29 septembre 2022

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PPA-CI / Suspension du processus électoral chez les femmes et les jeunes, Laurent Gbagbo soutient : « Le Comité de Contrôle n’est pas un organe méchant »

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Le président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo a convoqué, mardi une session extraordinaire du secrétariat général de son parti afin de mettre de l’ordre après la suspension du processus électoral au niveau de la ligue des femmes et des jeunes.
Pour Laurent Gbagbo, le Comité de Contrôle n’est pas un organe méchant qui vient retarder notre bonheur. Mais un organe qui rappelle que les Comités de base n’étant pas installés, on ne peut pas, selon les textes du parti, procéder aux élections.

Ci-dessous, l’intégralité du discours de Laurent Gbagbo
Merci chers camarades. Nous voici enfin à cette session extraordinaire du Secrétariat Général. Elle est élargie à tous les dirigeants, d’abord au CSP, puis à toutes les candidates et à tous les candidats des Ligues des Femmes et Jeunes.

Merci chers camarades d’avoir répondu si nombreux à ma convocation. Je ne vais pas vous décliner l’ordre du jour habituel, cette fois.
Nous nous apprêtions à faire élire les responsables de la Ligue des Femmes et de la Ligue des Jeunes quand une décision du Comité de Contrôle est tombée, nous renvoyant au respect de nos textes.
Je remercie le Comité de Contrôle qui a fait son travail.

Le Comité de Contrôle a été créée en 1990. C’était la première fois qu’un parti en Côte d’Ivoire créait un tel organe pour le respect de ses textes. Ahoua Don Mello en a été le premier président. Pour des raisons diverses, que je ne vais pas citer ici, il y a eu une véritable guerre entre lui et moi, qui en était le Secrétaire Général. On ne s’entendait pas à des périodes, souvent on s’entendait et il y’avait des conflits perpétuels. Cette situation est passée et nous avons appris à vivre avec le Comité de Contrôle. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va le tuer.

Je voudrais vraiment de mon point de vue remercier le Comité de Contrôle qui nous a renvoyé à la saine lecture de nos textes. Ce qui veut dire qu’il faille que nous fassions tous attention à ce que nous écrivons. Il faut que nous regardons ce que nous écrivons et que nous nous assurons que nous sommes suffisamment capables de respecter les prescriptions que nous écrivons. C’est la leçon principale qu’il faut tirer. Si vous écrivez une constitution et que vous y inscrivez que le candidat à la présidence devrait être mort et ressuscité, évidemment qu’au dépôt des candidatures, le Président du Conseil constitutionnel vous demandera de fournir votre certificat de résurrection. Donc il faut que ce qui est écrit soit respecté. On dit bien ce qui est écrit est écrit et ce qui est écrit est en mesure d’être respecté.

Ce n’est pas au Comité de Contrôle, la faute, mais plutôt à nous qui n’avons pas suffisamment respecté les textes. Parce que les textes c’est nous qui les avons fait et mis dans les mains du Comité de Contrôle. C’est nous au Congrès qui les avons adopté et mis à la disposition du Comité de Contrôle.

Toujours est-il qu’après la décision, il n’y a pas eu d’élections. Mon rôle en tant que Président du Parti est de faire vivre néanmoins le Parti. Il n’y a pas d’élections des Directions des Ligues des jeunes et des femmes mais la vie du parti continue et il faut que les femmes et jeunes continuent d’être organisés.

Je vous ai donc invité aujourd’hui pour vous proposer les mesures palliatives pour que malgré ces rejets, nos Ligues continuent de vivre et que nous nous donnions un délai pour répondre aux questions du Comité de Contrôle. Oui, parce qu’il faut répondre. Il faudra un jour que les bases décident et qu’ayant décidé, elles envoient des délégués qui élisent. Or tant qu’on n’a pas mis les bases, on ne peut pas répondre aux questions soulevées par le Comité de Contrôle. Nous allons donc nous donner le temps de mettre les bases.
Mesdames, (Ligues des femmes), Messieurs (Ligue des jeunes), les candidats restent candidats sauf pour ceux que le Président aura appelé à d’autres fonctions dans cet intervalle. Le processus continue jusqu’à ce que nous remplissions les conditions de l’élection régulière de nos Ligues.
Je disais que les candidates et candidats demeurent candidats. Maintenant qu’est-ce qu’on fait ? Nous avons un problème en plusieurs points :

  • Est-ce que nos bases sont toutes installées ?
  • Est-ce qu’elles sont en mesure de nous envoyer des délégués ?

