À la suite de la décision du gouvernement de dissoudre la Commission Électorale Indépendante (CEI), annoncée en Conseil des ministres, le parti d’opposition ’’Force aux Peuples’’ est sorti du silence.
Par la voix de son Président Exécutif National, Irié Pierre François, la formation politique a publié ce 25 mai 2026, une déclaration officielle particulièrement offensive, dénonçant une décision unilatérale et exigeant l’ouverture immédiate d’un dialogue national
Pour Force aux Peuples, cette dissolution représente avant tout une rupture historique majeure. Le parti rappelle que le système électoral ivoirien s’est toujours consolidé à travers le dialogue, la concertation et le compromis entre les différentes forces politiques et sociales. En agissant sans consultation préalable, le pouvoir actuel brise cette dynamique.
«En procédant sans cadre national de dialogue préalable, une rupture est introduite dans un domaine directement lié à l’expression de la souveraineté populaire, ce qui fragilise la confiance nécessaire à la stabilité du processus démocratique », a déploré Irié Pierre François.
Selon lui, son parti refuse de voir dans cette mesure une simple réorganisation technique ou administrative : « Il s’agit d’un bouleversement structurel profond qui va reconfigurer l’ensemble du paysage électoral : de la nature même du futur organe de gestion à la fiabilité du fichier électoral, en passant par le contrôle des scrutins et la proclamation des résultats.
Face à de tels enjeux, le parti estime qu’un consensus national large et transparent est indispensable pour préserver la crédibilité des futures échéances».
Les sept piliers d’une véritable démocratie électorale
Au-delà de la seule gouvernance de la CEI, Force aux Peuples insiste sur le fait que la qualité d’un scrutin dépend de conditions concrètes sur le terrain. Le parti dresse ainsi une liste de sept exigences fondamentales pour garantir des élections justes : Suppression des barrières financières ou administratives excessives, nécessité d’audits réguliers et d’une intégration systématique des nouveaux électeurs, accès équitable aux médias publics et stricte neutralité de l’administration pour éviter l’usage partisan des ressources de l’État, plafonnement et contrôle des fonds de campagne pour contrer l’ingérence de puissances financières extérieures, neutralité des forces de l’ordre face aux électeurs, affichage public des résultats dans les bureaux de vote et traçabilité de leur transmission, traitement impartial et rapide des contentieux.
Un appel à la vigilance citoyenne et au dialogue
Irié Pierre François n’a pas manqué de rappeler une vérité essentielle : «Les textes ne suffisent pas. La démocratie repose avant tout sur un équilibre des forces et sur la capacité de mobilisation et de vigilance des citoyens pour exiger l’application stricte de ces principes ».
Face aux incertitudes qui planent désormais sur l’architecture électorale du pays, Force aux Peuples lance un appel pressant aux autorités ivoiriennes pour l’instauration immédiate d’un cadre de discussion inclusif.
L’objectif affiché est clair : bâtir un système électoral transparent, équitable et vérifiable, seul garant de la stabilité nationale et de l’expression souveraine du peuple de Côte d’Ivoire.
A. K

More Stories
Sénégal : Une vague de démissions secoue l’administration après le limogeage d’Ousmane Sonko
Justice : tous les recours épuisés pour l’opposant tchadien Succès Masra après la décision de la Cour suprême
Nigeria : l’ex-ministre de l’Énergie Saleh Mamman arrêté après plusieurs semaines de cavale