Trafic des espèces animales protégées / Un individu interpellé avec 2 pointes d’ivoire d’éléphant à Yopougon

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Le trafic d’espèces animales protégées représente le 4ème plus gros marché illicite après ceux du trafic d’armes, de stupéfiants et d’êtres humains.

Selon par la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (en anglais : Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, IPBES), la surexploitation des ressources naturelles et le trafic illégal d’espèces constituent, par ailleurs, l’une des 5 pressions majeures responsables de l’effondrement de la biodiversité.

Face à cette menace, les acteurs en charge de la lutte contre le trafic de ces espèces intensifient leurs actions sur le terrain. L’une de ces actions vient de porter ses fruits avec l’interpellation d’un présumé trafiquant d’animaux le mardi 03 mars 2026 à Yopougon, la plus grande commune de Côte d’Ivoire.

En effet, l’individu a été pris en possession de deux défenses d’éléphants qu’il a soigneusement dissimulées et transportées de la ville balnéaire Grand-Bassam jusqu’à Abidjan pour les commercialiser dans une enceinte de Yopougon, lieu choisi pour la transaction. Pour échapper à la vigilance des forces de l’ordre, il a pris le soin de dissimuler les deux pointes d’ivoires dans un sac de voyage puis s’est rendu.

Arrêté, pour flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation illégale de produits fauniques, le prévenu a été placé dans la foulée en garde à vue à l’UCT le 03 mars 2026.

Après quoi, il a été déféré le vendredi 6 mars 2026 au Pôle pénal et Financier d’Abidjan. L’affaire a été mise en instruction et le suspect a été placé sous mandat de dépôt au Pôle pénitentiaire d’Abidjan, ex-Maca.

L’arrestation de ce présumé trafiquant a été possible grâce à la collaboration entre l’Unité de lutte contre la Criminalité Transnationale Organisée (UCT), la Direction de la Police forestière et de l’Eau du Ministère des Eaux et Forêts (DPFE-MINEF) et EAGLE-Côte d’Ivoire dont ils ont bénéficié une assistance technique.

Si le contrebandier est reconnu coupable, il risque une peine d’emprisonnement allant de dix (10) ans à vingt (20) ans et d’une amende de 10 millions à 100 millions de francs CFA si l’on se réfère à la loi N°2024-364 du 11 juin 2024 portant gestion de la faune.

Le commerce international de l’ivoire est déclaré illégal depuis 1989, mais les populations d’éléphants d’Afrique continuent de décroitre. Chaque année 20.000 à 30.000 éléphants sont tués pour leurs ivoires, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF) ; équivalent de 50 à 80 individus par jour.

Selon le rapport 2016 de l’’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) sur le statut des éléphants africains, la population d’éléphants en Afrique de l’ouest oscillerait entre 2500 et 11.000 éléphants et entre 200 et 600 en Côte d’Ivoire, dont une centaine dans le parc National de la Comoé, une population encore très fragile qui aura besoin de plusieurs années pour se reconstituer.

Deux grands facteurs sont considérés comme étant la cause de cette baisse drastique de l’effectif des éléphants : d’une part, l’accroissement du trafic illégal d’animaux lié à la forte demande internationale de l’ivoire et d’autre part, l’exploitation abusive des ressources naturelles nécessaires aux éléphants du fait de l’agriculture industrielle et des occupations anarchiques de leur habitat.

BS avec Sercom

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