M. Le President Executif, M. Le Secrétaire Général, vous avez vos appareils, vos machines, la question se pose à nous tous mais moi je la pose principalement à vous. Il faut parcourir la Côte d’Ivoire pour mettre en place les structures de base. Il faut parcourir la Côte d’Ivoire parce que tant qu’on n’aura pas les structures de base, on aura des pannes comme celle-ci. Elle est une panne dans notre fonctionnement mais elle se répétera tant qu’on n’aura pas les structures de base.

Messieurs le Secrétaire Général et Président Exécutif, il faut qu’on se batte. Il faut qu’on se batte pour que les structures de base soient installées. J’ai vu que certains font des efforts, j’ai vu Issa Malick et Soro Coton par l’intermédiaire de notre télévision ” PPA-CI TV”. Je les ai vu arpenté les terres du Nord mais il faut que tout le monde en fasse de même. Il y a des terres qui sont assez proches d’Abidjan que personne n’arpente. D’autres terres plus lointaines comme Odienné, je n’ai pas d’échos. J’ai eu l’écho de deux discours à Odienné et à Samatiguila mais depuis, silence. C’est un Silence Total. Même à Gagnoa, Guiberoua, on ne met pas les structures en place. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Pourtant il suffit d’aller là-bas en Week-end pour que les gens mettent les structures en place.

Donc les structures de bases ne sont pas mises en place, c’est ce que les décisions du Comité de Contrôle nous rappellent. Le Comité de Contrôle n’est pas un organe méchant qui vient retarder notre bonheur. Il nous dit plutôt que nos Comités de base ne sont pas installés donc on ne peut pas procéder aux élections. C’est simple à comprendre.

Il y a aussi le Comité Electoral qui doit faire son travail mais qui ne peut le faire que si l’engrais est mis en terre. On ne peut pas l’enjamber et dire qu’on a mis des comités sur place.

On dit l’élection présidentielle va avoir lieu en Côte d’Ivoire et que le Président de la CEI est allé en vacances. Mais ça ne fait rien, on fera quand même les élections. Vous comprenez ça ? Mais nous allons tous crier au scandale. Le Comité Électoral, il faut qu’on le mette au travail chers amis. Il faut le mettre au travail. Mais pour qu’on le mette au travail, il faut que l’engrais soit mis en terre.

Nous étions prêts, je m’étais retiré d’Abidjan exprès, je croyais pouvoir échapper à la tourmente des élections des dames et des jeunes.

Après la visite à l’ouest, je me suis arrêté chez moi au village. J’ai pris quelques jours de vacances, précisément les jours où les élections devraient avoir lieu. Mais finalement, rien ne s’est passé parce que le Comité de Contrôle est venu nous rappeler à l’ordre.

Cher camarade de l’Ecole du Parti, il faut multiplier tes cours pour que tout le monde comprenne ce que sont les statuts et le Règlement intérieur. Je me réjouis que tu veuilles lancer tes activités, c’est bien mais je crois que le nouveau départ, que nous avons pris en lançant ce parti ne soit un bon départ. Il faut que ce soit un bon départ. Il faut que nous fassions les choses dans l’ordre. Ce sont les choses dans l’ordre qui nous ont permis d’arriver au pouvoir. Parce que pour certains nous ne devrions jamais arriver au pouvoir, étant donné que nous n’étions pas des gens du premier cercle des gens du pouvoir. Avant il y avait le pouvoir et les autres citoyens. Il y avait les uns et les autres et nous nous étions les autres. Mais on s’est battu pendant longtemps pour que les textes soient respectés. La première constitution de Côte d’ivoire, en son article 7, prévoyait le multipartisme donc nous avons crié qu’il faut respecter la Constitution. A force de crier, on a fini par nous entendre. Quand vous écrivez dans la Constitution qu’il faut que le pluralisme et la démocratie existent, vous ne pouvez plus empêcher quelqu’un de parler de la Constitution. Vous ne pouvez plus empêcher quelqu’un de dire qu’il veuille le pluralisme. C’est vous qui avez écrit pas lui. Moi j’avais 15 ans en 1960.

