Entretien avec / Dr Koutouan Milène Nadège (Sous-directrice à IECA) : «La préservation de la nature, c’est le nouveau modèle économique de l’économie circulaire »

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La Sous-directrice en charge de L’Economie Circulaire et de l’animation au sein de l’Institut de l’Economie Circulaire du District autonome d’Abidjan (IECA), Dr Koutouan Milène Nadège met en avant l’importance de l’économie circulaire. Dans cet entretien, elle confie que la préservation de la nature constitue le nouveau modèle économique de l’économie circulaire.

Quel est l’enjeu de l’économie circulaire en Côte d’Ivoire ?

En tant qu’acteur, l’économie circulaire, c’est d’amener la population à rentrer dans un nouveau modèle économique, et ce nouveau modèle économique doit nous amener à prioriser la préservation de la nature. C’est à dire, réduire au maximum l’exploitation primaire de la matière que nous utilisons pour nos besoins.

Est-ce la transformation des produits que l’on a déjà utiliser ?

Lorsqu’on parle d’économie circulaire en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire tout le monde pense automatiquement à la valorisation des déchets, à la transformation et au recyclage. Cependant, ceci est la dernière étape du concept de l’économie circulaire.

La première étape commence avec une sensibilisation vers un nouveau mental: s’orienter sur comment faire ses achats. Comment faire le choix du matériel à utiliser. Franchir l’étape du refus à acheter des choses qui ne sont pas utiles pour moi. Quand je suis à l’étape du refus, je suis déjà à la dernière étape. Et s’il arrive que je n’arrive pas à refuser, il faut réduire au maximum les déchets que j’ai, en réutilisant ce que j’ai.

Comment se fait la mise en œuvre auprès des populations. Et quelles sont les stratégies déployées ?

Auprès des populations toutes les stratégies commencent par la sensibilisation. Notre politique au district autonome d’Abidjan, nous avons une stratégie de l’économie circulaire d’Abidjan que nous avons défini. Et nous sommes à sa phase opérationnelle avec un projet en collaboration avec la région Ile de France. Le projet se nomme Teeco ( Territoire Engagé pour une Economie Circulaire Opérationnelle ).

Quels sont les différents axes de cette stratégie ?

Dans ce programme, le District autonome d’Abidjan a trois grands axes. Et le premier axe c’est la gouvernance. Nous voulons une stratégie dont la mise en œuvre est inclusive. Donc là, nous passons par la gouvernance. La seconde étape c’est la population. Nous voulons que cette population ait une vitrine de l’économie circulaire sur le territoire d’Abidjan. A cet effet, nous avons identifier la pépinière d’Abobo qui est un patrimoine du district. Nous mettrons en place dans ce lieu des activités visibles et palpables en terme d’économie circulaire.

Ainsi, nous pourrons définir véritablement la notion de l’économie circulaire en touchant du doigt les produits finis de l’économie circulaire, afin de permettre à la population d’être sensibiliser sur l’application de ce thème dans son quotidien.

Dans cette pépinière nous aurons de la bio économie qu’on pourra palper et aussi des transformations de déchets plastiques. A côté de cette vitrine, le District autonome d’Abidjan met l’accent sur la promotion de l’économie circulaire dans les lycées. La jeunesse est donc une des cibles dans cette stratégie. Nous sommes actuellement à neuf (9) lycées intégrés dans le projet Teco. Dans ces lycées, des élèves sont sélectionnés et participent à des projets au niveau international. Il font aussi des podcasts de sensibilisation qui sont diffusés au sein des lycées et au delà, pour que cela puisse toucher aussi des adultes.

La durée ?

Le projet prend fin en 2026. Mais nous sommes en réflexion sur des actions et stratégies pour une mise en œuvre effective.

Entretien réalisé par Anicet ZIO

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