Valorisation de l’attiéké : restaurateurs et chercheurs unissent leurs efforts

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Dans le cadre des échanges scientifiques de l’UFR des Sciences et Technologies des Aliments, chercheurs et professionnels de la restauration ont mis en lumière les enjeux de valorisation de l’attiéké des lagunes, produit emblématique du patrimoine culinaire ivoirien. C’était le 5 mars 2026, à l’Université Nangui Abrogoua d’Abobo-Adjamé.

Les professionnels du secteur de la restauration spécialisés dans l’attiéké ont pris une part active aux échanges scientifiques organisés par l’Unité de Formation et de Recherche en Sciences et Technologies des Aliments (UFR-STA) dénommée Pause Sta, de l’Université Nangui Abrogoua à Dabou.

Cette session accueillie par le Laboratoire de biochimie alimentaire, des technologies et des produits tropicaux, a été consacrée à la valorisation de l’attiéké des lagunes, un produit phare du patrimoine alimentaire ivoirien.

Parmi les invités de marque figuraient l’Association nationale des restaurateurs de kiosques à attiéké de Côte d’Ivoire (ANAREKA-CI) et le Syndicat national des restaurateurs de kiosques à attiéké de Côte d’Ivoire (SINAREK-CI). Les deux organisations, conduites par leur directrice générale commune, Mme Eynoux Ezia, ont mobilisé une forte délégation de restaurateurs et gestionnaires de kiosques, communément appelés « garbadromes ».

Pour Mme Eynoux Ezia, cette rencontre scientifique constitue une opportunité majeure pour les acteurs du secteur. « Cette rencontre nous a permis de mieux connaître l’attiéké. Conscients de son importance dans la culture et l’économie ivoiriennes, nous avons fixé des objectifs pour promouvoir et valoriser ce mets traditionnel, tout en mettant l’accent sur la qualité et la sécurité sanitaire de nos établissements », a-t-elle indiqué.

Soulignant le rôle de l’ANAREKA-CI dans le renforcement des compétences des restaurateurs, tandis que le SINAREKA-CI œuvre à la défense des droits et des intérêts des professionnels.

Selon elle, le secteur représente un véritable réseau économique à l’échelle nationale.

«Dans chaque commune, on compte plus de 2 000 vendeurs de garba, sans compter ceux qui proposent d’autres variantes d’attiéké accompagnées de poisson, de poulet ou d’autres mets », a-t-elle précisé.

La conférence principale de cette rencontre a été animée par le professeur Charlemagne Nindjin autour du thème : « Plan de conservation de l’attiéké des lagunes ». Le chercheur a rappelé qu’au début de l’année 2023, l’attiéké des lagunes a obtenu un label de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), une reconnaissance qui protège et valorise ce produit issu notamment des zones de Grand-Lahou, Dabou, Jacqueville et Abidjan.

«Après cette labellisation, il est essentiel de promouvoir l’attiéké, afin qu’il soit vendu à sa juste valeur, au même titre que des produits comme le vin de Bordeaux ou le champagne », a-t-il expliqué.

Pour les acteurs du secteur comme pour les chercheurs, les défis sont désormais clairs : structurer la filière, améliorer la qualité des produits et renforcer leur promotion à l’échelle nationale et internationale.

Les participants ont également mis en lumière certaines insuffisances, notamment en matière d’emballage et de conservation. « Nous avons beaucoup appris, notamment sur la labellisation de l’attiéké.

Aujourd’hui, il est protégé, mais il reste des efforts à faire, notamment sur les emballages qui ne sont pas encore adaptés », a confié Mme Neubavi Badjo Colette, présidente du groupe IGP de l’Attiéké des lagunes.

Grâce aux conditions climatiques favorables, la production de manioc, matière première de l’attiéké, peut être assurée tout au long de l’année. Offrant ainsi un potentiel important pour le développement de la filière.

La participation active de l’ANAREKA-CI et du SINAREKA-CI à ces échanges témoigne de la volonté des professionnels de collaborer étroitement avec le monde de la recherche, afin de consolider la place de l’attiéké dans l’économie et la gastronomie ivoiriennes.

Frimo KD.D

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