Donc il faut bien écrire ce qu’on écrit. Il faut bien enseigner ce qui est écrit et ainsi le Comité de Contrôle n’aura pas de travail. Si tout est clair et que nous marchons clairement selon les textes écrits, il ne vont plus nous embêter, si tant est qu’ils nous embêtent.
Je voudrais vraiment dire Merci au Comité de Contrôle. Ce qui nous permet de faire cette réunion et de mettre les choses au clair.

Mais avant de faire les propositions, j’aimerais dire Merci à nos camarades du Pays Wê, du Cavally et du Guémon. La visite de compassion que nous avons faite là-bas a d’abord montré la vitalité de notre parti dans cette région et a montré aussi que les gens ont souffert de ce côté de la Côte d’Ivoire. Ils ont souffert plus que d’autres qui crient à la victimisation. Les camarades de là-bas se sont organisés, ont travaillé pour que chaque minute que nous avons passé soit rentabilisée. Je vous remercie. J’ai fait un communiqué pour vous remercier mais pour la première fois que nous nous rencontrons, il est bon de le dire. Tous les camarades qui étaient là-bas avec nous ont vu. Je vous remercie.

Il nous faut maintenant régler un problème de calendrier. Les dames auront leur élection, les jeunes auront leur élection mais les élections qui devraient avoir lieu ont été suspendues. Donc apres réflexion, je donne au maximum 06 mois à la Direction du parti pour mettre toutes les structures de base en place. Je vous donne 06 mois pour qu’on soit dans les normes. Mais en attendant, il va falloir que les Ligues soit dirigées.

Nous allons donc mettre des directions de transition chez les jeunes, comme chez les femmes. Cette transition va durer 06 mois. Si au bout de 06 mois, nous nous rendons compte que ce n’est pas effectif, on renouvellera une seule fois. Et je l’espère pour une seule fois.

Pour cela, j’ai pris des contacts, j’a discuté avec les uns et les autres, les jeunes et les femmes pour nommer des directions de transition qui vont se charger de mettre en place les structures de base. Mais Attention ! Les membres de Direction de transition ne pourront plus être candidats. J’ai été clair dessus dans les discussions que j’ai menées. Tout simplement pour des problèmes moraux.

Ainsi pour la Ligue des Femmes, je vous propose en qualité de présidente intérimaire, la camarade Apo Gisèle Yapi, de 1ère vice-présidente intérimaire, la camarade Namizata Fofana et 2ème vice-présidente et porte-parole intérimaire, la camarade Ipou Jocelyne épouse Agodio.

Pour la Ligue des jeunes, je vous propose comme Présidente intérimaire, la camarade Lagui Zade Eden Nova. Elle, nous compléterons avec elle pour former un bureau intérimaire.

Voilà les propositions que je suis venu vous faire ce matin. Il s’agit de Directions de 6 mois. Il faut bien entendre. On ne nomme pas ici les présidents. Ce sont des Présidences intérimaires de 06 mois.

Pendant ce temps, le travail sur le terrrain devra se faire et au bout de 6 mois on doit avoir le résultat.

Donc voilà, chers amis, chers camarades, voici ce que je voulais vous annoncer. Je demande aux camarades choisis de se mettre immédiatement au travail, dès la fin de cette réunion, avec la Direction du Parti, le Secrétariat Général, le Comité Electoral.

LKD


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