Un nouveau tournant judiciaire s’est ouvert dans l’affaire de corruption dite « Vialidad » : un tribunal fédéral argentin a ordonné la saisie de près de 500 millions de dollars d’actifs appartenant à l’ancienne présidente Cristina Fernández de Kirchner, ainsi qu’à d’autres personnes condamnées dans le cadre du même dossier.
Des biens confisqués pour « compenser la société »
Le Tribunal fédéral oral n° 2 (TOF 2) a rendu un jugement ordonnant la confiscation de plus de 120 biens identifiés comme résultant – ou comme instruments – des activités illégales pointées par les procureurs. Ces actifs comprennent des propriétés immobilières, des investissements et des intérêts économiques accumulés entre mai 2003 et décembre 2015, période durant laquelle le système de surfacturation des marchés publics dans la province de Santa Cruz aurait profité au clan Kirchner.
Selon le tribunal, l’objectif de cette mesure est double : restaurer à l’État les biens « illicitement obtenus » et réparer les dommages, à la fois matériels et symboliques, causés à la société par le schéma de corruption.
Les biens visés : des propriétés à la portée de la justice
Parmi les actifs concernés figurent :
Une résidence appartenant à Cristina Kirchner dans la province de Santa Cruz.
19 biens transférés à ses deux enfants, Máximo et Florencia Kirchner.
84 biens appartenant à l’homme d’affaires Lázaro Báez, allié proche des Kirchner, incluant des hôtels, des terrains et des appartements.
Le tribunal a rejeté les arguments de la défense selon lesquels ces biens n’avaient pas de lien direct avec les détournements allégués. Il estime qu’un « lien raisonnable » suffit pour justifier la confiscation.
Un jugement déjà confirmé par la Cour suprême
Cette décision fait suite à la confirmation en juin 2025 par la Cour suprême argentine de la condamnation de Cristina Kirchner dans l’affaire Vialidad. La haute juridiction avait ratifié sa peine de six ans de prison, assortie d’une inéligibilité à vie, pour des contrats de travaux publics accordés à des entreprises liées à Lázaro Báez.
En raison de son âge (72 ans) et de risques sécuritaires, notamment après une tentative d’assassinat en 2022, le tribunal a autorisé Cristina Kirchner à purger sa peine à domicile, sous surveillance électronique.
Enjeux politiques et symboliques
Au-delà de l’aspect financier, cette saisie marque un coup fort dans le paysage politique argentin. Cristina Kirchner, figure emblématique du péronisme, est depuis longtemps au centre d’un duel institutionnel et idéologique. Certains de ses partisans dénoncent cette affaire comme un acharnement judiciaire à caractère politique.
Par ailleurs, les magistrats ont ordonné que les biens saisis soient inscrits dans la base nationale des actifs confisqués, ouvrant la voie à leur mise aux enchères éventuelle.
Cette décision judiciaire représente un pas concret vers la récupération d’un milliard de pesos présumés mal acquis par l’ex-présidence Kirchner et ses alliés. Elle illustre aussi les profondes tensions entre pouvoir judiciaire, mémoire politique et responsabilité de l’État dans la lutte contre la corruption en Argentine.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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