Après la parodie d’élection présidentielle du 25 octobre dernier, les élections législatives se tiendront le 27 décembre 2025, en Côte d’Ivoire.
Si certains partis et groupements politiques ont décidé de prendre part à ces élections, malgré des conditions peu rassurantes en termes de transparence, d’autres partis politiques refusent d’y participer.
C’est le cas du parti Force aux Peuples qui vient de donner sa position relativement à ces législatives.

En effet, à travers un communiqué dont copie nous est parvenue, le parti Force aux Peuples, à l’instar du PPA-CI, a réitéré sa non-participation au processus électoral en cours en Côte d’Ivoire.
Vazoumana Fondio, le président exécutif de ce parti en donne les raisons : « Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous refusons de devenir complices de ce que nous avons clairement dénoncé lors de la présidentielle : à savoir un processus verrouillé ; un arbitre choisi par le pouvoir ; des institutions instrumentalisées pour fabriquer la victoire d’avance ; un parrainage citoyen subjectif, utilisé comme un moyen d’éliminer des adversaires que l’on ne veut pas ; un système ploutocratique favorisant ceux qui possèdent les moyens financiers et excluant les personnes ou les forces politiques issues du peuple ».

Selon lui, les législatives du 27 décembre prochain consolident le passage en force du régime RHDP.
«Tout indique que ces élections ne visent pas à représenter le peuple, mais à installer un parti-État et à imposer la pensée unique en Côte d’Ivoire.
Le passage en force observé lors de la présidentielle se poursuit avec les législatives.
Ce scrutin n’est pas conçu pour favoriser la pluralité politique, mais pour verrouiller l’Assemblée nationale ; éliminer tout contre-pouvoir ; légitimer l’hégémonie d’un seul camp sur l’appareil d’État.
Dans ces conditions, les critères d’une séparation réelle des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif ne sont pas réunis ».
Poursuivant, Vazoumana Fondio soutient que les différentes alertes de son parti, se sont malheureusement confirmées.
«Ce que nous avions annoncé s’est produit.
Le climat de tension, d’intimidation, les violences, les morts et les arrestations sélectives démontrent que le processus électoral actuel est un facteur de crise, non un facteur de stabilité.
Nous ne pouvons pas cautionner un système qui, au lieu de renforcer la démocratie, la violente et la dénature », déplore-t-il.
Ce dont la Côte d’Ivoire a besoin maintenant
A l’en croire, la Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’une Assemblée nationale monocolore : « Ce pays a besoin d’un climat apaisé ; d’un dialogue national franc et ouvert ; de réformes institutionnelles profondes ».
Au regard de cette situation, le parti lance cet appel : « Force aux Peuples demande l’ouverture d’un dialogue national portant sur la refonte du Code électoral, incluant la fiabilité de la liste électorale ; l’audit indépendant du fichier ; la neutralité de la Commission électorale ; le plafonnement strict des dépenses de campagne ; l’instauration d’un parrainage citoyen transparent et équitable, où un citoyen peut parrainer plus d’un candidat, mettant fin au chantage politique et financier actuel » a indiqué Vazoumana Fondio
En outre, le président exécutif de Force Aux Peuples, demande la réforme du Sénat, ’’pour qu’il devienne enfin un véritable contre-pouvoir, et non un instrument d’allégeance politique. Sans ces réformes, parler d’élections revient à organiser la démocratie sans le peuple’’.
Vazoumana Fondio entend prendre sa responsabilité est historique.
«Nous refusons de servir de caution à un processus qui prépare : la concentration totale des pouvoirs ; la domination sans partage d’un seul camp ; la mise en œuvre accélérée d’un programme néolibéral extrême qui aggravera les inégalités et sacrifiera les plus vulnérables », a-t-il fustigé.
Selon lui, en prenant cette position, son parti est loin d’abandonner la lutte pour la démocratie en Côte d’Ivoire.
« Notre retrait n’est pas un abandon. C’est une résistance éthique et politique.
Force aux Peuples dit non aux passages en force planifiés et oui à la souveraineté populaire.
Nous resterons aux côtés du peuple.
Nous continuerons à construire l’alternative», Vazoumana Fondio.
A.K

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