A quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre 2025, les tensions sont palpables au sein de la population.
Face à cette situation, le Comité de Réflexion pour des Elections Inclusives, Transparentes et Apaisées en Côte d’Ivoire (CREITA-CI) est inquiet. Ce comité a exprimé cette inquiétude lors d’une conférence de presse animée par Pulchérie GBALET, la Coordinatrice de toutes les organisations membres du CREITA-CI, le 27 Août 2025, à Abidjan.
«L’actualité socio-politique nationale, à quelques semaines de l’élection présidentielle d’octobre 2025, suscite de vives préoccupations. Le processus électoral en cours semble s’accompagner de tensions croissantes, marquées par des prises de position tranchées, des menaces verbales et des actes d’intimidation. Ces signaux, malheureusement, nourrissent un climat de peur et de méfiance au sein de la population ivoirienne », a déclaré d’entrée.
Selon elle, la Côte d’Ivoire ’’ qui aspire à la stabilité et au progrès, ne peut ignorer que ses cycles électoraux passés ont été souvent entachés de violences, de destructions et de graves atteintes à la cohésion sociale’’.
«Le Comité de Réflexion pour des Élections Inclusives, Transparentes et Apaisées en Côte d’Ivoire (CREITA-CI) souhaite donc, par cette conférence, exprimer sa profonde inquiétude face aux dérives observées, et inviter l’ensemble des acteurs à une prise de conscience collective pour éviter que l’histoire ne se répète »
A en croire Pulchérie GBALÉ, la conférence de presse qu’elle a animée s’inscrit dans une démarche citoyenne et républicaine.
«Cette rencontre vise à présenter un état des lieux du contexte socio-politique actuel à l’approche de l’élection présidentielle ; sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur les risques liés à la persistance des tensions politiques ; formuler des recommandations en vue d’une élection inclusive, apaisée, transparente et crédible », a-t-elle indiqué.
Poursuivant, elle a fait savoir que les inquiétudes récurrentes exprimées portent sur l’impartialité et à la crédibilité de la CEI. « Des organisations de la société civile et des partis politiques estiment que la non-réalisation régulière de la Révision de la Liste Électorale (RLE), pourtant prévue par l’article 6 du Code électoral, constitue une entrave à la pleine participation citoyenne.
Ces critiques ont conduit au retrait de certains partis politiques de la CEI, accentuant ainsi le déséquilibre perçu dans sa composition.
Par ailleurs, le président de l’institution, censé inspirer confiance et neutralité, se trouve au centre de controverses liées à des déclarations contradictoires, notamment au sujet de l’organisation d’une RLE en 2025.
Pour le CREITA-CI, il est crucial que la CEI soit perçue comme une institution indépendante, impartiale et transparente, condition sine qua non pour garantir la légitimité des résultats du scrutin ».
La conférencière est revenue que les candidatures controversées du Chef de l’État sortant en 2020 et 2025.
«La candidature du chef de l’État actuel à un troisième mandat avait provoqué des protestations massives, entraînant la formation du Conseil National de Transition (CNT), des mouvements de désobéissance civile, et malheureusement, des pertes en vies humaines ainsi que des déplacements de populations.
Cinq ans plus tard, l’annonce d’une candidature pour un quatrième mandat ravive les tensions et divise profondément la classe politique. Plusieurs coalitions réclament en outre la réintégration de certains de leurs leaders sur la liste électorale, estimant que leur exclusion compromet la compétition électorale.
Ces contestations, lorsqu’elles ne trouvent pas d’issue dans un cadre institutionnel ou de dialogue, risquent de se traduire par des affrontements et d’ouvrir la voie à des violences », a fait remarquer Pulchérie GBALET, avant de lancer cet appel : « Le CREITA-CI appelle l’ensemble des acteurs politiques, institutionnels et sociaux à faire preuve de responsabilité. L’élection présidentielle de 2025 doit être l’occasion de consolider notre démocratie et non de replonger notre pays dans de nouvelles violences ».
A.K

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