RAPDP/Abidjan accueille la 9e Conférence

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Le rideau s’est levé le 18 mai 2026 à Abidjan sur la 9e Conférence du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAPDP). Durant ce rendez-vous historique, vingt-quatre délégations africaines et des experts internationaux se penchent sur l’avenir de la souveraineté numérique du continent, avec une ambition claire : bâtir une régulation forte sans freiner l’élan d’innovation.

Cet événement a une triple portée. La raison, en plus de la 9e Conférence Internationale du réseau, la communauté numérique célèbre les dix ans d’existence du RAPDP, un anniversaire qui sera couronné par son Assemblée Générale annuelle. Pour la Côte d’Ivoire, ce moment revêt une charge symbolique majeure : il marque la première sortie officielle du nouveau Conseil de Régulation de l’ARTCI (Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC), installé seulement quelques jours plus tôt, en mai 2026.

Sous le parrainage des ministères ivoiriens de l’Intérieur et de la Transition Numérique, ce sommet se tient dans un contexte d’accélération fulgurante des usages technologiques en Afrique.

Le grand défi de l’harmonisation africaine

Au centre des débats figure le thème crucial de la régulation des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle et le cloud. Pour les autorités africaines, la protection des données ne doit plus être perçue comme un frein ou une contrainte administrative, mais bien comme un vecteur de confiance et de développement.

« Réguler ne signifie pas bloquer ou ralentir. Réguler signifie créer un cadre clair, équitable, protecteur et prévisible », a fait savoir Djibril Ouattara, ministre ivoirien de la Transition numérique.

Il a en outre insisté sur la nécessité de concilier innovation, développement économique et protection des citoyens, tout en appelant tous les acteurs africains de la protection des données personnelles à dépasser les logiques nationales pour construire une vision continentale cohérente.

Pour sa part, M. Hiro Adamou, le président du Réseau Africain des Protections des Données Personnelles (RAPDP) a déclaré : « Si plus de trente-cinq pays africains se sont dotés d’une législation dédiée, la fragmentation juridique persiste. L’Afrique francophone affiche une avance formelle, mais l’application des lois demeure inégale d’une région à l’autre. Cette faille fragilise les flux transfrontaliers face à des géants du net et des cybermenaces par nature transnationaux. L’urgence est donc au dépassement des barrières linguistiques et à l’harmonisation des procédures de contrôle et de sanction afin que l’Afrique puisse enfin parler d’une seule voix ».

A l’en croire, pour l’horizon 2027-2030, les priorités africaines sont désormais tracées : intégrer la protection des données au cœur de la gouvernance numérique, imposer des audits réguliers sur la biométrie, et faire du continent un producteur de normes respectées à l’échelle mondiale.

La Côte d’Ivoire en modèle de progression continu

Pays hôte de l’événement, la Côte d’Ivoire entend bien se positionner comme le carrefour régional de la confiance numérique. Forte de la loi pionnière du 19 juin 2013, l’ARTCI a égrainé treize années d’actions continues : campagnes de sensibilisation en 2015, contrôles de conformité en 2022 et déploiement de normes simplifiées en 2025 pour la vidéosurveillance.

Le Président du Conseil de régulation de l’ARTCI, Roger Félix Adom a recentré le débat sur l’essentiel : la dimension humaine de la donnée. Il a rappelé que la donnée personnelle touche à la vie privée, à l’identité, à la dignité, à la liberté et à la sécurité des individus. C’est pourquoi il a réaffirmé l’engagement de son institution à conduire une régulation à la fois protectrice et incitative, capable d’accompagner les acteurs publics et privés vers la conformité.

En 2026, l’innovation ivoirienne s’est matérialisée par la création du Fichier national des correspondants, visant à encadrer les responsables internes des données au sein des secteurs public et privé. Ce bilan solide appuie légitimement la candidature de la Côte d’Ivoire à la Vice-Présidence du réseau.

AK

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