Lutte contre la résistance antimicrobienne en Afrique/L’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire lance une formation sur le séquençage génomique

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Le lundi 8 décembre 2025, l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire sis à Adiopodoumé, route de Dabou a abrité la cérémonie de lancement d’une formation sur le séquençage génomique.

Cette cérémonie a eu lieu en présence du professeur Bamba Aboudramane, directeur de la recherche au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Cette formation financée par le projet ComBac-Afrique, est un programme prévu pour durer quatre ans et comprend plusieurs volets de travail (Work Packages), dont un confié à l’IPCI (Institut Pasteur de Côte d’Ivoire) “WP2” et un autre au centre Suisse “WP6”.

En effet, l’objectif principal de ce projet est d’améliorer la prise en charge des infections sévères causées par des bactéries multirésistantes. Cela passe par une utilisation plus rationnelle des antibiotiques, l’élaboration d’algorithmes diagnostico-thérapeutiques adaptés aux réalités africaines, ainsi que par un accès encadré aux nouveaux antibiotiques testés dans le cadre d’essais cliniques menés par le consortium.

Le professeur Bamba Aboudramane a souligné l’intérêt crucial de cette formation : « La résistance antimicrobienne constitue aujourd’hui l’une des menaces sanitaires les plus préoccupantes à l’échelle mondiale. »

Il a par ailleurs, fait remarquer la pertinence du choix de l’IPCI pour dispenser cette formation, rappelant que l’institut s’est imposé depuis plusieurs décennies comme un acteur clé dans la surveillance microbiologique en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest. « Malgré ces acquis, face aux nouveaux défis et aux menaces actuelles, il est indispensable de renforcer les compétences, de partager les savoirs, d’harmoniser les approches et de bâtir un réseau de professionnels capables d’affronter ces défis » a-t-il indiqué.

Pour sa part, le professeur Méité Syndou, directeur de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, après avoir souhaité la bienvenue aux formateurs et aux participants venus d’Afrique et d’Europe, a déclaré : « La résistance antimicrobienne n’est plus une menace lointaine. Elle est désormais au cœur du quotidien dans nos hôpitaux et nos laboratoires.»

Il a en outre rappelé qu’en 2019, la mortalité liée aux infections résistantes dans la région était estimée à 23,5 décès pour 100 000 habitants. Les bactéries Gram négatif multirésistantes telles qu’ E. coli, K. pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa ou Acinetobacter baumannii sont aujourd’hui responsables d’infections difficiles à traiter.

Poursuivant, le professeur Méité Syndou a insisté sur le fait que la lutte contre la résistance antimicrobienne ne se limite pas à une question technique : c’est un enjeu de santé publique majeur, nécessitant une collaboration étroite entre microbiologistes, cliniciens, épidémiologistes, responsables de la santé publique et partenaires internationaux.

Faut-il le rappeler, la formation, qui se déroule sur quatre jours, réunit une vingtaine de participants originaires de trois pays africains : la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau et le Nigeria. Elle est animée par des formateurs issus de la Côte d’Ivoire, de la Suisse, de l’Allemagne et de l’Italie.

BS avec Sercom

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