Côte d’Ivoire : Affi N’Guessan dénonce une « falsification » de son dossier de parrainages et exige la suspension du processus électoral

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Le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a animé ce mercredi 11 septembre 2025, une conférence de presse au siège du parti à Cocody Vallon, au cours de laquelle il a rejeté avec vigueur la décision du Conseil constitutionnel invalidant sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Selon le leader du FPI, la haute juridiction aurait examiné un dossier de parrainages qui ne correspond pas à celui déposé officiellement par ses soins auprès de la Commission Électorale Indépendante (CEI). « Entre les deux institutions, un différentiel de 2164 parrainages. Ce n’est évidemment pas acceptable », a dénoncé Affi, estimant que « le dossier analysé par le Conseil constitutionnel pour révoquer [sa] candidature n’est pas celui que [son parti] a déposé à la CEI ».

Le Conseil constitutionnel a invalidé 29.638 parrainages sur les 37.412 requis, évoquant notamment des « cartes de nationalité erronées », des « doublons » et des « fausses cartes d’électeurs ». Des motifs que l’ex-Premier ministre qualifie de « faux et injurieux ». « Nos camarades qui ont arpenté la Côte d’Ivoire ont tout naturellement sollicité à nouveau nos compatriotes qui nous avaient accordé leur parrainage en 2020, et une immense majorité d’entre eux ont accepté. Une information validée en 2020 ne peut pas être invalidée en 2025 », a-t-il fait remarquer.

Face à ce qu’il considère comme une « falsification », Affi N’Guessan a annoncé avoir saisi le procureur de la République et déposé une plainte contre X, tout en réclamant une enquête judiciaire. Il demande également que la CEI « répare cette erreur » et que le tribunal « suspende le processus électoral, le temps pour lui de se prononcer sur le fond ».

Le président du FPI estime par ailleurs que la décision de la juridiction suprême s’inscrit dans une stratégie visant à « verrouiller le processus électoral » et à « éliminer méthodiquement » les principales figures de l’opposition. « Les trois présidents des partis d’opposition que sont le PDCI-RDA, le PPACI et le FPI sont éliminés », a-t-il accusé, dénonçant « un président à vie qui choisit ses adversaires pour mieux contrôler le scrutin ».

Réaffirmant son engagement à lutter contre ce qu’il appelle un « quatrième mandat inconstitutionnel et immoral » du chef de l’État sortant, Affi a insisté sur la nécessité d’une « unité absolue de l’opposition » : « Aller en ordre dispersé n’aurait pas de sens. Seule une stratégie commune permettra d’empêcher le 4ème mandat. Je m’y emploierai avec toute mon énergie », a-t-il conclu.

Séverin Konan

Ovajabmedia.com

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