Rébellion et crise post-électorale de 2011 / Le président Gbagbo demande à la CPI de faire toute la lumière

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En septembre 2002, une rébellion est partie du Nord de la Côte d’Ivoire pour diviser le pays pendant près de 10 ans. L’apothéose de cette rébellion a été la crise pré-électorale de 2010-2011 au cours de laquelle le génocide Wê a été commis par les forces pro-Ouattara.

Malheureusement, c’est le camp du président Laurent Gbagbo qui a été jugé et acquitté par la CPI. Dès lors, des questions des questions ont surgi. Qui est responsable de toutes ces tueries qui ont fait officiellement 3.000 morts. C’est pour que des éclairages soient faits sur ce pan de l’histoire de la Côte d’Ivoire que le président Laurent Gbagbo a instruit son avocat Me Emmanuel Altitude à l’effet de demande à la CPI de remettre le dossier ivoirien sur la table. L’ancien président ivoirien a formulé cette demande via un message adressé aux Ivoiriens, le 8 décembre 2025.

« (…) Un conflit a éclaté en Côte d’Ivoire à cause d’une rébellion qui a occupé le pays et rendu la tenue de l’élection présidentielle compliquée. Il s’en est suivi une dispute sur les résultats de cette élection-là. J’ai été arrêté alors que je ne suis pas le mentor de la rébellion. J’étais le Président légal et légitime, mais c’est moi qui ai été arrêté.
Mais quid de tous les autres acteurs de la crise ? Des questions restent en suspens.
Pourquoi aucun des autres acteurs n’a-t-il été arrêté, ni jugé par la CPI ?

Dès l’instant où j’ai été acquitté, il fallait immédiatement se mettre à rechercher les vrais coupables. Qui a conçu et financé la rébellion ?
Qui a organisé le génocide Wê ?
Pourquoi l’ONU et l’Occident ont-ils poussé à aller à l’élection alors que le désarmement n’était pas fait ?

Pour toutes ces questions, j’ai demandé à mon avocat, Maître Emmanuel Altit, de ressaisir la CPI et de remettre sur la table le problème de la guerre en Côte d’Ivoire.
Il faut que la vérité éclate.

Il faut rendre justice aux victimes et aux survivants qui attendent, depuis des années, que la vérité soit établie.
J’ai fait ma part. J’espère que tous les autres feront leur part.
La vérité est une condition de la paix » a martelé Laurent Gbagbo dans son message.

Les faits historiques
L’ancien président ivoirien n’a pas manqué de rappeler les faits qui ont conduit à cette situation : « En 2000, l’élection présidentielle a eu lieu le 22 octobre.

Proclamé vainqueur par la Cour Suprême, j’ai prêté serment le 26 octobre et, le 27 octobre, je présidais mon premier Conseil des ministres.
C’est au cours de ce Conseil qu’on m’a annoncé la découverte d’un charnier à Yopougon(. ..).

Deux mois plus tard, les 4 et 5 janvier, le pays subissait sa première attaque avec un commando venu du Nord.(…)

Deux années plus tard, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, un commando d’une plus grande envergure franchissait les frontières du Burkina Faso, pénétrait en Côte d’Ivoire et semait deuil et désolation sur son passage.

Là encore, nos militaires, nos gendarmes et nos policiers se sont mobilisés et ont fait échec à la descente de ce commando. Mais nous avons observé que certains d’entre eux étaient déjà à Abidjan.
Mais là, les rebelles ont installé un kyste à Bouaké, provoquant ainsi la partition du pays en deux.

À partir de ce moment, on a vu se mettre en place un ballet diplomatique avec la conférence de la CEDEAO à Accra, qui a désigné le général Gnassingbé Eyadema comme médiateur dans la crise ivoirienne, ainsi que d’autres conférences comme Marcoussis, Kléber, Pretoria, etc. ».

Recherche de la paix

Dans la recherche de la paix, le président Laurent Gbagbo a dû permettre à Alassane Ouattara de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle de 2010. Il a aussi engagé un dialogue direct avec le chef de la rébellion, Soro Guillaume, pour mettre fin à la guerre.

«L’accord de Ouagadougou fut signé le 4 mars 2007. Après cet accord, nous avons organisé la Flamme de la paix à Bouaké les 30 et 31 juillet 2007, pour brûler symboliquement les fusils et les armes qui avaient servi à faire la guerre. Il ne restait plus qu’à procéder au désarmement, puis aux élections. J’ai passé mon temps à réclamer le désarmement, tandis que l’ONU, l’Occident et certains partis politiques ivoiriens parlaient uniquement de l’organisation des élections.

En 2010, alors que le désarmement n’était pas encore fait, mais pressé de toutes parts, j’ai consenti à organiser l’élection présidentielle. ».

Au 1er tour de l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo a obtenu 38%, 32% pour Alassane Ouattara et 25% pour Henri Konan Bédié. Malheureusement, au 2ème tour, c’est la pagaille.

La suite est connue.

«De là partit une polémique vive, qui se transforma en rixe puis en combats.

C’est au cours de ces combats que la résidence présidentielle que j’occupais fut bombardée par l’armée française et les troupes de l’ONU.

Le 11 avril 2011, je fus arrêté, conduit d’abord au Golf Hôtel pour deux jours, puis à Korhogo pour sept mois, et enfin à la CPI en Hollande.
Le 15 janvier 2019, Charles Blé Goudé et moi sommes acquittés. Cet acquittement sera définitif le 31 mars 2021 ».

C’est donc au regard de tous ces faits que le président Laurent Gbagbo exige de la CPI que toute la lumière soit faite sur la rébellion de 2002 et la crise pré-électorale de 2011 pour la justice.

AK

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