Entré en vigueur ce lundi, le blocus naval ordonné par le président américain Donald Trump sur l’ensemble des navires à destination ou en provenance des ports iraniens montre déjà ses limites. Selon des données de suivi maritime de Kpler, recoupées par le New York Times, BBC Verify et MarineTraffic, au moins deux à quatre tankers liés à l’Iran ont franchi le détroit d’Ormuz dans les heures qui ont suivi l’annonce.
Des navires de la « shadow fleet » poursuivent leur route
Parmi les bâtiments ayant ignoré le dispositif figurent le Christianna, qui avait précédemment fait escale au port iranien de Bandar Imam Khomeini, le Rich Starry, un tanker chinois déjà sanctionné par Washington pour ses liens avec le pétrole iranien et parti de Sharjah aux Émirats arabes unis, ainsi que l’Auroura, battant pavillon panaméen et transportant du naphta iranien sous sanctions.
Alors que plusieurs navires commerciaux ont fait demi-tour ou évitent la zone par crainte de représailles, ces pétroliers appartenant à ce que les analystes nomment la « shadow fleet » ont maintenu leur cap, transitant par le détroit d’Ormuz, l’un des corridors maritimes les plus stratégiques au monde.
Un dispositif américain mis à l’épreuve
Décrété par Donald Trump, le blocus vise à asphyxier économiquement Téhéran en bloquant ses exportations d’hydrocarbures. Mais le passage de ces premiers navires souligne la difficulté de faire appliquer un embargo total sur une voie par laquelle transite près de 20% du pétrole mondial et 30% du gaz naturel liquéfié.
Les experts en sécurité maritime relèvent que la « shadow fleet », composée de vieux pétroliers aux propriétaires opaques et changeant fréquemment de pavillon, rend toute interdiction complexe à mettre en œuvre. L’absence d’arraisonnements lors de ces premiers passages pose la question des règles d’engagement fixées par Washington et des risques d’escalade en cas d’intervention.
À peine instauré, le blocus naval américain contre l’Iran se heurte à la réalité du trafic maritime dans le Golfe. La poursuite des traversées par des tankers liés à Téhéran illustre les défis opérationnels et diplomatiques d’une telle mesure. La réaction de l’administration Trump dans les prochaines 48 heures sera déterminante pour la crédibilité du dispositif et pour la stabilité du détroit d’Ormuz.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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