Portugal : L’ancienne Première dame de Guinée-Bissau, Dinisia Reis Embaló, mise en examen pour contrebande et blanchiment d’argent

Partagez ce article

L’ancienne Première dame de Guinée-Bissau, Mme Dinisia Reis Embaló, a été officiellement mise en examen par la justice portugaise, ce mardi 17 décembre, pour des faits présumés de contrebande et de blanchiment de capitaux.

Selon les informations recueillies, Mme Embaló a été interpellée à son arrivée à Lisbonne à bord d’un jet privé. Elle était accompagnée d’un proche de son époux, l’ex-président Umaro Sissoco Embaló, également appréhendé sur place avec une somme en liquide avoisinant cinq millions d’euros. Aucune déclaration douanière n’ayant été effectuée, les autorités portugaises ont immédiatement ouvert une enquête pour transfert illégal de fonds.

L’origine de cette importante somme d’argent reste floue. Les services de lutte contre la criminalité financière du Portugal soupçonnent un réseau de blanchiment transfrontalier impliquant plusieurs figures de l’ancien régime bissau-guinéen. Les enquêteurs cherchent à établir les connexions potentielles avec des circuits de corruption, notamment au sein de l’appareil d’État.

Mme Dinisia Reis Embaló a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire portugais. Une mesure conservatoire qui précède d’éventuelles poursuites formelles si les faits venaient à être confirmés.

Jusqu’ici, aucun communiqué officiel n’a été émis par les autorités actuelles de Guinée-Bissau. Toutefois, l’affaire fait déjà grand bruit dans le pays, d’autant plus qu’elle intervient dans un climat tendu, marqué par l’arrestation récente de l’ex-président Embaló à la suite d’un coup d’État militaire.

Des voix de la société civile bissau-guinéenne appellent à une collaboration judiciaire entre Bissau et Lisbonne afin de faire toute la lumière sur ce dossier aux répercussions potentiellement lourdes.

Cette mise en cause judiciaire pourrait marquer un tournant dans l’appréciation internationale du régime sortant et remettre sur la table les exigences de transparence dans la gestion des biens publics en Afrique de l’Ouest.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

About The Author


Partagez ce article