Sénégal : Sonko raconte les coulisses de son éviction et confirme la non-participation du Pastef au gouvernement

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Près de deux semaines après son départ de la Primature, Ousmane Sonko est sorti de son silence. Lors d’une conférence de presse organisée le 2 juin à Dakar, le président de l’Assemblée nationale est revenu en détail sur les circonstances de son limogeage par le président Bassirou Diomaye Faye et a officialisé le refus du Pastef d’intégrer le nouveau gouvernement dirigé par Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô.

Devant la presse, le leader du Pastef a expliqué que les discussions engagées avec le chef de l’État avant la formation du nouveau gouvernement n’avaient pas permis d’aboutir à un accord politique.

Selon lui, le président Faye n’aurait proposé à son parti que sept portefeuilles ministériels sur trente, dont aucun ministère de souveraineté. Une offre jugée insuffisante au regard du poids politique du Pastef, qui dispose de 130 députés sur les 165 que compte l’Assemblée nationale.

« Nous ne commandons pas des postes ministériels », a insisté Ousmane Sonko, tout en estimant que son parti ne pouvait cautionner un gouvernement dans lequel il ne disposerait pas d’une représentation significative.

Revenant sur son départ de la Primature, il a affirmé avoir, à plusieurs reprises, proposé lui-même de rejoindre la présidence de l’Assemblée nationale après les élections législatives. Une option qui aurait été rejetée par le chef de l’État.

« Ta place est à côté de moi dans l’exécutif », lui aurait répondu Bassirou Diomaye Faye à plusieurs reprises, selon son récit.

Ousmane Sonko affirme avoir appris officiellement son éviction lors d’un entretien au Palais présidentiel le 22 mai avant que le décret mettant fin à ses fonctions ne soit publié quelques heures plus tard.

Le dirigeant politique a également dénoncé les tentatives de rapprochement entreprises, selon lui, par la présidence auprès de certains ministres issus du Pastef après son départ du gouvernement.

« Pastef a zéro ministre dans ce gouvernement. Ceux qui sont restés y sont pour leur propre compte », a-t-il déclaré, prenant ses distances avec les membres du parti qui ont accepté de poursuivre leur collaboration avec le nouvel exécutif.

Malgré ses critiques, le président de l’Assemblée nationale a exclu toute motion de censure contre le gouvernement Lô.

« Dans soixante-douze heures, ce gouvernement peut tomber. Mais nous ne le censurerons pas », a-t-il affirmé, invoquant la nécessité de préserver la stabilité du pays et de rassurer les partenaires économiques du Sénégal.

Par ailleurs, Ousmane Sonko a identifié plusieurs sujets de désaccord avec la présidence, notamment la gestion de la dette publique, les discussions avec le FMI, le coût de la vie, la révision des contrats stratégiques et la gouvernance du secteur judiciaire.

À quelques jours du premier congrès du Pastef prévu le 6 juin, le leader du parti a appelé ses militants au calme et à la discipline, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre le combat politique dans le cadre des institutions. Cette nouvelle configuration ouvre une période inédite de cohabitation politique entre un président de la République et une majorité parlementaire dominée par le parti de son ancien Premier ministre.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

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