‘’ Y’ello care 2025 ‘’ / Père Tano K. N. Athanase, directeur du Centre Don Orione de Bonoua, à propos de l’IA : « Nos élèves ont découvert quelque chose de précieux »

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Depuis près de onze ans, le père Tano Kouamé N’Guessan Athanase dirige le Centre technique Don Orione de Bonoua. Un établissement de formation professionnelle bien connu dans le Sud-Comoé. À l’occasion d’un atelier organisé par la Fondation Mtn -dans le cadre de son programme annuel de bénévolat dénommé ‘’Y’ello care 2025 ‘’ -, sur l’intelligence artificielle et la cybersécurité, le directeur revient sur les enjeux de la formation, l’engagement des apprenants et l’ambition de moderniser les infrastructures pédagogiques.

Bonjour mon père, vous êtes le directeur du Centre technique Don Orione de Bonoua. Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

À l’état civil, je suis le père Tano Kouamé N’guessan Athanase, prêtre de la congrégation Don Orione, du nom de notre fondateur, saint Luigi Orione ou Louis Orione en français. En italien, « Don » signifie « Père ». Je suis en poste au Centre technique Don Orione depuis septembre 2014. Cela fait donc bientôt onze (11) ans que je dirige cette institution de formation professionnelle.

Parlons maintenant de l’événement en cours dans votre centre. Quel était l’objectif principal des séances de formation organisées par la Fondation Mtn en faveurs de vos élèves ?

Nous sommes un centre de formation professionnelle, et comme beaucoup d’établissements, nous faisons face à des défis. Avec plus de 600 apprenants, nos ateliers sont devenus trop étroits. Nous souhaitons les agrandir, améliorer nos équipements, notamment en informatique et multimédia. C’est dans ce contexte que nous avons sollicité l’aide de la Fondation. Elle a répondu favorablement, mais pour bénéficier d’une salle multimédia par exemple, il est essentiel de former au préalable les bénéficiaires. Cette formation vise donc à initier nos apprenants à l’utilisation de l’intelligence artificielle et à la lutte contre la cybercriminalité. C’est le thème central de cette session du 5 juin 2025.

Comment les participants ont-ils été sélectionnés pour cette initiation de deux jours ?

Nous n’avons pas procédé à une sélection basée sur le mérite ou les résultats scolaires. En réalité, depuis une semaine, les conseils de classe ont eu lieu, les moyennes sont arrêtées et les classes intermédiaires (première et deuxième année) sont en vacances.
Les classes d’examen (CAP et BT) poursuivent leurs cours de renforcement. Mais comme le programme de remise à niveau coïncidait avec cette formation, nous avons fait appel à quelques volontaires parmi les élèves de première et deuxième année, notamment ceux qui resteront l’année prochaine. L’idée est de leur permettre de mettre à profit ce qu’ils apprennent aujourd’hui (5 juin : ndlr). Il y a aussi quelques élèves de deuxième année BT présents.
Nous n’avons donc pas exclu les classes d’examen, mais l’objectif était de préparer ceux qui reviendront, afin qu’ils deviennent des relais pour les générations futures.

Comment les élèves ont-ils réagi à cette formation ?

Même sans étude formelle, leurs réactions parlent d’elles-mêmes. Ils étaient très enthousiastes. Je les ai sensibilisés sur l’usage responsable de leurs smartphones. Trop souvent, ils s’en servent à des fins distrayantes ou inutiles. Pourtant, ces mêmes téléphones peuvent être de véritables outils d’apprentissage : sur YouTube par exemple, on peut apprendre à câbler, faire de la plomberie, etc. Certains deviennent professionnels en étant simplement autodidactes. Ce que les formateurs leur ont montré, c’est comment utiliser intelligemment leurs outils numériques. Et j’ai même plaisanté avec eux en disant que, cette fois-ci, je ne confisquerai pas leurs portables. Ils ont ri, applaudi. Ils étaient contents, tout simplement.

Vous confisquez souvent leurs téléphones ?

(Rires) Bien sûr ! L’usage du téléphone est normalement interdit à l’école. Certains élèves mettent des écouteurs pendant le cours, ou gardent le téléphone sur les cuisses pour écouter de la musique. Ce sont des distractions inutiles. Mais cette fois, je leur ai montré que le téléphone peut devenir un allié dans leur apprentissage. Et vous savez quoi ? Certains élèves déjà en vacances sont revenus spécialement pour participer à ces séances de formation. Cela montre que le thème les a réellement interpellés. Et je suis convaincu que grâce à la Fondation mtn, ils ont découvert quelque chose de précieux pour leur avenir.

Par frimo K.D.

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