Suite aux morts de la présidentielle du 25 octobre 2025 / L’organisation IPP plaide pour un pardon et une réconciliation sincères en Côte d’Ivoire.

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L’élection présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire, a endeuillé des familles, à l’instar de toutes celles qui ont eu lieu dans ce pays depuis ces dernières années.
Face à cette situation récurrente, l’organisation Initiatives Pour la Paix (IPP) est monté au créneau pour interpeller gouvernants l’ensemble de la population sur la nécessité d’œuvrer pour un pardon et une réconciliation sincères entre les Ivoiriens.

Dans une déclaration en date du 22 novembre 2025 dont copie nous est parvenue, l’IPP justifié son interpellation : « Nous voici sortant de cette autre épreuve électorale avec encore et comme depuis plus de trente années, des morts à travers le pays.

Dans notre société africaine, la mort est une occasion de réconciliation et de rétablissement de l’harmonie au sein de la société. C’est un moment crucial pour l’apaisement des tensions et partant pour la cohésion sociale.

Saisissons l’occasion de cette énième tragédie pour la transformer en une salutaire opportunité de catharsis nationale pour mettre un terme à ce triste sort qui s’abat sur notre chère patrie depuis si longtemps.

Mobilisons-nous comme un seul peuple, en esprit comme en chair, autour des morts de l’élection du 25 octobre en pensant à tous nos morts, en pensant à tous les morts de tout bord depuis ces 35 années et ainsi, par nos prières, transformons leurs vaines pertes en un sacrifice expiatoire pour la délivrance spirituelle de la nation tout entière.

Exigeons que le dialogue s’amorce ici et maintenant autour de nos morts.

Refusons de passer à autre chose avant que nous ayons posé ensemble et collectivement les bases et le cadre de cette catharsis nationale pour le Pardon, la Réconciliation et la Paix en Côte d’Ivoire.

C’est une exigence morale, c’est une recommandation spirituelle, c’est un APPEL DIVIN ».

Et l’IPP de se poser des questions sur ce qui s’est passé le 25 octobre 2025. «Au-delà de la funeste controverse du 4e mandat, peut-on objectivement affirmer, au regard de ces faits officiellement attestés par pouvoir et opposition, que cette élection a été parfaitement démocratique ? ».

Poursuivant, l’organisation a déploré la situation actuelle du pays depuis plusieurs années et encore plus aujourd’hui : « Pour nous, Initiatives Pour la Paix, initiateurs du Colloque des Peuples Africains sur la Démocratie en Afrique (COPADA), nous qui étudions depuis de longues années les systèmes et modes de gouvernance sur le continent, nous n’avons pas attendu la démonstration Ivoirienne du 25 octobre 2025 pour soulever ces questions et en trouver les réponses.

Le résultat que nous avons est le fruit du système que nous avons accepté, celui qui nous régit depuis soixante-cinq (65) ans. Il n’est que conforme à la vocation profonde du dit système qui mérite à présent et urgemment d’être questionnée.

Ce cocktail Molotov savamment concocté et subtilement conceptualisé pour nous depuis 65 ans, dans ce que nous appelons naïvement système démocratique, donne le résultat que nous avons et qui est quasiment la règle partout sur le continent.

Il donnera toujours ce genre de résultats. Ils ne changeront que quand nous déciderons de changer le système et non pas seulement l’homme qui l’incarne.
Cela est de la responsabilité et de la volonté souveraines du peuple ».

Par ailleurs, selon l’IPP a fustigé le fait que pendant que certaines familles pleurent, l’on veille organiser les élections législatives.

«Ainsi, si du point de vue du système, il peut politiquement être entendable de passer immédiatement à autre chose pour des raisons propres au système, du point de vue de la société africaine qui est la nôtre, est-il humainement, moralement et spirituellement concevable et saint d’organiser des élections des représentants du peuple pendant que ce peuple lui-même pleure ses morts ?
Si du point de vue des partis politiques, associations privées qui n’ont d’yeux que pour leurs seuls intérêts, les législatives maintenant et tout de suite sont vitales, en est-il de même pour le peuple en deuil qui n’a d’unique et seule préoccupation que comment organiser la douloureuse séparation avec les êtres chers brutalement arrachés à son affection ? ».

Pour l’organisation, ’’cette attitude amorale des partis politiques confirme une des pires supercheries du système que nos travaux ont révélées. « En effet, contrairement à ce qui est écrit dans les constitutions du système, le député n’a jamais été dans les faits le représentant de la nation.

C’est une pure arnaque. Il n’est en réalité ni plus ni moins que le représentant du parti politique qui est lui-même un des piliers du fameux système dont il tire sa subsistance. C’eût été autrement que cela se saurait en cette occasion.

En ces circonstances particulières, la seule attitude convenable des représentants de la nation, s’il y en avait et des partis politiques de tout bord et au premier chef ceux ayant appelé à la protestation, eût été, par devoir de solidarité et de responsabilité, d’exiger ou de plaider à tout le moins le report des législatives », a martelé l’IPP qui n’a pas manqué de saluer la mémoire des disparus et exprimer sa compassion aux blessés.

A..K

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