Crise Alger–Paris : Abdelmadjid Tebboune hausse le ton et dénonce des pressions économiques

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a de nouveau affiché la fermeté d’Alger face aux tensions diplomatiques avec la France, insistant sur la souveraineté nationale et la défense des intérêts économiques du pays.

Lors d’un entretien avec des médias nationaux diffusé le 7 février, le chef de l’État a évoqué une crise persistante dans les relations bilatérales, évitant toutefois de nommer directement Paris. Il a néanmoins multiplié « les messages fermes sur la souveraineté nationale et les relations bilatérales ».

Questionné sur la récente visite de Ségolène Royal, Abdelmadjid Tebboune a salué « son courage, son honnêteté intellectuelle et sa franchise », ajoutant qu’elle était « la bienvenue » en Algérie.

Dans le même temps, le président algérien a accusé un partenaire européen d’entraver les négociations entre Alger et l’Union européenne et de mener une « guerre » économique, citant notamment les restrictions liées aux exportations d’acier.

Il a fait remarquer que les quotas d’exportation vers l’Europe sont rapidement atteints, alors que l’Algérie demeure un important importateur de produits européens, une situation qu’il semble juger déséquilibrée.

Les tensions entre les deux pays ne sont pas nouvelles. Elles s’inscrivent dans un climat diplomatique régulièrement agité, alimenté par des différends politiques, économiques et mémoriels.

En réaffirmant ses lignes rouges, Abdelmadjid Tebboune envoie un signal clair : l’Algérie entend préserver son autonomie décisionnelle tout en redéfinissant les contours de sa coopération internationale, notamment avec la France. Une posture qui pourrait peser sur l’évolution future des relations entre les deux rives de la Méditerranée.

Séverin Konan

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