Affaire des 49 soldats : Pulchérie Gbalet dénonce une « condamnation sans procès » et appelle à la mobilisation citoyenne

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L’activiste ivoirienne Pulchérie Gbalet a livré un long témoignage sur les poursuites judiciaires engagées contre elle dans le cadre de l’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali en 2022. Dans une publication rendue publique après le verdict du 29 mai 2026, elle affirme avoir été condamnée par défaut à trois ans d’emprisonnement et à une amende de deux millions FCFA.

Revenant sur les circonstances à l’origine de cette affaire, la présidente d’Alternative Citoyenne Ivoirienne explique s’être rendue au Mali le 25 juillet 2022 pour un échange avec la société civile malienne, alors que la détention des militaires ivoiriens suscitait une importante crise diplomatique entre les deux pays.

« J’en ai profité pour m’informer sur cette affaire sur laquelle l’État ivoirien ne donnait aucune information fiable », soutient-elle, ajoutant avoir été sollicitée par certains parents des soldats détenus.

Selon elle, sa prise de position publique en faveur d’excuses officielles et de négociations entre Abidjan et Bamako lui aurait valu des accusations qu’elle juge infondées.

À son retour du Mali, le 3 août 2022, elle a été interpellée à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny puis placée en garde à vue durant 48 heures avant d’être remise en liberté. Quelques semaines plus tard, elle sera de nouveau convoquée avant d’être présentée à un juge d’instruction et écrouée à la prison d’Abidjan.

Dans un communiqué publié le 26 août 2022, le parquet lui imputait plusieurs infractions liées notamment à des atteintes présumées aux intérêts de l’État ivoirien et à la diffusion de fausses informations.

Après plusieurs mois de détention, Pulchérie Gbalet a obtenu une liberté provisoire en février 2023, sous contrôle judiciaire strict. Elle affirme que ses nombreuses demandes d’autorisation de sortie du territoire sont restées sans suite pendant plusieurs années.

L’activiste assure également que les chefs d’accusation initiaux ont été revus à la baisse lors de l’ouverture de la procédure judiciaire en janvier 2026.

« Finalement, ce n’est que le 23 janvier 2026 que la première audience a été programmée avec une réduction des chefs d’accusation, tout simplement parce qu’il n’y a aucune preuve », a-t-elle déclaré.

Selon la décision judiciaire qu’elle a reproduite dans sa publication, le tribunal l’a reconnue coupable de diffusion de fausses informations et de trouble à l’ordre public, prononçant une peine de trois ans de prison ainsi qu’une amende de deux millions FCFA.

Estimant avoir été victime d’une procédure injuste, Pulchérie Gbalet parle d’une « condamnation sans procès » et d’un verdict rendu en l’absence d’audiences effectives. Elle conclut son message par un appel à la mobilisation citoyenne contre ce qu’elle considère comme des dérives institutionnelles et en faveur d’un changement politique en Côte d’Ivoire.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

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