Déguerpissements en Côte d’Ivoire / Nicole Nioulé Tiecoura : « Bâtir un environnement sain ne doit pas se faire au détriment des familles »

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Face aux opérations de déguerpissement menées dans plusieurs localités du pays, la présidente fondatrice de l’Association des Femmes Unies pour la Paix et la Cohésion Sociale en Côte d’Ivoire (AFUPCSCI), Nicole Nioulé Tiecoura, lance un appel au dialogue, à la prévention des tensions et à un meilleur accompagnement des familles affectées.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 04 mai, Nicole Nioulé Tiecoura affirme s’exprimer « non pour juger. Mais pour contribuer à la sensibilisation et à l’apaisement » dans un contexte marqué par de vives inquiétudes au sein des populations concernées par les démolitions d’habitations.

Selon elle, de nombreuses familles vivent aujourd’hui dans l’incertitude après la destruction de leurs logements et cherchent des solutions de relogement. Si le Gouvernement fait valoir que des mises en demeure ont été adressées aux occupants des sites concernés, certaines populations soutiennent ne pas avoir reçu ou compris ces avertissements.

« Ce décalage d’information peut être source de tensions, d’incompréhensions et de frustrations », estime la présidente de l’AFUPCSCI.

Afin de favoriser l’accalmie et de prévenir d’éventuels conflits sociaux, elle formule trois recommandations majeures.
La première consiste à renforcer les campagnes de sensibilisation avant toute opération de déguerpissement. Selon elle, une communication de proximité, menée suffisamment en amont dans chaque quartier concerné, permettrait à tous les habitants d’être correctement informés et préparés.

La deuxième recommandation porte sur l’implication accrue des acteurs locaux. Nicole Nioulé Tiecoura préconise l’association systématique des chefs de quartier, des élus locaux, des leaders communautaires et des organisations de la société civile afin de s’assurer que les messages officiels soient effectivement compris et relayés auprès des populations.

Enfin, elle appelle à un accompagnement social plus structuré des familles touchées. « Il est essentiel de prévoir des sites de relogement ou des solutions temporaires d’hébergement afin qu’aucune famille ne se retrouve sans abri à la suite d’une démolition », souligne-t-elle.

S’adressant aux autorités, la présidente fondatrice de l’AFUPCSCI reconnaît la nécessité de préserver un cadre de vie sain et sécurisé. Toutefois, elle estime que les impératifs d’aménagement urbain doivent s’accompagner de mesures sociales et humaines adaptées.
« Bâtir un environnement sain est une nécessité. Mais cela doit aller de pair avec l’accompagnement des populations concernées », insiste-t-elle.

Nicole Nioulé Tiecoura exhorte par ailleurs le Gouvernement à poursuivre le dialogue avec les communautés affectées et à renforcer les dispositifs de relogement. Elle invite également les personnes déguerpies à privilégier le calme, la dignité et la voie du dialogue.

« Votre douleur est réelle et entendue. Mais la violence ne saurait constituer une réponse durable », affirme-t-elle.

Réaffirmant l’engagement de son organisation en faveur de la paix et de la cohésion sociale, elle assure que l’AFUPCSCI demeure disponible pour servir de relais de sensibilisation, de médiation et de prévention auprès des populations.
« Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et que l’accalmie demeure dans nos quartiers », conclut-elle.

Frimo K.D

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