Burkina Faso : l’ancienne fréquence de RFI réattribuée à la radio de l’AES

Partagez ce article

Un tournant symbolique dans la souveraineté médiatique des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) vient d’être franchi au Burkina Faso. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a annoncé ce mercredi la réattribution de l’ancienne fréquence 94.0 FM de Radio France Internationale (RFI) à la nouvelle Radio « Daandé Liptako », émanation officielle de l’AES.

Cette décision, actée près de trois ans après la suspension de RFI sur le territoire burkinabè pour « déséquilibre de traitement de l’information », marque une volonté forte du gouvernement de transition de reprendre le contrôle de l’espace médiatique national et régional.

Une voix pour les peuples du Sahel

La Radio Daandé Liptako (en langue peule, « La Voix du Liptako ») se positionne comme un outil de communication stratégique de l’AES, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Elle a pour mission de promouvoir les valeurs de solidarité, de souveraineté, et d’unité entre les peuples du Sahel.

En attribuant cette fréquence très prisée, autrefois occupée par une grande radio internationale, le CSC entend donner la parole aux médias ancrés dans les réalités locales, porteurs de l’identité sahélienne et des aspirations populaires.

Un choix politique assumé

Selon des sources institutionnelles, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de « désoccidentalisation de l’espace informationnel » et de valorisation des productions endogènes. Plusieurs voix proches de l’exécutif estiment que la présence prolongée de médias étrangers, accusés de partialité ou de relai de narratifs hostiles, est devenue incompatible avec les objectifs de refondation en cours dans la région.

La fréquence 94.0 FM était l’une des plus écoutées à Ouagadougou et dans plusieurs villes du pays. La reprise de cette antenne par Daandé Liptako constitue donc un geste fort, à la fois symbolique et stratégique, pour affirmer l’indépendance de la parole médiatique sahélienne.

Avec ce changement, le Burkina Faso et ses alliés de l’AES renforcent leur volonté d’édifier un espace médiatique propre, au service du développement, de la sécurité et de la cohésion sociale dans la région.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

About The Author


Partagez ce article