci donne du crédit à l’opinion de plus en plus forte de l’opinion burkinabé et d’ailleurs qui soutient que la chute du Président Roch Kaboré sert d’autres intérêts que ceux qui étaient avancés pour justifier cette chute, dans laquelle, cette opinion voit un activisme de la Côte d’Ivoire. Cet activisme servirait, selon toujours cette opinion, à remettre en selle le régime déchu par le soulèvement populaire d’octobre 2014.

𝗘𝗻 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲, 𝗹’𝗶𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗼𝗳𝗳𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝘂𝗶-𝗺ê𝗺𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝘀𝗼𝘂𝘀-𝗿é𝗴𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱’𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗮𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝗳 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲 𝗱’𝗮𝘂𝘁𝗿𝘂𝗶. 𝗟𝗲 𝗿é𝗴𝗶𝗺𝗲 𝗶𝘃𝗼𝗶𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗮𝘂𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰é, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲, 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱𝗲 𝗕𝗹𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗖𝗼𝗺𝗽𝗮𝗼𝗿é 𝗾𝘂𝗶, 𝗹𝘂𝗶-𝗺ê𝗺𝗲, 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰é 𝗰𝗲𝗹𝘂𝗶 𝗱’𝗛𝗼𝘂𝗽𝗵𝗼𝘂ë𝘁. Or ces expériences ont laissé des séquelles quasi-indélébile, dans la conscience politique africaine. Les peuples ont de la mémoire et parfois de la rancune. Beaucoup de leaders politiques africains ou de la société civile avaient pris fait et cause pour la rébellion de 2002 pour la seule raison qu’ils se réjouissaient du fait que ce que notre pays avait semé partout en Afrique, avait fini par fleurir chez nous. Or, du fait de l’explosion des moyens de communication, les mains qui agissaient naguère dans l’ombre sont de plus en plus visibles. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, l’activisme du gouvernement ivoirien est doublement gênant. En effet, il provoque des frustrations aussi bien à l’intérieur de la Côte d’Ivoire qu’à l’extérieur de celle-ci. Les ressortissants du Burkina Faso et du Mali constituent l’écrasante majorité de la population étrangère en Côte d’Ivoire. Il serait illusoire de penser qu’ils sont insensibles à ce qui se déroule dans leurs pays. En prenant le cas particulier du Président Blaise Compaoré, il bénéficie de toutes les largesses de l’Etat ivoirien qui lui assure gîte et couvert. Il se déplace en avion de la flotte présidentielle. Cette générosité, en elle-même, ne pose aucun problème. L’hospitalité est une valeur africaine. Ce qui est gênant est que le Président Laurent GBAGBO, ancien Président de la République est rentré de son exil-prison difficilement et par un vol commercial. Il habite une résidence personnelle, à ses frais. Ne serait-ce qu’au niveau de la morale, il y a quelque chose de gênant.

La crise entre le Mali et la Côte d’Ivoire prend des proportions inquiétantes même si l’on doit se féliciter de la bonne disposition d’esprit des autorités maliennes à privilégier la solution diplomatique. C’est pourquoi :

  • Le PPA-CI et son Président saluent les initiatives diplomatiques qui ont cours actuellement et les appuient totalement.
  • Le PPA-CI demande au gouvernement la plus grande transparence dans la gestion de la crise des 49 présumés soldats ivoiriens arrêtés au Mali. Le flou qui entoure la mission de ces soldats ne sert pas la cause et l’image de notre armée.
  • Exige une enquête parlementaire sur la question et que les résultats de cette enquête soient portés à la connaissance du grand public.
  • Conseille au gouvernement ivoirien, une plus grande retenue dans la diplomatie qui doit privilégier, en toute circonstance, les intérêts immédiats et futurs de notre pays et ceux de l’Afrique.

𝗝𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗿𝗲𝗺𝗲𝗿𝗰𝗶𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝗶𝗺𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻

𝗟𝗲 𝗠𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗝𝘂𝘀𝘁𝗶𝗻 𝗞𝗮𝘁𝗶𝗻𝗮𝗻 𝗞𝗢𝗡𝗘
𝟮è𝗺𝗲 𝗩𝗶𝗰𝗲-𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗖𝗦𝗣
𝗣𝗼𝗿𝘁𝗲-𝗣𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲 𝗱𝘂 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶


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