Cacao : L’État ivoirien mobilise 280 milliards FCFA pour désengorger le marché et garantir les prix

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Pour mettre fin à la crise des stocks de cacao bloqués dans les régions productrices, le gouvernement a annoncé ce mardi un plan d’urgence financier et logistique visant à racheter jusqu’à 100 000 tonnes de cacao invendues, pour un montant pouvant atteindre 280 milliards de francs CFA.

Lors d’une conférence de presse, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Kobenan Kouassi Adjoumani, a détaillé les mesures arrêtées par l’exécutif afin de « régler totalement et définitivement » une situation qui menaçait les revenus de centaines de milliers de planteurs.

Face à l’accumulation de stocks et aux tensions dans les bassins de production, le gouvernement a retenu trois actions prioritaires :

  1. Un inventaire exhaustif de tous les stocks de cacao encore invendus ;
  2. La mise en place d’un circuit d’achat exceptionnel, garanti par le Conseil du Café-Cacao (CCC), en partenariat avec l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) et les autorités administratives locales ;
  3. Des campagnes d’information et de sensibilisation auprès de l’ensemble des acteurs de la filière pour accélérer l’enlèvement des produits.

«Le Conseil Café-Cacao travaillera avec les banques», a précisé le ministre, soulignant que le système de vente anticipée, qui couvre déjà plus de 85 % de la production, demeure la colonne vertébrale de la politique cacaoyère ivoirienne. Grâce à ce mécanisme, le prix bord champ est maintenu à 2 800 FCFA/kg jusqu’au 31 mars 2026, fin de la campagne principale.

Si l’État devait effectivement racheter la totalité des 100 000 tonnes estimées, la facture avoisinerait 280 milliards de francs CFA – un effort budgétaire colossal que le gouvernement assume pleinement.

« Le président de la République est l’avocat défenseur des producteurs. Il ne peut tolérer une situation qui les pénalise », a martelé Kobenan Kouassi Adjoumani. « Les moyens seront dégagés pour parer au plus pressé. »

Les fèves achetées seront stockées dans les entrepôts existants du CCC. Si nécessaire, des capacités de stockage supplémentaires seront louées pour éviter toute saturation.

Le ministre s’est voulu rassurant sur l’efficacité du dispositif, rappelant qu’une approche similaire avait déjà fonctionné dans la filière coton-anacarde, bien qu’avec des montants bien moindres.

«En travaillant avec l’interprofession, nous atteindrons nos objectifs », a-t-il affirmé, confiant dans la capacité du CCC et de l’OIA à débloquer rapidement la situation.

À travers ce plan, l’exécutif envoie un message clair : aucun producteur ne sera abandonné, et le prix officiel du cacao restera garanti. La mesure vise autant à résoudre la crise immédiate qu’à préserver la stabilité sociale dans les zones rurales, où la culture du cacao fait vivre des millions d’Ivoiriens.

Reste désormais à suivre la mise en œuvre opérationnelle de ce plan, dont l’enjeu dépasse largement le seul équilibre économique – il en va de la crédibilité du modèle ivoirien de régulation des filières agricoles.

AK

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