Alors que les opérations de libération des emprises publiques se poursuivent à Abidjan, le mouvement politique ’’Force aux Peuples’’, par la voix de son vice-président et porte-parole principal, Marc Sinclair Assohou, monte au créneau.
Dans une déclaration officielle, l’organisation fustige la méthode du gouvernement actuel et pointe du doigt les conséquences sociales dramatiques de ces déguerpissements à Yopougon Siporex à Yopougon et à Vridi à Port-Bouët.
Les bulldozers en action à Yopougon Siporex et à Vridi ne cessent de faire couler de l’encre. Pour le mouvement ’’Force aux Peuples’’, ces opérations mettent en lumière « la nature profondément inégalitaire de la gouvernance actuelle en Côte d’Ivoire ».
Selon son porte-parole, Marc Sinclair Assohou, la politique de modernisation urbaine menée sous le président Alassane Ouattara ciblerait prioritairement les franges les plus vulnérables de la capitale économique : petits commerçants, acteurs de l’informel, jeunes débrouillards et familles précaires.
L’organisation y voit le reflet d’un arbitrage biaisé en faveur des plus nantis. «L’organisation de la ville reflète toujours les rapports de domination et les intérêts des groupes les plus puissants», affirme la déclaration.
Le mouvement rappelle par ailleurs la responsabilité de l’État qui, faute de politiques industrielles et de logements sociaux suffisants, a longtemps «toléré, et parfois même organisé indirectement, l’expansion de l’informel urbain », avant de requalifier aujourd’hui ces mêmes populations en « occupants illégaux ».
Le choc entre ’’vitrine urbaine’’ et détresse populaire
Tout en reconnaissant que l’anarchie ne peut être érigée en système et que les défis d’assainissement, de sécurité et de circulation sont bien réels, ’’Force aux Peuples’’ critique vivement l’absence d’un filet social pour accompagner ces mutations de la ville.
«Le pouvoir veut une ville moderne sans avoir construit les bases économiques et sociales capables d’intégrer dignement les masses populaires dans cette modernité. Il veut l’esthétique des grandes métropoles mondiales tout en conservant un modèle économique dépendant qui produit chômage, informalité et précarité », opine Marc Sinclair Assohou
Sur le terrain, les conséquences de ce que le mouvement qualifie de « logique technocratique » sont lourdes : familles dispersées, commerces et outils de travail détruits, citoyens plongés du jour au lendemain dans la précarité.
Pour le parti, une telle approche crée une « fracture dangereuse entre l’État et les masses populaires », menaçant la stabilité à long terme du pays.
Les exigences de Force aux Peuples : Pour un dialogue et des mesures d’accompagnement
Face à ce constat, Marc Sinclair Assohou et ses pairs estiment qu’une « modernisation authentiquement populaire » aurait dû s’appuyer sur des concertations transparentes, des indemnisations sérieuses, des relogements préalables et la création de marchés de remplacement.
En signe de solidarité avec les déguerpis de Siporex et de Vridi, le mouvement formule quatre exigences majeures à l’endroit des autorités : la suspension immédiate des opérations menées sans garanties sociales suffisantes, l’ouverture d’un dialogue direct avec les communautés et quartiers impactés, le déploiement de mécanismes d’indemnisation et de relogement dignes pour les victimes.
Une refondation globale des politiques urbaines axée sur la justice sociale.
«L’histoire enseigne qu’aucune modernisation durable ne peut prospérer sur les ruines sociales des classes populaires », conclut le communiqué de ’’Force aux Peuple’’.
Reste à savoir si cet appel à la trêve et à la concertation sera entendu par les autorités municipales et gouvernementales, alors que le visage d’Abidjan continue de se transformer à marche forcée.
A.K

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