Grève des agents de lapolice maritime/ Le mouvement ’’Force aux Peuples’’ dénonce la répression de la protestation

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Dans une déclaration officielle particulièrement offensive, le mouvement ’’Force aux Peuples’’ est monté au créneau pour apporter son soutien total aux travailleurs des Affaires Maritimes, actuellement confrontés à une vive répression policière et administrative alors qu’ils réclament de meilleures conditions de vie et de travail.

Au-delà de ce conflit sectoriel, l’organisation pointe du doigt une crise de gouvernance beaucoup plus profonde à l’échelle nationale.

Le bras de fer entre les agents des Affaires Maritimes de Côte d’Ivoire et leur tutelle administrative a pris une tournure sécuritaire qui suscite une vive indignation. Face à des revendications sociales jugées légitimes par leurs syndicats, la réponse des autorités s’est traduite par un déploiement sécuritaire massif, des affrontements et plusieurs interpellations d’agents.

Pour ’’Force aux Peuples’’, cette dérive autoritaire était prévisible. L’organisation révèle qu’un courrier officiel, diffusé par l’administration des Affaires Maritimes avant même le déclenchement des actions, qualifiait par avance les revendications de ’’trouble à l’ordre public’’.

« Aucune démocratie sérieuse ne peut durablement remplacer l’écoute sociale par l’intimidation administrative, ni le dialogue républicain par la logique de la peur», martèle le mouvement, qui dénonce une criminalisation implicite de l’action syndicale au détriment d’un espace de négociation sincère.

Derrière les succès macroéconomiques, l’envers du décor social

Pour Innocent Gnelbin, le président du mouvement ’’ Force aux Peuples’’, cette crise dépasse largement le cadre des Affaires Maritimes. Elle met en lumière les limites du modèle économique ivoirien. Si la Côte d’Ivoire affiche fièrement depuis plusieurs années des indicateurs macroéconomiques «performants », la réalité quotidienne des travailleurs s’avère bien plus sombre.

’’Force aux Peuples’’ dresse un réquisitoire sévère de la situation sociale actuelle : une aggravation constante du coût de la vie, un sentiment d’abandon généralisé au sein de plusieurs corps professionnels, de fortes inégalités dans la répartition des ressources publiques et une concentration des privilèges, une précarisation silencieuse des travailleurs parallèlement à un affaiblissement du dialogue social.

Par ailleurs, Innocent Gnelbin rappelle une vérité essentielle : « Le véritable développement ne se mesure pas uniquement à coups d’infrastructures, de taux de croissance ou de statistiques flatteuses destinées aux institutions financières internationales. Un pays ne progresse réellement que lorsque ceux qui produisent la richesse nationale peuvent vivre dignement, être écoutés et respectés ».

Un appel urgent à la désescalade et au dialogue

Face à ce qu’il qualifie ’’d’échec politique du pouvoir’’ devant les souffrances sociales, ’’Force aux Peuples’’ rappelle le rôle fondamental des syndicats : « Loin d’être des ’’ennemis de la République’’, ils constituent des instruments de régulation, des espaces d’expression populaire et des remparts contre l’arbitraire dans toute société démocratique ».

Pour désamorcer la crise actuelle, le mouvement formule quatre exigences claires à savoir la libération immédiate de tous les agents interpellés, l’ouverture urgente d’un dialogue sincère et responsable, le respect strict des libertés syndicales, une désescalade immédiate des tensions.

En guise de conclusion, le mou prévient le gouvernement : «Aucune stabilité ne pourra se construire durablement contre les aspirations populaires et la classe ouvrière. La paix sociale ne naîtra jamais de la peur ou de la répression, mais bien de la justice, de l’équité et d’un partage réel des fruits de la croissance ».

A.K

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