Marine marchande ivoirienne / Le RASMOMM dénonce la précarité des marins et réclame une réforme structurelle

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Le Mouvement RASMOMM est monté au créneau à la suite du communiqué publié le 5 mai 2026 par la Direction Générale des Affaires Maritimes (DGAM).

Dans une déclaration rendue publique le 6 mai à Abidjan, l’organisation représentant les forces vives de la Marine marchande ivoirienne a tenu à apporter plusieurs clarifications sur la situation des marins et les réformes qu’elle appelle de ses vœux.

Le mouvement affirme prendre acte du rappel fait par la DGAM concernant le statut privé des marins ivoiriens. Toutefois, il estime que cette réalité justifie davantage la nécessité d’une administration spécialisée capable de répondre aux exigences de l’industrie maritime internationale, notamment dans les secteurs du commerce, de la pêche et de l’offshore.

Pour le RASMOMM, le marin ivoirien doit être considéré comme un acteur stratégique de l’économie nationale et non comme un simple usager.

Abordant la question salariale, le mouvement reconnaît les efforts consentis avec la revalorisation du salaire minimum des marins à 250 000 F CFA. Cependant, il juge ce montant insuffisant au regard des standards de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), fixés à environ 673 dollars américains, soit entre 400 000 et 420 000 F CFA. Le RASMOMM rappelle par ailleurs que cette avancée est le résultat des luttes syndicales menées par la coalition regroupant le SYMAPECI et l’UMPCI, organisations affiliées au mouvement.

Concernant les titres maritimes, le mouvement relativise les 886 signatures annoncées par la DGAM depuis janvier 2026. Selon lui, le véritable problème demeure les longs délais d’attente auxquels sont confrontés de nombreux marins. Certains dossiers resteraient bloqués pendant plusieurs mois, empêchant ainsi les embarquements et privant des familles de ressources essentielles.

Le RASMOMM plaide donc pour une digitalisation complète du système à travers la création de la Direction Autonome de la Marine Marchande (DIAMM). Cette structure, soutient-il, permettrait de réduire les délais administratifs et de favoriser un meilleur placement des marins dans les différents secteurs d’activités maritimes.

Le mouvement insiste également sur l’urgence sociale que représente la situation des quelque 8 500 marins ivoiriens confrontés à la précarité. Il estime que la création de la DIAMM constitue une réponse structurelle aux difficultés du secteur, conformément aux résolutions issues des séminaires de Yamoussoukro en 2011 et de Grand-Bassam en 2022.

Tout en réaffirmant son attachement aux principes républicains, le RASMOMM dit faire confiance au ministre délégué auprès du ministre des Transports et des Affaires maritimes pour porter ses préoccupations auprès du Président de la République. Dans cette dynamique, une audience de travail avec le cabinet duq ministre délégué est annoncée pour le 12 mai 2026.

En conclusion, le mouvement appelle les marins au calme et à la sérénité, tout en affirmant que la modernisation de la profession maritime ivoirienne est désormais engagée.

SD

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