Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana franchissent une nouvelle étape dans leur collaboration régionale avec la signature d’un accord sous l’égide de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV), organisation chargée de la gestion durable des ressources en eau partagées.
Au cœur de cette entente figure l’engagement du Burkina Faso « de ne pas construire des barrages sur le fleuve Comoé », dont le cours se prolonge jusqu’en territoire ivoirien, ainsi que sur la Kompiènga en direction du Ghana. En retour, les deux pays côtiers « acceptent de partager leurs ports avec le Burkina Faso », une mesure susceptible de faciliter le commerce extérieur de ce pays sans façade maritime.
Le document met en avant les bénéfices qu’aurait pu générer la construction de tels ouvrages hydrauliques, estimant qu’ils permettraient notamment « d’être autonome en électricité et sécurité alimentaire » et d’assurer « de l’eau en abondance et en permanence pour toutes activités agricoles ». « On pourra tout cultiver au Burkina Faso, cacao, café, hévéa… », souligne la source.
Certaines analyses contenues dans le texte évoquent toutefois d’éventuelles répercussions sur le littoral. « La mer au niveau de la Côte d’Ivoire et du Ghana va se reculer de plus de 5 km de leurs ports (…) et il va falloir à chaque fois réaménager les ports », est-il avancé.
Dans un passage plus offensif, il est également mentionné que « s’ils ferment leurs ports, nous trouvons des moyens pour rapidement fermer ces deux fleuves en d’énormes barrages hydro-agricoles », une affirmation qui traduit les sensibilités stratégiques liées à l’exploitation des fleuves internationaux.
Au-delà des déclarations, cet accord met en lumière les interdépendances entre pays sahéliens et côtiers, rappelant que la gestion des ressources naturelles constitue un levier essentiel pour la stabilité économique et la coopération sous-régionale.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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