Les défis liés à l’enseignement général dans le secteur privé ivoirien étaient au cœur d’un atelier de réflexion tenu ce mercredi 27 août 2025 à l’Hôtel Le Rocher de Yamoussoukro, à l’initiative du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation.
Représentant la ministre Mariatou Koné, empêchée, la directrice de cabinet adjointe, Anastasie Kacou Sepou, a rappelé les fondements de la concession de l’enseignement public au privé, instituée dès 1995 pour répondre au déficit d’infrastructures scolaires et accentuée par la loi de 2015 sur la scolarisation obligatoire.
« En 2025, ce sont 3 008 établissements secondaires privés qui accueillent près d’un million d’élèves. Mais malgré cette contribution notable, plusieurs défis subsistent », a-t-elle relevé, citant notamment le non-paiement ou le paiement irrégulier des salaires, la précarité des enseignants, la faiblesse de certaines infrastructures et la fraude aux examens.
Pour Mme Kacou Sepou, la rencontre doit permettre d’« apporter des réponses idoines » et d’instaurer un dialogue constructif avec les fondateurs d’écoles privées. « Il s’agira également de repenser le fonctionnement de ces établissements en vue d’améliorer durablement la qualité des enseignements », a-t-elle insisté.
La directrice de l’Encadrement des Établissements Privés (DEEP), Mme Touré née Diarra Mariam, a pour sa part salué la volonté de la ministre d’impliquer l’ensemble des acteurs. Elle a rappelé que « plusieurs rencontres ont déjà mis en lumière les difficultés liées à la précarité des conditions de vie et de travail, à la qualité des infrastructures, au respect des cahiers de charges et à la question des conventions entre l’État et les fondateurs ». Selon elle, « la recherche permanente d’un climat apaisé impose l’instauration d’un cadre de dialogue et de concertation ».
De son côté, le secrétaire permanent du Conseil consultatif de l’éducation, Souleymane Koné, chargé de l’exposé de cadrage, a insisté sur « la nécessité de tirer toutes les leçons des faiblesses actuelles ». L’atelier, a-t-il précisé, « n’est pas un cadre de décision mais un espace de propositions pour orienter les futures réformes et bâtir une feuille de route claire ».
Au terme des échanges, les participants sont appelés à formuler des recommandations concrètes afin d’améliorer la qualité de l’offre éducative dans le secteur privé. L’initiative, souligne le ministère, doit jeter « les bases d’un dialogue durable et constructif » entre l’État et les promoteurs d’établissements privés, dans l’intérêt supérieur des élèves ivoiriens.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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