L’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a validé un projet de loi de finances pour l’année 2026 fixé à 17 350,2 milliards FCFA, marquant une augmentation de 13,1 % par rapport au budget de 2025, qui était de 15 339,2 milliards FCFA.
Un budget ambitieux et équilibré
Le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, lors de la présentation du projet devant la Commission des affaires économiques et financières (CAEF) de l’Assemblée nationale, a souligné que le budget 2026 s’équilibre à la fois en ressources et en dépenses.
La composition des ressources est la suivante :
8 728,5 milliards FCFA de recettes budgétaires,
7 081,5 milliards FCFA de ressources de trésorerie,
1 540,2 milliards FCFA de recettes des comptes spéciaux du Trésor.
Du côté des dépenses :
10 893,8 milliards FCFA pour les dépenses budgétaires,
4 916,2 milliards FCFA de charges de trésorerie,
1 540,2 milliards FCFA pour les comptes spéciaux du Trésor.
Des priorités sociales et structurelles
Le budget 2026 met clairement l’accent sur une croissance inclusive et durable, avec des axes forts : l’investissement public, la lutte contre les inégalités, et le renforcement des dépenses sociales.
Parmi les missions prioritaires :
L’éducation, la formation et la recherche : environ 22,4 % du budget total.
La santé et les actions sociales : 10,6 %.
La protection sociale, la jeunesse, l’environnement et l’adaptation au changement climatique bénéficient aussi de ressources significatives.
Maîtrise des coûts de fonctionnement et mobilisation des ressources
Pour dégager des marges de manœuvre, le gouvernement prévoit :
de maîtriser les charges de fonctionnement,
de renforcer la mobilisation des recettes intérieures, afin de limiter la dépendance à l’endettement extérieur.
Le taux de pression fiscale est projeté à 15,7 % du PIB, contre 15 % en 2025.
Un déficit maîtrisé et des engagements budgétaires clairs
Le déficit budgétaire est maintenu à 3 %, conformément aux normes communautaires.
Par ailleurs, les dépenses dites « obligatoires » – qui comprennent le service de la dette, les salaires, etc. – représentent 56 % du budget, ce qui montre la lourde part des engagements fixes.
Processus parlementaire
Le projet de loi de finances, structuré en 29 dotations et 158 programmes, a été examiné par la Commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée nationale du 18 au 21 novembre 2025.
Après adoption à l’Assemblée nationale, le projet devra encore être examiné par le Sénat, deuxième chambre du Parlement ivoirien.
Implications et enjeux
Croissance soutenue : Le budget 2026 est construit sur des prévisions optimistes, notamment une croissance économique estimée à 6,7 % pour l’année à venir.
Inclusion sociale : L’accent mis sur l’éducation, la santé et la protection sociale traduit une volonté politique de faire de la croissance un levier d’amélioration du bien-être.
Fiscalité et soutenabilité : En augmentant la pression fiscale tout en maîtrisant les dépenses récurrentes, l’État veut renforcer sa résilience financière.
Investissements stratégiques : Les ressources sont orientées vers des investissements structurants et durables, en lien avec le Plan National de Développement (PND) 2021–2025.
L’adoption du budget 2026 à 17 350,2 milliards FCFA marque un engagement fort de l’État ivoirien pour consolider une croissance économique ambitieuse tout en répondant aux défis sociaux. À travers ce schéma budgétaire, le gouvernement affiche sa priorité : transformer sa trajectoire de développement en un impact visible et durable pour les populations.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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