Forum mondial de Barcelone : le PPA-CI plaide pour une refondation démocratique et sociale en Afrique

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La question de l’avenir des démocraties africaines et du rôle des forces progressistes dans la gouvernance mondiale s’est invitée au cœur du forum mondial « Global Progressive Mobilisation » tenu à Barcelone. Intervenant au nom du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), son président exécutif, Sébastien Dano Djédjé, a livré un plaidoyer en faveur d’un modèle politique plus équitable et souverain.

D’entrée, l’émissaire du parti fondé par l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a transmis « les salutations du président Laurent Gbagbo », saluant une initiative visant à « proposer une alternative crédible à une gouvernance mondiale fondée sur la domination ».

Dans son intervention, Sébastien Dano Djédjé a dressé un diagnostic critique des systèmes politiques africains. « La démocratie n’existe pas encore en Afrique au sens noble du terme, ou du moins, nos démocraties sont en crise », a-t-il affirmé, soulignant que malgré l’avènement du multipartisme, « nous sommes encore à la recherche d’une véritable démocratie ».

Selon lui, les institutions héritées de la colonisation peinent à répondre aux attentes des populations, notamment en matière de justice sociale et de confiance citoyenne. « La liberté ne se résume pas au droit de vote : c’est aussi pouvoir vivre dignement », a-t-il insisté, ajoutant que « sans égalité réelle, la liberté devient un privilège ».

Le président exécutif du PPA-CI a également dénoncé le décalage entre les performances macroéconomiques et le vécu des populations africaines. « On annonce des taux de croissance de 7 à 8 %, mais le citoyen ne le ressent pas dans son assiette. C’est la cherté de la vie », a-t-il relevé.

Dans cette perspective, il a appelé à une transformation profonde des politiques publiques, fondée sur la solidarité et la redistribution. « Il est impératif de passer du discours à l’action concrète : transformer les revendications sociales en politiques publiques », a-t-il plaidé, évoquant la nécessité d’investissements sociaux massifs et de programmes économiques inclusifs.

Abordant la situation politique en Côte d’Ivoire, Sébastien Dano Djédjé est revenu sur le parcours de Laurent Gbagbo, évoquant son éviction du pouvoir en 2010, son transfèrement à la Cour pénale internationale et son acquittement en 2021. Il a également dénoncé son exclusion de l’élection présidentielle de 2025, qu’il attribue à « un procès instrumentalisé ».

Pour l’intervenant, « la démocratie en Afrique est sous cloche », influencée par des intérêts extérieurs, alors qu’elle devrait être « le couronnement des textes que nous avons nous-mêmes rédigés ».

En conclusion, il a appelé les forces progressistes à s’unir autour d’un projet commun : « La gauche doit proposer un modèle alternatif, cohérent et crédible (…) pour aboutir à un développement centré sur l’humain, la souveraineté et un modèle économique plus équitable ».

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

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