La dissolution de la Commission électorale indépendante continue de susciter des réactions au sein de la société civile ivoirienne. Dans une déclaration rendue publique jeudi depuis Washington DC, la Fondation ivoirienne pour l’observation et la surveillance des droits de l’homme et de la vie politique (FIDHOP) a appelé les acteurs politiques et les citoyens à une « vigilance accrue » face aux implications de cette décision.
La dissolution de la CEI a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 6 mai 2026 par le porte-parole du gouvernement, au moyen d’une ordonnance signée par le président Alassane Ouattara.
Selon le gouvernement, cette mesure intervient « au regard des réserves relevées à l’endroit de cette institution, ainsi que des critiques dont elle a fait l’objet » de la part de l’opposition politique et de certaines organisations de la société civile.
Dans sa déclaration, la FIDHOP remet en cause la légalité de cette dissolution, estimant que la CEI ayant été créée par une loi, seule l’Assemblée nationale était habilitée à mettre fin à son existence.
« Cette dissolution est caractéristique du mépris des règles républicaines », affirme l’organisation présidée par Boga Sako Gervais, qui évoque également « un manque de considération à l’égard du peuple ivoirien ».
L’organisation dit par ailleurs craindre que cette décision ne prépare une nouvelle architecture électorale favorable au pouvoir en place. Elle s’interroge notamment sur « les vraies motivations » de cette dissolution et évoque des soupçons autour d’une éventuelle préparation de succession politique.
La FIDHOP souligne également que la révision de la liste électorale de 2025 n’était pas arrivée à son terme au moment de la dissolution de la CEI, laissant selon elle plusieurs dossiers sensibles en suspens, notamment ceux liés à la radiation de certains opposants politiques.
L’ONG s’est aussi inquiétée de la nomination de l’ancien président de la CEI, Ibrahim Coulibaly-Kuibiert, à la tête du Conseil d’État, institution chargée du contentieux électoral administratif.
Malgré ses réserves, la FIDHOP estime que cette dissolution peut constituer « une opportunité salvatrice pour la démocratie et pour une paix durable en Côte d’Ivoire », à condition qu’elle débouche sur des réformes consensuelles.
L’organisation appelle ainsi à la tenue « de véritables assises nationales sur le système électoral » afin de mettre en place « un organe consensuel au-dessus de tous soupçons ».
La FIDHOP a également plaidé pour la libération des personnes détenues dans le cadre des différentes crises électorales et rendu hommage aux victimes des violences politiques survenues depuis 2010.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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