Conflit Israël-Iran : Dah Sansan Dihignité appelle à une pensée géopolitique africaine

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Le président de la Mission des Consciences Citoyennes (MICOCI), Dah Sansan Dihignité, s’est exprimé sur la montée des tensions entre Israël et Iran. Dans une publication faite ce mardi 10 mars sur sa page officielle, il livre une réflexion sur les mutations de l’ordre mondial et la place de l’Afrique dans les débats géopolitiques contemporains.

Pour l’auteur, le conflit entre les deux États comporte une dimension religieuse et idéologique qui nourrit les tensions.

« Deux pays qui se revendiquent de théocraties fondatrices de leurs États respectifs se font la guerre sans vergogne ; et en ce mois de jeûne, la gangue d’une guerre sainte peut faire idée. Voilà nous comptons des victimes par milliers en seulement quelques jours », a-t-il écrit.

Dans son analyse, Dah Sansan Dihignité remet en question l’idée selon laquelle la démocratie libérale constituerait l’aboutissement du développement politique mondial, thèse popularisée par le politologue américain Francis Fukuyama.

« Il nous faut affirmer clairement en préambule intellectuelle de l’exégèse sur la guerre entre Israël et l’Iran que Francis Fukuyama ne peut pas avoir raison, la démocratie libérale ne peut pas être la fin de l’histoire », estime-t-il.

À ses yeux, les tensions actuelles semblent plutôt confirmer l’analyse du chercheur Samuel Huntington, qui évoquait dès 1992 un possible choc des civilisations.

« Bien au contraire, il me semble que la théorie du choc des civilisations comme le prédisait Samuel Huntington en 1992 est crédible », soutient-il.

Évoquant la place de l’Afrique dans cette recomposition géopolitique mondiale, Dah Sansan Dihignité regrette que les réflexions de plusieurs intellectuels africains n’aient pas été suffisamment transformées en doctrines stratégiques.

Il cite notamment les contributions de Kwame Nkrumah, de Léopold Sédar Senghor et de Cheikh Anta Diop.

« Le problème est que ces pensées n’ont pas toujours été transformées en théories géopolitiques d’une vision du monde que nous pouvons mettre dans nos manuels scolaires », a-t-il regretté.

À travers cette tribune, le président de la MICOCI invite les intellectuels et décideurs africains à repenser le rôle du continent dans un monde en mutation, afin de proposer une vision stratégique capable de répondre aux grands défis internationaux.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

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