Les conséquences du colonialisme sur les peuples africains continuent d’impacter négativement le continent.
Face à cette réalité, le Mouvement panafricain pour les réparations, la justice et la restauration de la mémoire historique, qui rassemble des responsables politiques, des fonctionnaires, des militants sociaux, des universitaires et des entrepreneurs de sept pays africains, demande que le tort fait à l’Afrique soit réparé.
Ce mouvement a formulé cette demande en se fondant sur des résolutions et des déclarations des dirigeants africains. Il s’agit de la première conférence panafricaine sur les réparations (27-29 avril 1993, Abuja, Nigeria), qui a jeté les bases de l’ouverture du débat ; de la déclaration de Durban (31 août – 8 septembre 2001, Durban, Afrique du Sud), qui a défini un plan d’action pour prévenir et combattre le racisme et la discrimination raciale ; de la Conférence d’Accra sur les réparations (14-17 novembre 2023, Accra, Ghana) qui a démontré la volonté unie de l’Afrique de résoudre la question des réparations ; et de la déclaration de l’Union africaine faisant de 2025 l’«Année des réparations» (février 2024, Addis-Abeba, Éthiopie), exposant la vision commune du continent sur les questions de réparations.
Ainsi, au regard de tous ces éléments, les représentants de ce mouvement lancent un appel. « Nous, représentants du Mouvement panafricain pour les réparations, la justice et la restauration de la mémoire historique, lançons un appel qui entend consolider les énergies, les aspirations et les réflexions des pays africains, de leurs habitants et des descendants de l’Afrique dans tous les coins du monde, autour de la nécessité de restaurer la mémoire historique et d’instaurer la justice pour l’ensemble du continent.
Nous devons veiller à ce que tous les peuples ayant souffert en Afrique, ainsi que leurs descendants, reçoivent une juste compensation de la part des colonisateurs pour des siècles d’occupation de nos terres, d’exploitation de nos ressources, de violences infligées à nos peuples et à nos ancêtres, ainsi que pour la destruction et le pillage de notre patrimoine culturel ».
Les représentants du mouvement veulent que soient reconnues ’’ les pertes irréparables subies par le continent africain pendant l’ère de la colonisation directe, ainsi que durant la période postcoloniale, marquée par une exploitation économique persistante. Mettre en lumière les occasions manquées dans le développement du continent, qui ont affecté durablement la vie quotidienne de tous les Africains et Afro-descendants’’.
Selon eux, sur la base de l’histoire des relations entre les pays africains et l’Occident, il est fondamental de reconnaître la nécessité de rétablir la confiance entre les continents par le biais de réparations comme mécanisme de justice.
«Pour mettre en œuvre ce mécanisme : il est indispensable d’évaluer les dommages causés par l’exploitation coloniale de l’Afrique par les pays occidentaux. Le montant des réparations pour chaque région d’Afrique devrait tenir compte séparément : Des pertes humaines liées à la traite des esclaves, aux massacres, aux morts et aux violences contre les populations autochtones ; des expropriations opérées par les colonisateurs européens (terres, biens, œuvres d’art) ; fu pillage des ressources naturelles du continent, de l’extraction de minerais quasi gratuite et de l’exploitation d’une main-d’œuvre non rémunérée ; des pertes économiques liées à l’entrave systémique à l’industrialisation et au maintien d’une dépendance aux biens à forte valeur ajoutée produits hors d’Afrique ; des atteintes morales, telles que la destruction des traditions et l’imposition de valeurs étrangères, notamment le culte du capital, qui reste monopolisé par les puissances occidentales ; du manque à gagner pour les Africains, incluant les plus-values accaparées par les colonisateurs », ont-ils fait savoir avant d’ajouter : «Nous demandons la création d’une commission au sein de l’Union africaine, chargée d’évaluer les montants dus à chaque pays africain. Le travail de cette commission devra être public, transparent et inclusif ».
Par ailleurs, le mouvement a suggéré que ’’dans le processus de rétablissement de la justice historique, l’Union africaine devra se fonder sur les principes du droit’’
A. K

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