Côte d’Ivoire : Bienvenue Koffi brise le silence sur la précarité des acteurs

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Connue pour ses rôles marquants à la télévision ivoirienne, Bienvenue Koffi a décidé de dire tout haut ce que beaucoup murmurent tout bas : la vie des acteurs ivoiriens est loin du faste que le public imagine.

« On souffre… on souffre », martèle-t-elle dans une déclaration sans détour.

L’actrice déplore que des figures emblématiques comme Fortuné Akissi soient contraintes de lancer des SOS publics pour faire face à leurs difficultés. « Dans d’autres pays, on voit comment les acteurs sont bien traités et vivent correctement. Mais chez nous, on n’arrive pas à vivre de notre métier, alors que c’est notre seule source de revenus », affirme-t-elle.

Elle évoque notamment les cachets fragmentés sur plusieurs mois, l’absence d’assurance, ainsi que la prise en charge personnelle des costumes et accessoires.

Revenant sur son expérience dans la série Faut pas fâcher, elle soutient avoir perçu 20 000 FCFA par épisode, avec 10 000 FCFA mensuels pour le transport. « Dans ces 20 000 FCFA, tu dois t’habiller, te maquiller, payer le transport, les chaussures, le loyer, les factures… À quel moment peut-on vivre dignement ? », questionne-t-elle.

L’actrice s’insurge également contre la perception du public : « Il y a des gens à l’extérieur qui pensent que nous vivons dans de grandes maisons avec de grosses voitures. » Elle décrit la réalité de comédiens contraints, après un spectacle, de « se battre pour prendre un taxi avec ceux qui sont venus les applaudir ».

Pour Bienvenue Koffi, la responsabilité incombe en partie aux producteurs, qu’elle invite à plus d’équité : « De la même façon que vous dormez dans de grandes maisons et roulez dans de belles voitures, nous aussi nous voulons vivre dignement. »

Elle appelle enfin à un sursaut collectif, tant du côté des autorités que du public, afin d’améliorer les conditions de vie des artistes.

« Si on se contente uniquement de ce que le cinéma nous donne, on finira par mourir dans une précarité qui ne dit pas son nom », prévient-elle.

En prenant la parole, l’actrice dit refuser la résignation et espère ouvrir un débat national sur la reconnaissance et la protection sociale des artistes ivoiriens.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

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