Réunie ce dimanche 23 novembre 2025 au restaurant Le Barron à Yopougon, la Mission Citoyenne pour la Côte d’Ivoire (MICOCI) a tenu une séance de travail décisive autour de sa trajectoire future, à la lumière du nouveau contexte politique national. De 15h05 à 17h15, les membres fondateurs et les responsables du dernier bureau national ont passé en revue les cinq années d’activités, débattu de l’hypothèse d’une mutation politique du mouvement et arrêté plusieurs orientations majeures pour la suite.
Un bilan marqué par l’engagement citoyen
Entre 2020 et 2025, la MICOCI a multiplié les initiatives en faveur du civisme, de la paix et de la cohésion sociale. Les participants ont rappelé les actions phares menées à travers le pays, notamment les tournées de sensibilisation auprès des jeunes, les campagnes d’éducation électorale et les formations sur le vivre-ensemble.
Selon les membres, ces interventions ont contribué à « renforcer les comportements citoyens et promouvoir des scrutins apaisés », malgré un environnement marqué par des tensions politiques récurrentes.
Toutefois, des difficultés persistantes ont freiné l’essor de l’organisation. Le manque de ressources financières, l’insuffisance de partenaires institutionnels et la démobilisation progressive de certains militants ont été relevés comme des obstacles majeurs. La MICOCI reconnaît également les limites de sa capacité à structurer durablement certaines initiatives faute de moyens.
La proposition d’une mutation politique divisée, mais tranchée
Au cœur de la rencontre, la proposition du Président-Fondateur, Dihignité Dah Sansan, visant à faire évoluer la MICOCI vers un mouvement politique, a suscité un débat intense.
À l’issue des échanges, les membres fondateurs ont unanimement refusé la transformation directe de la MICOCI en parti politique. Ils préconisent plutôt une dissociation nette entre l’organisation citoyenne et toute future ambition politique.
Ils recommandent en ce sens :
la création d’un comité de réflexion indépendant chargé d’examiner les contours d’une nouvelle structure politique ;
l’ouverture de consultations internes et externes pour encadrer cette transition ;
et surtout, l’engagement du Président à envisager son retrait ordonné de la tête de la MICOCI, conformément aux statuts, afin de permettre l’installation d’un président intérimaire.
Les membres fondateurs insistent également sur une sortie « respectueuse des valeurs démocratiques » pour garantir l’intégrité historique de la MICOCI comme organisation de la société civile.
Une transition structurée et une nouvelle organisation en perspective
En application des résolutions adoptées, le Président Dihignité Dah Sansan mènera, dans les semaines à venir, les consultations nécessaires à la création d’une organisation politique distincte, mais inspirée des valeurs citoyennes portées depuis cinq ans.
En parallèle, il assurera l’accompagnement du processus de transition interne de la MICOCI pour maintenir sa neutralité et son fonctionnement régulier. Un comité de réflexion sera mis en place et un chronogramme détaillé des étapes de transition sera rendu public d’ici la fin de l’année 2025.
Un tournant stratégique pour la MICOCI
Cette réunion marque une étape clé dans l’évolution du mouvement, partagé entre la volonté de préserver son identité citoyenne et l’ambition de certains de prolonger leur combat sur le terrain politique. En refusant la mutation directe mais en ouvrant la voie à la création d’une nouvelle structure, la MICOCI opte pour une transition mesurée, soucieuse de préserver sa crédibilité auprès des jeunes et de l’ensemble des acteurs de la société civile.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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