Quatre ans après le coup d’État du 5 septembre 2021, la Guinée pourrait bientôt tourner définitivement la page de sa suspension au sein de l’Union africaine (UA). L’institution panafricaine estime désormais que le pays est prêt à retrouver pleinement sa place, à la suite de l’organisation d’une élection présidentielle jugée crédible et conforme aux normes internationales.
Cette position a été réaffirmée jeudi à Addis-Abeba par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, lors d’une audience accordée au ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté. À cette occasion, M. Youssouf a salué « la trajectoire positive » de la Guinée et les avancées enregistrées dans le cadre d’une transition qu’il qualifie d’« inclusive, ancrée dans le dialogue national et le respect de l’ordre constitutionnel », selon un communiqué officiel de l’UA.
La rencontre intervient quelques jours seulement après la prestation de serment du président Mamadi Doumbouya, élu début décembre 2025 avec 86,72 % des suffrages, d’après les résultats proclamés par la Cour suprême. Le chef de l’État guinéen avait pris le pouvoir par la force le 5 septembre 2021, renversant l’ancien président Alpha Condé, ce qui avait entraîné la suspension du pays des instances de l’Union africaine.
Se félicitant de l’évolution de la situation politique à Conakry, le président de la Commission de l’UA a noté « avec satisfaction que la Guinée était prête à reprendre pleinement sa place au sein de la famille de l’Union africaine ». Il a, dans la même dynamique, exhorté l’organisation continentale ainsi que la communauté internationale à envisager la levée des sanctions imposées au pays après le putsch militaire.
Déjà, au lendemain du scrutin présidentiel, Mahmoud Ali Youssouf avait salué « la maturité du peuple guinéen, qui a voté dans le calme et la sérénité », félicitant l’ensemble des acteurs politiques et institutionnels pour avoir contribué au bon déroulement du processus électoral « conformément aux normes internationales ».
Pour le président de la Commission, la levée des sanctions « contribuera à créer les conditions favorables à la mise en œuvre d’une feuille de route visant à reconstruire le pays et à améliorer le bien-être de sa population ». Il a également encouragé le partage des enseignements tirés des expériences de transition en Guinée et au Gabon afin de soutenir d’autres pays du continent engagés dans des processus similaires.
De son côté, le chef de la diplomatie guinéenne a exprimé « la profonde reconnaissance » des autorités de Conakry pour l’accompagnement constant de l’Union africaine et a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur d’une réintégration complète et durable au sein de l’organisation panafricaine.
Avec cette reconnaissance progressive de la normalisation institutionnelle guinéenne, la levée des sanctions et la réintégration formelle de la Guinée à l’Union africaine apparaissent désormais comme une étape imminente, ouvrant la voie à un nouveau chapitre politique et diplomatique pour le pays ouest-africain.
Séverin Konan
Ovajabmedia.com

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